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Matthieu Proulx

Pierre Vercheval

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Les Alouettes méritent nos félicitations

Lundi 06 octobre 2008

On ne jouera pas avec les mots, les Alouettes en ont mangé toute une en fin de semaine contre les Tiger-Cats de Hamilton, mais il ne faut pas laisser leur performance ternir ce qu’ils viennent d’accomplir si on se concentre sur le portrait global de la situation.

Malgré la défaite, les Alouettes sont maintenant assurés de terminer au premier rang dans la section Est. Ça, c’est l’objectif premier de toute équipe dans la Ligue canadienne de football. Au début de la saison, avant même de parler de coupe Grey, tu penses à terminer au premier rang de ta division parce que ça te donne évidemment une semaine de congé et ça t’assure de disputer la finale d’Association dans ta cour.

Pour les Alouettes, ce dossier est maintenant réglé, et c’est important de le rappeler. Aux rabat-joie qui disent qu’ils ont obtenu ce privilège par défaut, seulement en raison de la défaite des Blue Bombers, je dis qu’ils oublient que les Alouettes ont travaillé très fort dans leurs 13 autres matchs pour se placer dans cette position.

Les Alouettes peuvent donc dire mission accomplie et bien honnêtement, je dois faire mon propre mea culpa. Avec toutes les incertitudes qui planaient au-dessus de l’équipe en début de saison, j’ai été le premier à m’asseoir sur la clôture et de dire qu’une fiche de 9-9 serait bien satisfaisante. Et voilà qu’avec un mois à faire en saison régulière, les Oiseaux ont déjà plus de victoires que l’an dernier.

Au risque de me répéter, c’est ça qu’il faut retenir.

Les Alouettes sont maintenant assurés de disputer tous leurs matchs éliminatoires à l’intérieur, au Stade olympique. Quand on sait que leur attaque est surtout axée sur le jeu aérien, c’est une information qui n’est pas à négliger. En fait, j’irais jusqu’à dire que les Alouettes ne pourraient demander un meilleur scénario présentement et c’est le fun ce qui s’en vient pour eux.

Pour revenir au match, maintenant…

Au football, il y a certaines choses qui ne mentent jamais. Samedi, les Alouettes ont écopé de neuf pénalités, le même nombre que lors des deux semaines précédentes combinées. Ils ont été victimes de quatre revirements et la défensive a laissé les Tiger-Cats réaliser les gros jeux.

Hamilton a facilement remporté la bataille du temps de possession, conservant le ballon pendant cinq minutes de plus que les Alouettes. C’est normal : Marc Trestman n’a commandé que six jeux au sol, SIX, pour un grand total de dix verges. Ça me déçoit et je trouve ça anormal. Je comprends qu’Anthony Calvillo connaît beaucoup de succès en lançant le ballon, mais en bout de ligne, 53 passes tentées dans un match, c’est beaucoup trop, mais dans le système que les Alouettes préconisent. J’espère qu’on va retrouver un certain équilibre la semaine prochaine.

Et malgré tout ça, l’attaque a marqué 38 points. Finalement, c’est toujours la même chose : chaque fois que les Alouettes perdent, on s’aperçoit que l’attaque marque assez de points, mais pour la défensive, c’est souvent tout ou rien. Dans les deux matchs précédents, on n’avait accordé aucun touché. Aucun comme dans zéro. Samedi, contre un quart-arrière qui en était à son deuxième départ dans la LCF, un premier à domicile, on en a concédé cinq.

Il ne faut rien enlever à Quinton Porter, qui a été très bon. Son gabarit est impressionnant et il semble avoir beaucoup de potentiel, mais il n’est pas différent des autres quarts : si tu le laisses trouver sa zone de confort et gagner en confiance tôt dans le match, il va penser qu’il est Superman et il va jouer au héros. C’est exactement ce qui s’est produit.

Porter n’a jamais été dérangé, on n’a jamais pu appliquer une pression constante sur lui. Les Alouettes l’ont plaqué à deux reprises derrière sa ligne de mêlée et c’est à peu près les deux seules fois où on lui a fait sentir notre présence.

C’est dommage, parce que les Ti-Cats venaient d’accorder dix sacs du quart aux Lions une semaine plus tôt. Aucune équipe n’a accordé plus de sacs du quart et Montréal n’en obtient que deux. Pourquoi ne pas avoir opté pour une approche plus agressive? Il fallait lancer un message à Porter : ton cauchemar de Vancouver, il va se poursuivre aujourd’hui. On a plutôt décidé d’y aller avec une petite pression à quatre joueurs et la ligne à l’attaque des Tiger-Cats – à qui il faut donner le crédit qui lui revient - a fait le boulot.

Les Alouettes ont privilégié une défensive de zone contre Hamilton, une stratégie qui se retourne contre toi quand tu es incapable de presser le quart adverse. Plus ce dernier a le temps de lire ce qu’il voit en face de lui, plus il sera en mesure de trouver les faiblesses dans la couverture adverse.

Et non seulement les Alouettes ont-ils laissé trop de temps à Porter pour décortiquer leur positionnement, mais ils ont raté beaucoup trop de plaqués. Résultat : les nombreuses passes complétées par Porter se sont transformées en gros jeux.

Mais voici des chiffres qui, pour moi, résument parfaitement le résultat le finale de cette partie. Au-delà de toutes les statistiques qu’on peut possiblement amasser, une unité défensive a pour but premier de quitter le terrain le plus vite possible. Dans un monde idéal, elle voit deux jeux et redonne le terrain à l’attaque. Contre Hamilton, les Alouettes n’ont pas été mauvais aux premiers essais, au contraire. Mais sur les deuxièmes essais, ça a été carrément désastreux. Voyez par vous-mêmes.

2e et 14 : passe de 86 verges.
2e et 12 : passe de 20 verges.
2e et 10 : touché sur une passe de 23 verges.
2e et 10 : course de 12 verges.
2e et 18: passe de 20 verges.
2e et 10 : passe de 23 verges.
2e et 10 : gain de 26 verges en raison de l’obstruction causée par Chip Cox.

Toutes des situations qui favorisent la défensive et chaque fois, on a permis à l’adversaire de garder le ballon. C’est atroce, ça n’a même pas de bon sens.

Il y a quand même un petit bémol qu’on peut apporter à la performance des Alouettes. On n’aime jamais utiliser les blessures comme excuse, mais ça reste que c’en est une, on ne peut pas se le cacher. Jesse Hendrix s’est blessé, son remplaçant Gemara Williams aussi. Ça a obligé les entraîneurs à faire beaucoup de changements sur la tertiaire. Matthieu Proulx a dû jouer comme demi de coin et Joel Wright s’est retrouvé maraudeur. Écoutez, je n’assiste pas à tous les entraînements des Alouettes, mais je peux vous dire que je n'ai pas vu Wright prendre beaucoup de répétitions à cette position. Alors évidemment, ça ouvre la porte à des excuses que les Alouettes n’utiliseront jamais, mais qui restent la réalité.

Un autre point positif, c’est que les Alouettes n’ont pas péché par manque d’effort. J’ai vu des jeux où il aurait été facile pour certains joueurs d’abandonner, mais ils ne l’ont pas fait. Sur le retour d’interception de 87 verges, Proulx en effectué toute une course pour aller sauver le touché. Sur le retour de botté de 77 verges de Jo Jo Walker, c’est Gemara Williams, qui était juste à ses côtés quand il a capté le ballon, qui est revenu pour réussir le plaqué à l’autre bout du terrain. C’est le genre de jeux qui montrent que l’effort était là et ça, c’est important.

Un petit mot, quand même, sur les Tiger-Cats, qui m’ont grandement impressionné. Leur fiche de 2-11 me laisse croire qu’ils sont une équipe assez fragile entre les deux oreilles, mais pourtant, quand les Alouettes ont rétréci l’écart au début de la deuxième demie, ils n’ont pas bronché et ont tout de suite repris les commandes de la partie. Je dois avouer qu’à un certain moment, on sentait le vent tourner et je ne donnais pas cher de leur peau, mais ils ont fait mentir tous les sceptiques.

J’en profite pour féliciter Marcel Bellefeuille, un entraîneur que j’ai appris à connaître pendant ses années à Montréal. Il est non seulement un excellent entraîneur, mais aussi un méchant bon diable. Le résultat de ce match est dommage pour les partisans des Alouettes, mais je me dis que tant qu’à perdre, aussi bien que ce soit contre l’équipe de Marcel.

Ce sera intéressant de voir si les Alouettes apporteront les ajustements nécessaires lors du match revanche de lundi. De savoir que les gars auront la chance de venger cet échec assez rapidement, c’est une très bonne nouvelle. On se rappeller que lorsque la défensive s’était fait malmener contre Calgary plus tôt cette saison, elle était revenue en force avec deux grosses performances. Si elle est capable de rebondir lundi, la dernière défaite aura été une erreur de parcours. Par contre, si elle se fait encore malmener, le doute pourrait commencer à s’installer.

Gérer le dernier mois de la saison

La beauté de la situation des Alouettes, c’est qu’ils ont maintenant cinq semaines pour se préparer pour la finale de l’Est.

Le danger, c’est de commencer à regarder trop loin en avant et d’oublier qu’il reste des matchs à disputer pour se préparer, mais je ne crois pas que les joueurs de Marc Trestman vont tomber dans le piège. Je parlais avec certains entraîneurs avant le match contre Hamilton et j’ai demandé s’ils avaient déjà commencé à penser à la façon avec laquelle ils allaient gérer l’équipe pour le dernier droit, maintenant que le premier rang était pratiquement dans la poche. On m’a répondu le plus sérieusement du monde qu’on n’en avait même pas encore parlé.

« C’est vraiment un match à la fois, c’est ça le message qu’on passe aux gars, m’a-t-on répondu. On ne commencera pas à faire le contraire de ce qu’on leur dit. »

Reste que j’ai hâte de voir comment on va approcher les prochaines semaines. Tu veux reposer tes gars, tu veux éviter les blessures, mais en même temps tu veux continuer à marquer beaucoup de points et garder ton synchronisme. Tout ça avec un seul objectif : arriver dans la meilleure forme possible en éliminatoires. Ça va être un beau défi pour les entraîneurs. Depuis le début de la saison, ils répètent à leurs joueurs qu’ils veulent les voir donner tout ce qu’ils ont pendant 60 minutes, mais ils seront peut-être forcés d’aller à l’encontre de ce message.

Dans un monde parfait, tout le monde garderait son équipe A sur le terrain et continuerait d’y aller à fond de train, sans pitié pour ses adversaires. C’est le pari qu’ont pris les Giants de New York la saison dernière, et ils l’ont gagné, mais il faut que la chance soit de ton côté. Si tu fais ça et que tu perds des éléments clés, tu cours à ta perte. C’est un couteau à deux tranchants.

*Propos recueillis par Nicolas Landry.
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Beaucoup de chance, il faut bien l'avouer cippius cippius
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Lectures : 132
2008/10/07 00:30:32
Observations très pertinentes de Pierre Vercheval m. c.f.l.man m. c.f.l.man
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Lectures : 254
2008/10/06 20:52:49