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Pierre Vercheval

Matthieu Proulx

Matthieu Proulx

Pierre Vercheval

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La joie de voir les réservistes exceller

Lundi 09 novembre 2009
Damon Duval a battu un record impressionnant en fin de semaine. (Photo PC)

Damon Duval a battu un record impressionnant en fin de semaine. (Photo PC)


Matthieu Proulx
Depuis quelques années, le dernier match du calendrier régulier est l’un de mes moments préférés de la saison.

Comme la plupart des partants, j’ai alors l’occasion de profiter d’une semaine de congé pour recharger mes batteries et préparer mon corps pour le début des éliminatoires. Mais ce n’est pas mon côté paresseux qui parle quand je dis que j’apprécie particulièrement cette opportunité. Non, ce qui me réjouit vraiment, c’est de voir les réservistes de l’équipe profiter d’une chance qu’ils attendent, pour la plupart, depuis le début de la saison.

En fin de semaine à Toronto, nous étions tous tellement enthousiastes de voir les gars sauter sur le terrain et livrer la marchandise d’une aussi belle façon. Vous savez, ces gars-là jouent dans l’ombre, mais ils font partie de chacune de nos victoires cette saison. Ce sont des gens qu’on côtoie tous les jours au travail, ce sont nos amis. Les gens ne les connaissent pas et ils n’obtiennent la plupart du temps aucune reconnaissance pour leur travail, alors c’est vraiment plaisant de finalement les voir sur le terrain.


Le résultat du match de samedi, une victoire de 42-17, démontre non seulement à quel point notre équipe possède de la profondeur, mais aussi à quel point elle est bien dirigée. Si nos réservistes peuvent sauter sur le terrain et exécuter les ordres avec autant d’efficacité, c’est en grande partie grâce au travail de notre personnel d’entraîneurs. Ce sont eux qui préparent leurs hommes pour qu’ils soient prêts en tout temps, en toutes circonstances.

Que ce soit les joueurs ou les entraîneurs, quand arrive le moment du match, tout le monde est prêt. Ça, c’est une belle marque de professionnalisme et je crois que c’est ce qui fait les équipes championnes.

Le travail de deuxième violon est loin d’être évident. Tous les joueurs que vous avez vus contre Toronto ont la ferme conviction qu’ils ont ce qui faut pour être partants. Sinon, ils ne joueraient plus au football!

Je suis convaincu que plusieurs de nos réservistes pourraient avoir un poste de partant ailleurs. Alors c’est tout à leur honneur d’être capable de mettre leur égo de côté depuis le début de la saison pour le bien de l’équipe. Vraiment, je leur lève mon chapeau.

Parmi ceux qui m’ont le plus impressionné en fin de semaine, il y a le demi défensif Paul Woldu. Celui qui en est à sa deuxième saison avec nous a vraiment, vraiment bien joué. Il a réussi de beaux plaqués et un retour d’interception de 72 verges pour un touché.

Paul n’a peut-être pas connu le genre de saison qu’il espérait. Il a été laissé de côté pour quelques matchs, mais quand il a eu sa chance, il en a profité. J’étais particulièrement content pour lui, parce qu’il n’y a pas un gars plus gentil et sympathique au sein de l’équipe l’équipe.

Outre Woldu, Chad Owens a très bien fait sur les retours de bottés, tout comme Jon Banks en défensive. En attaque, on a pratiquement vu l’équipe B de receveurs et les S.J. Green, Danny Desriveaux et compagnie ont tous montré de belles choses.

Un congé profitable

Si on additionne la semaine de repos dont nos partants viennent de bénéficier avec le congé qui vient avec le premier rang au classement de notre division, on arrive à une longue pause d’une quinzaine de jours sans voir d’action.

Dangereux? Je ne crois pas. Personnellement, je crois que de la façon dont nous avons terminé la saison, avec deux victoires convaincantes, tout le monde est prêt à amorcer les éliminatoires la tête haute.

J’ai une confiance sans borne dans les trois facettes de notre jeu. On a vraiment fonctionné à plein régime au cours des deux derniers matchs. On était synchronisés et on a fait les bons ajustements sur les aspects de notre jeu que les équipes adverses avaient réussi à décortiquer en fin de saison.

Notre défensive avait connu un passage à vide contre Hamilton et Winnipeg, mais nos deux derniers matchs ont permis d’effacer complètement ces mauvais souvenirs. Je ne suis donc pas du tout inquiet par nos deux semaines de congé. Même que je trouve ça très profitable.

Le record, c’est bien beau, mais...

Je ne dirais pas que c’était le sujet de l’heure dans l’entourage de l’équipe, mais évidemment, tout le monde était content d’avoir établi une nouvelle marque d’équipe avec une saison de 15 victoires. On savait que c’était spécial d’entrer dans l’histoire de cette façon, surtout que les Alouettes ont tellement eu de bonnes équipes à travers les années.

Mais encore une fois, ce record n’aura aucune valeur si on ne remporte pas la coupe Grey. Si on ne se rend pas jusqu’au bout, personne ne se rappellera de notre fiche en saison régulière. Pour donner une vraie signification à notre belle saison, ça prendra le beau trophée à la fin.

J’ai vraiment le feeling que cette édition des Alouettes ne décevra pas en éliminatoires. Pour être franc par contre, je suis obligé de vous dire que j’avais exactement le même feeling l’année passée!

L’an dernier, j’étais convaincu qu’on gagnerait la coupe. Toutes les étoiles étaient bien alignées, mais on a quand même perdu. Ce que je peux vous dire, c’est que l’équipe de cette année est sans aucun doute plus mature, elle a plus d’expérience. Le groupe de joueurs n’a pratiquement pas changé et les ajouts qu’il y a eu, comme ceux de Jerald Brown et Billy Parker, par exemple, nous ont sans aucun doute rendus meilleurs.

Je ne vois pas pourquoi cette année ne serait pas meilleure que l’année dernière. Il n’y a pas de raison.

Le pied en or de Damon Duval

En plus de notre record d’équipe, un de nos joueurs a réussi une marque personnelle assez impressionnante lors du dernier match de la saison. En effet, Damon Duval a battu un vieux record de la Ligue canadienne en terminant la campagne avec un total de 242 points!

Quand on sait que l’équipe au complet en a marqué 600... c’est plus du tiers à lui seul!

Toute l’année, Damon a été clutch pour nous, si vous me permettez l’expression. Je ne connais pas ses statistiques par cœur, mais c’est certain qu’il avait un taux de réussite supérieur à 80%. Et plusieurs de ses placements ont été réussis sur de longues distances.

Évidemment, je suis convaincu que si vous demandez à nos joueurs en attaque, ils ne seront pas si ravis de ce record, parce que ça signifie que trop souvent, on s’est contenté d’un placement au lieu d’aller marquer un touché. Mais un fait demeure : cette année, quand Damon Duval s’amenait sur le terrain pour un placement, c’était presque trois points assurés. Il n’en a pas manqué beaucoup!

Souvent, notre attaque mettait un peu de temps à se mettre en marche et ce sont les placements de Damon qui nous permettaient de non seulement nous inscrire au tableau et de prendre notre élan, mais aussi d’écarter tranquillement pas vite nos adversaires du portrait. Ça ne paraît pas toujours sur le moment, mais quand ton botteur réussit deux, trois et quatre placements consécutifs, tu te réveilles à un moment donné avec une avance d’une quinzaine de points.

En plus, on ne le réalise pas toujours, mais alors que plusieurs équipes gardent deux botteurs dans leur alignement, un pour les dégagements et un autre pour les bottés de précision, Damon fait tout le travail à lui seul pour nous. Sa polyvalence nous permet d’habiller un joueur de plus à une autre position, par exemple un bon gars sur les unités spéciales.

Essayez de m’empêcher de jouer pour voir!

Ma main fracturée se porte quand même bien, dans les circonstances. Je suis allé passer des radiographies ce matin (lundi) et je dois retourner voir mon médecin demain. Je répéterai la même routine la semaine prochaine et j’espère que j’aurai réalisé assez de progrès pour recevoir le feu vert.

Si je veux jouer, je dois d’abord obtenir la permission des médecins. Pour ça, il ne faudra pas nécessairement que je sois de retour à 100% parce que ce résultat survient généralement après quatre à six semaines de convalescence. Mais les os de ma main devront au moins avoir commencé à se souder.

Sauf que s’il n’y a pas de danger d’aggraver la blessure, je mettrai une pièce de protection supplémentaire. Rien ne m’empêche de jouer avec un gros mognon. C’est moins confortable et moins efficace, mais bon... Et s’il le faut, je me ferai piquer pour enlever la douleur. Je ne veux vraiment, mais vraiment pas manquer ce match.

Présentement, j’ai un plâtre qui me permet de guérir plus rapidement. Je ne suis pas un expert, mais je sens que ma main progresse, je peux faire beaucoup plus de choses sans douleur. L’idée, c’est de pouvoir jouer dans deux semaines.

Ma prédiction : Hamilton

En finale de l’Est, nous serons opposés aux gagnants du match entre les Tiger-Cats de Hamilton et les Lions de la Colombie-Britannique. Si vous me demandez mon avis, je prédis une victoire des Ti-Cats.

Premièrement, Hamilton a remporté les deux matchs entre les deux équipes cette année. DeAndra' Cobb a été excellent cette saison, particulièrement contre les Lions. Il représente une arme que les Tiger-Cats n’hésiteront pas à utiliser.

Deuxièmement, depuis quatre ou cinq rencontres, Hamilton joue du très bon football. L’équipe semble vraiment avoir trouvé son erre d’aller pour les éliminatoires, alors que du côté de B.C., c’est complètement le contraire.

Bref, les Tiger-Cats jouent du meilleur football, ils seront devant les partisans. Je crois qu’ils seront les visiteurs au Stade olympique le 22 novembre et si on se fie à notre dernier match contre eux, ça devrait donner tout un spectacle. C’est ce que je souhaite en tout cas.

L’année dernière, la finale de l’Est contre Edmonton avait été le match le plus excitant de l’année. Les partisans étaient complètement débiles. Je ne demande rien de mieux qu’un scénario semblable cette année!

*Propos recueillis par Nicolas Landry.