Anthony Calvillo note que son équipe n'a jamais ralenti la cadence en 2009. (Photo PC)

MONTREAL - Anthony Calvillo n'ira pas jusqu'à dire que l'édition actuelle des Alouettes de Montréal est la meilleure pour laquelle il ait jamais joué. Mais selon le vétéran quart, un atout la distingue des éditions précédentes: elle n'a pas baissé de régime cette saison, même après avoir empoché le titre de la section Est bien avant la fin du calendrier régulier.
"Une fois le titre de section en poche, nous avons présenté une fiche de 5-1", a noté Calvillo, jeudi, après la séance d'entraînement tenue en vue de la finale de section de dimanche contre les Lions de la Colombie-Britannique.
"Quand nous avons obtenu le titre officiellement, personne n'en a beaucoup parlé. Nous voulions continuer à offrir le même niveau de performance qu'avant d'être assuré du titre. Personne ne s'est dit qu'on pouvait maintenant souffler, tout le monde voulait continuer à faire preuve du même niveau d'engagement. Les joueurs ont compris cette approche, ils y ont adhéré et ça nous a aidés."
Même après la défaite subie le 24 octobre à Winnipeg, les Oiseaux se sont faits une fierté de revenir plus forts lors des deux matchs suivants, même si cela n'ajoutait strictement rien à leur palmarès.
On pourrait même dire que la saison au grand complet des Alouettes a été un effort bien au-delà des attentes. Après avoir connu une excellente campagne 2008 et échoué à la tâche lors du match de la Coupe Grey, les joueurs auraient pu décider de se la couler douce cet été, en attendant de se remettre en marche à quelques semaines de "la vraie saison", la seule qui compte vraiment. Ce qu'il aurait été bien possible de faire dans la médiocre section Est.
Les Alouettes auraient pu se contenter d'une fiche quelconque qui leur aurait quand même valu un laissez-passer direct en finale de section; rappelons que les Tiger-Cats de Hamilton ont terminé deuxièmes dans l'Est avec un dossier de 9-9. Mais ils ont tout donné et présenté une excellent fiche de 15-3. Ce qui leur a valu d'être reconnus non seulement comme la puissance dans l'Est, mais aussi comme l'équipe de l'heure dans la Ligue canadienne de football.
"Nous voulions nous défouler sur un peu tout le monde parce que le fait d'avoir perdu (le match de la Coupe Grey en 2008) nous a laissé un goût amer dans la bouche", a indiqué le demi offensif Avon Cobourne.
"Nous voulons être à notre meilleur, a souligné Anwar Stewart, l'une des têtes d'affiche de l'équipe en défensive. Nous savons que nous avons laissé passer une belle occasion l'année passée, nous voulions vraiment que les gars comprennent que des moments comme ceux-ci ne reviennent pas souvent, que nous avons une très bonne équipe en ce moment et qu'il faut en profiter pendant que ça passe."
Selon Cobourne et Stewart, il existe chez les Alouettes un environnement qui fait en sorte que tout le monde est appelé à donner son maximum en tout temps. C'est attribuable au leadership de l'entraîneur Marc Trestmant, mais aussi à celui des vétérans en place.
"Les gars font preuve de la même concentration et du même niveau d'effort en ce moment qu'ils ne l'ont fait en saison régulière, a noté Trestman. Je ne vois pas de différence entre maintenant et chaque semaine du calendrier régulier."
"Ca part du fait qu'il y a de la compétition à l'interne, du fait qu'à l'entraînement, nous avons la meilleure attaque qui affronte la meilleure défensive, a avancé Cobourne. Tu ne peux donc jamais te présenter sur le terrain en espérant pouvoir y aller d'un demi-effort."
"Ça vient de l'intérieur, ça vient de l'époque où tu jouais pour ton école secondaire, ton collège, ton université, a quant à lui affirmé Stewart. C'est quelque chose qui est en toi. Certaines personnes ont ce mordant, cette rage de vouloir tout donner ce qu'ils ont, et certains sont moins combatifs. Nous avons beaucoup de gars qui ont cet atout ici, des gars qui accordent beaucoup de valeur à leur travail. Ils se sentent responsables et ils ont du respect l'un pour l'autre. Quand cela est présent, ça aide, surtout en vue de rencontres comme celle qui s'en vient ce week-end."