Diane Roy (Photo Getty)
Aux dernières éditions des Championnats du monde d’athlétisme, les Québécois étaient bien représentés au sein de l’équipe canadienne. Ceux de 2007, qui se sont amorcés samedi, à Osaka (Japon) sont bien différents.
Émilie Mondor n’est plus et Nicolas Macrozonaris tente de relancer sa carrière après avoir déménagé ses pénates à Edmonton. La relève s’annonce prometteuse avec les Alex Genest (3000 m steeple) et Geneviève Thibault (100 m et 200 m), sauf que leur saison 2007 est à oublier, car elle a été marquée par des blessures. Le spécialiste du 800 m Achraf Tadili sera donc l’unique Québécois en lice aux épreuves officielles.
Le Lavallois ne sera toutefois pas le seul Québécois présent au pays du soleil levant. En effet, au 1500 m en fauteuil roulant, une épreuve présentée en démonstration, Chantal Petitclerc et Diane Roy feront partie des têtes d’affiche.
Objectif : les demi-finales
Tadili, quatrième des récents Jeux panaméricains, sera en action à compter de jeudi. « Passer le premier tour, ça serait un premier objectif. Après, ça serait de finir dans le top 12, ce qui voudrait dire un standard de qualification A pour les Jeux de Pékin », souligne l’athlète de 27 ans, qui participera à ses troisièmes Championnats du monde.
Depuis le début de la saison, Tadili a participé à un nombre limité de compétition. Sa dernière remonte au mois dernier, aux Jeux panaméricains de Rio de Janeiro, où il a pris le quatrième rang, perdant du même coup le titre qu’il avait mérité quatre ans plus tôt à Saint-Domingue.
« Je suis arrivé aux Jeux panaméricains avec seulement deux bonnes courses dans les jambes et ce n’était pas assez. Je me suis fait surprendre. Je n’ai pas assez fait de compétitions cette année. »
Au lieu de participer à des compétitions de moindre niveau et faire de nombreux voyagements, le Lavallois a préféré consacrer son temps à l’entraînement. Il aurait bien aimé épingler un dossard sur son maillot plus souvent depuis le début de la saison, sauf qu’il se trouve présentement entre deux chaises comme il l’indique.
« Je suis trop fort pour les courses faibles et je ne suis pas à 100 % pour les courses de plus haut niveau. Je ne cherche pas d’excuses, mais c’est un obstacle pour moi. J’espère faire un chrono qui pourra m’ouvrir les portes de grandes rencontres. C’est ça l’avantage dans le sport : tu fais une bonne performance et ça enlève les moins bonnes. Depuis deux ans, je fais des 1 minute 44 secondes à l’entraînement et maintenant je dois le faire en compétition. Je m’accroche toujours. »
La tâche ne sera toutefois pas de tout repos pour le coureur québécois. Aux mondiaux, les courses de 800 m ont tendance à plus souvent se jouer sur la tactique que sur le chrono, du moins dans les rondes préliminaires.
Course en fauteuil roulant : le 800 m fait place au 1500 m
La nouveauté de ces mondiaux 2007 est la présentation du 1500 m en fauteuil roulant chez les femmes, alors que dans le passé, l’épreuve en démonstration était le 800 m. Le comité organisateur n’a pas donné d’explications précises à propos de ce changement, mais selon ce qui circule dans le milieu, cette décision aurait été prise pour favoriser la Japonaise Wakako Tsuchida, médaillée d’or du 5000 m aux Jeux paralympiques d’Athènes et qui est meilleure dans les courses de longue distance.
N’empêche, cela ne dérangera pas Chantal Petitclerc qui visera le premier rang de cette course qui sera présentée samedi, d’autant plus qu’elle a réussi un record du monde sur la distance au début de l’été.
« Je suis plus une spécialiste du 400 m et du 800 m. J’ai dû ajuster mon entraînement et augmenter mon kilométrage et ç’a super bien été. Personne ne m’a battue cette année sur cette distance. J’ai fait ce que j’avais à faire pour avoir une préparation optimale. C’est le fun, parce que ça m’a obligée à essayer de nouvelles choses à l’entraînement. Bizarrement, ç’a été payant pour mon 800 m. »
Selon Diane Roy, qui sera également une prétendante au podium, la course sera très relevée et il ne faudrait pas se surprendre de voir trois Américaines travailler en équipe pour faire gagner une des leurs.
« Ça sera une des plus grosses épreuves de démonstration depuis le début de ma carrière. Les dix filles seront aussi fortes les unes que les autres. Nous allons nous battre et tout peut arriver. Ça m’avantage que la distance passe de 800 m à 1500 m, sauf que les autres filles vont être prêtes », avance la médaillée d’argent au 800 m des Championnats du monde de l’IAAF en 2003.
Si les athlètes en fauteuil roulant ont leurs propres Championnats du monde, Chantal Petitclerc apprécie participer aux mondiaux de l’IAAF, même s’il n’y a qu’une seule épreuve en démonstration.
« Une des différences, c’est qu’aux Championnats du monde de l’IAAF, il y a du monde dans les estrades! lance-t-elle en riant. Plus sérieusement, c’est un symbole où on dit qu’on devrait appartenir à ce mouvement et qu’idéalement, ça ne devrait pas être une épreuve en démonstration. S’entraîner avec les athlètes des différentes équipes nationales, ça vaut bien du lobbying. Les gens nous voient à l’entraînement et ils comprennent que ce que nous faisons, c’est du sport de haute performance. »
Cette intégration pourrait également aider au développement de l’athlétisme paralympique au sein des pays africains, qui sont dominants en athlétisme, mais pratiquement absents en sport paralympique, exception faite de l’Afrique du Sud.
Au terme des mondiaux d’Osaka, les deux athlètes en fauteuil roulant amorceront la saison des marathons automnaux.