PARIS - La justice française a ouvert le 1er décembre une enquête préliminaire sur les conditions d'attribution des Mondiaux-2021 d'athlétisme à la ville américaine d'Eugene, a indiqué mercredi à l'AFP une source judiciaire qui confirmait une information de la BBC.

Cette enquête est distincte de celle pour corruption qui a conduit à la mise en examen de l'ancien président de la fédération internationale d'athlétisme (IAAF), Lamine Diack, a-t-on précisé.

Elle est susceptible de concerner son successeur, Sebastian Coe, cible de critiques sur un conflit d'intérêt. La légende de l'athlétisme britannique était en contrat avec l'équipementier Nike, marque née à Eugene.

Cette enquête préliminaire diligentée par le parquet national financier aura pour objet de vérifier les soupçons notamment relayés par la presse britannique et de s'assurer que la justice française est compétente.

Pour cela, il faut en effet que l'infraction ait été commise au moins en partie en France.

Réfutant tout conflit d'intérêt, Sebastian Coe, arrivé en août à la tête de l'IAAF, a abandonné début décembre son rôle d'ambassadeur de Nike, fonction qu'il exerçait depuis 38 ans et qui lui assurait une rémunération de 142.000 euros par an.

La justice française a lancé une autre enquête sur l'athlétisme, qui est à un stade procédural plus avancé: des juges financiers ont mis en examen le 4 novembre Lamine Diack, notamment pour corruption.

Le Sénégalais est soupçonné d'avoir couvert contre rémunération des contrôles antidopages positifs d'athlètes russes, selon une source proche du dossier.