Frédéric Daigle
mercredi, 11 déc. 2013. 13:13

MONTRÉAL - En plus de l'étude de faisabilité commandée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et la communauté des affaires du grand Montréal, dont les résultats seront dévoilés jeudi (à 10 h 30, sur les ondes de RDS Info et en webdiffusion sur le RDS.ca), La Presse Canadienne a appris qu'une projection des retombées économiques éventuelles à la suite du retour du Baseball majeur au Québec a également été effectuée.

Ces chiffres seront également dévoilés jeudi matin, lors de la conférence de presse organisée en collaboration avec Projet Baseball Montréal (PBM), le groupe piloté par l'ex-Expo Warren Cromartie. Cette conférence de presse sera précédée par un briefing technique donné par la firme Ernst & Young.

En mars dernier, le groupe de Cromartie et la CCMM avaient annoncé le lancement de cette étude de faisabilité aux coûts de 400 000 $, dont la moitié a été défrayée par la communauté d'affaires. L'identité des personnes ou compagnies impliquées dans cette étude n'avait alors pas été divulguée, mais depuis quelques semaines, le nom de Stephen Bronfman a été associé au projet par diverses sources.

L'étude a été menée par la firme Ernst & Young, qui a effectué des dizaines d'études similaires en Amérique du Nord, notamment pour la construction du nouvel amphithéâtre de Québec, et aussi par le cabinet d'avocats montréalais BCF, qui a été greffé au projet.

Par cette étude, la CCMM et PBM ont voulu constater l'intérêt - ou manque d'intérêt - de la population et de la communauté d'affaires. À cet effet, le groupe a commandé deux sondages auprès de la firme Léger Marketing, un pour le public et un pour les gens d'affaires.

Le groupe voulait également évaluer la rentabilité d'un tel projet, la viabilité à long terme d'une équipe et l'impact économique à la fois d'un éventuel stade et d'une équipe du Baseball majeur.

L'étude devait aussi viser à déterminer quel site serait le plus propice à accueillir un nouveau stade ou si le Stade olympique pourrait s'avérer une solution pour accueillir un nouveau club, bien qu'on admette que le Baseball majeur privilégie des stades situés au centre-ville pour ses concessions. D'ailleurs, un haut dirigeant du Baseball majeur a révélé à sous le couvert de l'anonymat à La Presse Canadienne que si Montréal devait accueillir de nouveau une équipe, le Stade olympique ne pourrait constituer autre chose qu'un solution temporaire.

Malgré tout, le Baseball majeur a récemment accepté que deux matchs de la Ligue des pamplemousses de Blue Jays de Toronto soient disputés dans l'ancien domicile des Expos, les 28 et 29 mars prochain. Il a dépêché son vice-président senior Joe Garagiola fils et Murray Cook, conseiller principal en matière de surfaces de jeu, afin de faire l'inspection de l'enceinte et de dresser la liste des modifications à y apporter afin qu'elle puisse accueillir ces rencontres.

Selon cette même source, le commissaire Bud Selig et l'état-major du Baseball majeur auront à l'oeil les assistances de ces deux rencontres. Aux dernières nouvelles, les ventes de billets allaient bon train. Même si le groupe evenko refuse de donner des chiffres précis, il ne resterait plus que des billets à l'unité pour la section inférieure du Stade olympique pour ces deux matchs.

PBM honorera, avant la rencontre du samedi 29 mars, la formation 1994 des Expos de Montréal qui a été freinée par le lock-out déclenché au mois d'août cette année-là, alors qu'elle avait la meilleure fiche du baseball.

Tout un coup de main de Scott Boras

Sans le demander, le groupe de Cromartie a reçu tout un appui - un autre - de la part de l'influent agent Scott Boras, mercredi, qui a louangé Montréal et moussé sa candidature dans l'éventualité où les Rays de Tampa Bay demandaient une relocalisation.

« Le but au baseball, est d'afficher de la constance et de gagner année après année, ce que les Rays de Tampa Bay ont assurément accompli, a dit Boras au cours de sa rencontre annuelle avec les représentants des médias lors des assises d'hiver du baseball. À mon avis, pour protéger son produit, le Baseball majeur doit se demander pourquoi ça ne fonctionne pas alors qu'elle offre un bon produit (à Tampa Bay). Comme le problème n'est ni la direction de l'équipe, ni ses performances, il faut donc conclure qu'il s'agit d'une dynamique qu'on ne rencontre pas dans les autres marchés. Habituellement, quand vous offrez de bonnes performances et que vous gagnez, les partisans vous récompensent.

« Alors ma suggestion de déménager vers le New Jersey ou Montréal (...) doit être évaluée pour le bien du sport, afin de s'assurer que les marchés qui offrent des performances de haut niveau soient récompensés. Je crois que Montréal serait un environnement exceptionnel pour le baseball. Je me rappelle de 1994, de leurs assistances à cette époque et de la rivalité canadienne: je croyais vraiment que le baseball se trouvait dans un bon marché. Les joueurs aimaient y jouer. C'est une belle ville.

« Dans le New Jersey, ce serait probablement plus difficile en raison des droits de télévision et de la proximité des Yankees et des Mets. »

Malgré des performances plus qu'intéressantes sur le terrain, les Rays ont attiré la plus faible moyenne de spectateurs par match en 2013 à 18 645. L'équipe cherche à quitter le Tropicana Field, un stade couvert, mais il reste encore plusieurs années à son contrat d'occupation.