Après une semaine d’activités, les Rockets de Houston trônent au sommet de la NBA. Houston est l’une des trois formations encore invaincues dans le circuit Silver (les autres étant Memphis et Golden State qui ont joué moins de matchs que Houston).

Derrière l’hirsute James Harden, Houston connaît son meilleur début de saison depuis 1996 à l’époque du légendaire Hakeem Olajuwon. Avec une fiche de cinq victoires et aucune défaite, tout semble s'aligner pour la formation texane qui peut enfin compter sur un Dwight Howard en pleine forme et une formation complémentaire adéquate pour l’athlétisme du centre étoile et le talent offensif indéniable d’Harden.

Houston a d’ailleurs infligé sa seule défaite de la saison au Heat, mardi soir. L’ancienne formation de LeBron James se débrouille très bien sans le meilleur joueur de la planète. Même que le nouveau visage du Heat, tracé sur celui de Chris Bosh, présente une personnalité que l’on ne soupçonnait pas. Premier violon d'une équipe pour la première fois depuis son passage à Miami en 2010, Bosh brille encore plus qu’à l’époque où il menait les Raptors en perpétuelle quête identitaire. Sur les plages de la Floride, l’identité colle à la peau de Bosh et le Heat nouveau genre joue de l’excellent basket-ball.À la surprise de plusieurs.

Chez les Raptors, on reprend la cadence de la saison dernière et la campagne #NousLeNord bat son plein. Avec trois victoires convaincantes en quatre matchs, Toronto s’impose hâtivement comme le favori pour remporter sa division et DeMar DeRozan, à sa sixième saison dans la NBA, assume pleinement son rôle de meneur offensif d’une formation jeune, rapide et versatile. Il moyenne d’ailleurs plus de 21 points par match jusqu’ici, un rythme très respectable.

De l’autre côté du spectre, les déboires des Lakers sont cumulatifs et la grogne se fait sentir au lendemain d’une cinquième défaite consécutive pour amorcer la saison. Kobe Bryant n’est pas reconnu pour sa grande patience.

L’effet LeBron devra attendre

Et puis, est-ce que LeBron James a sauvé la ville de Cleveland et l’avenir des Cavaliers?

Jusqu’ici, non, mais c’est encore trop tôt pour les conclusions.

Les nouveaux Cavaliers se sont inclinés lors du premier match de l’équipe contre les Knicks de New York. Perdre un match ce n’est pas la fin du monde, mais quand le monde retient son souffle pour le match en question, disons que la trame narrative s’alourdit très rapidement.

De son propre aveu, James était nerveux lors de son retour à Cleveland. Ça se voyait sur le terrain et la chimie avec ses nouveaux coéquipiers n’est pas au point. C’était d’ailleurs à prévoir, même si on veut avoir les résultats hier lorsqu’on effectue des changements aussi drastiques à une organisation. La patience en Ohio sera de mise, comme en témoigne les premiers mois du passage de James à Miami il y a quatre saisons. Le « Big 3 » du Heat a fini par se ressaisir et se rendre jusqu’à la finale de la NBA. Le nouveau « Big 3 » des Cavaliers a encore toutes les chances de faire exactement la même chose.

Autre différence, cette fois James laisse ses coéquipier apprendre de leurs erreurs. Kyrie Irving et Kevin Love sont encore très inexpérimentés et James, dans la foulée de son retour, embrasse le rôle d'un mentor autant que celui de meneur. La période d'adaptation ne fait que commencer.

Les blessures font les manchettes

Campagne publicitaire à l’appui, le retour de Derrick Rose a fait couler beaucoup d’encre avant le début de la saison. Malheureusement pour le meneur des Bulls, il s’est blessé aux chevilles lors de son deuxième match et sa santé précaire est de plus en plus inquiétante dans la ville des vents.

Ce qui est inquiétant, surtout, c’est le fait que Rose ne se blesse jamais aux mêmes endroits. Comme si son corps lui refusait le sport qui l’a rendu célèbre. Un peu comme Greg Oden et Sam Bowie avant lui. On suivra le dossier de près, la saison est encore jeune.

D’autres inquiétudes émanent d’Oklahoma City alors que Russell Westbrook s’est lui aussi blessé durant l’absence de Kevin Durant. De ce fait, le Thunder devra composer sans ses deux joueurs étoiles pour plusieurs semaines. Le classement de l’équipe reflète ce départ sur un pied et même si c’est encore très tôt pour tirer des conclusions, disons que OKC ne pourra pas se permettre de trop lambiner dans l’association Ouest qui est, comme toujours, impitoyable et très relevée.

Aux départements des bonnes nouvelles. Kobe Bryant et Rajon Rondo sont aussi de retour et en pleine forme, nonobstant les performances chancelantes de leurs équipes respectives.

L’avenir s’empare du porte-voix

Anthony Davis et DeMarcus Cousins ont amorcé la saison sur les chapeaux de roues et les deux jeunes avants font des pieds et des mains afin de rappeler aux amateurs de la NBA que la ligue ne repose pas seulement sur les épaules des LeBron James et Kevin Durant de ce monde.

Davis, en particulier, s’impose de plus en plus comme la prochaine super-vedette de la ligue. Âgé de 21 ans seulement, Davis démontre sa progression constante lors de sa troisième saison dans le circuit et le potentiel est énorme dans son cas. Avec sa vision du jeu, ses prouesses en défensive, son instinct pour les rebonds en plus d’un flair assumé pour les blocs opportuns, Davis est déjà une force à reconnaître par les offensives adverses et il peaufine son propre arsenal afin d’être une arme complète sur les parquets. Pour les Pelicans, Davis est la locomotive qui traîne le train en ce moment. À ce stade-ci de sa carrière, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, mais son entourage devra s’améliorer dans un avenir rapproché si La Nouvelle-Orléans souhaite tirer profit des nombreuses possibilités qu’offre la présence d’un joueur de la trempe d’Anthony Davis.

On assiste peut-être, discrètement, à l’éclosion du prochain Tim Duncan. Les styles sont différents, mais l’impact sur le terrain est similaire.

Cousins, de son côté, mène les Kings vers un étonnant début de saison et il poursuit son jeu dominant sous les paniers à la suite de sa conquête de la médaille d’or avec l’équipe américaine lors des Championnats mondiaux de la FIBA l’été dernier. Cousins est un centre à l’ancienne qui domine face au panier en raison de sa carrure imposante. Son arsenal offensif est raffiné et étonnamment varié pour un homme de sa corpulence. On peut déjà statuer que Cousins, à 24 ans, est l’un des meilleurs centres de la NBA.On est loin de l'adolescent trouble qui intimidait les dirigeants avant son repêchage, lui qui a glissé jusqu'au 5e rang en 2010.

Ironiquement, ses deux nouveaux visages proviennent de l’usine à jouers pros qu’est l’Université du Kentucky, sous la tutelle de John Calipari. On parle toujours des entraîneurs d’impacts dans la NBA, mais Calipari pourrait bien être, avec le recul, l’un des personnages les plus influents de la NBA contemporaine. Avec des jeunes comme Davis et Cousins dans son écurie, en plus de vedettes établies comme Derrick Rose et John Wall, l’arbre généalogique sous Calipari est de plus en plus impressionnant et ce n'est que le début de l'aventure.

La statistique de la semaine

15 000$ est une pénalité à la mode depuis le début de la saison pour le commissaire Adam Silver.

Kevin Martin a été le premier à recevoir la sanction lorsqu’il a imité la « danse des couilles », popularisée par Sam Cassell à l’époque, lors d'une défaite des Timberwolves contre les Bulls. Ensuite, Tony Allen a reçu la même sanction après avoir évacué sa frustration sur l’une des caméras sous le panier.

L’héritage de David Stern est partout dans la NBA et, malgré les visées plus progressistes de Silver, les sanctions pour les bouffonneries font et feront encore légions.