ORLANDO, États-Unis - Le 27 septembre 2019, LeBron James l'assurait: « vous me demandez de faire quelque chose, je peux le faire ». Un an plus tard, il l'a prouvé, propulsant les Lakers en finale de la NBA, la dixième de sa carrière qu'il compte bien faire aboutir à un 4e titre.

Ce jour-là, lors du traditionnel « media day » de présaison, « LBJ » a pourtant une pression inhabituelle sur les épaules. Il sort d'une année blanche, sa première neuf ans, lui qui restait à son arrivée à Los Angeles à l'été 2018 sur huit finales consécutives avec trois sacres au bout, en 2012 et 2013 avec Miami, en 2016 avec Cleveland.

La faute à une blessure à l'aine contractée à Noël dans une victore contre les Warriors de Golden State, qui lui a plombé le reste de sa première saison en violet et or, lui faisant manquer pour la troisième fois de sa carrière les séries et à L.A. une occasion d'immédiatement renouer avec son glorieux passé, neuf ans après son 16e titre glané par Kobe Bryant.

« J’ai tout ce qu'il faut pour aider l'équipe à ce stade de ma carrière », affirmait-il encore en regardant du coin de l'oeil le nouveau venu, Anthony Davis, sachant qu'il ne serait pas seul cette saison pour enfin parvenir à ses fins. Et de conclure: « nous savons quel est notre objectif ultime, mais on ne peut pas raccourcir le processus ».

En mission

Non. Mais, il ne le sait pas encore: le funeste sort va se charger de le rallonger, dans la douleur et l'incertitude, entre la mort de Kobe Bryant survenue le 26 janvier, dans un accident d'hélicoptère également fatal à sa fille de 13 ans Gianna, et la pandémie de nouveau coronavirus qui a interrompu la saison le 11 mars et bien failli provoquer son annulation.

À ce moment-là de l'hiver, LeBron était un homme en mission: s'étant promis d'honorer la mémoire de son glorieux aîné, il venait de battre à la régulière Giannis Antetokounmpo et les Bucks, ainsi que Kawhi Leonard et ses ambitieux Clippers.

Coupé dans son élan, il a confié lors de la reprise de la saison le 31 juillet que ce hiatus de quatre mois et demi ne l'avait pas avantagé, contredisant ceux qui imaginaient les bienfaits d'un tel repos forcé pour un joueur de 35 ans comme lui.

Or lui n'est pas comme les autres. Il ne joue pas comme les autres, travaille plus que tout autre et sait prendre ses responsabilités comme personne d'autre. Les deux derniers matches contre Denver en ont été la preuve dans des registres différents, avec au bout la victoire.

Lors du match no 4, il a muselé Jamal Murray, pourtant intenable jusque-là, lui imposant une défense de fer dans le « money-time ». « C'était "winning-time", il fallait que je m'interpose », a-t-il même dit. 

Et lors du match no 5 samedi soir, alors que les Nuggets venaient d'effacer un déficit de 16 points, il a repoussé les « comeback kids » avec 9 points d'affilée, pour en compter 16 dans l'ultime quart-temps sur ses 38 au total. 

« Superstar »

« Je ne sais pas si j'ai déjà vu un gars reprendre en mains un match comme il l'a fait ce soir », s'est émerveillé son entraîneur Frank Vogel.

« Qu'on ne vienne pas me dire que LeBron James n'est pas le joueur par excellence de cette ligue après une telle performance », a tweeté Magic Johnson, ravivant le débat sur le trophée finalement attribué à Antetokounmpo, à l'issue d'un vote qui a vexé « LBJ ».

« Lorsqu'il a signé avec les Lakers, il nous a dit qu'il nous ramènerait en finale et il a tenu parole. Ce qu'il a fait ce soir a montré la différence entre une star et une superstar », a poursuivi Magic dont il s'est approché du record de triple-double (30) en séries avec un 27e réussi sur ce match.

James va donc jouer sa dixième finale, comme seuls l'ont fait avant lui Kareem Abdul-Jabaar (10), Sam Jones (11) et Bill Russell (12).

« Pour le moment, ça ne veut rien dire, à moins que je ne la gagne », a-t-il dit. Mais s'il y parvient et qu'il est désigné joueur par excellence des finales, il deviendra le premier à l'être avec trois équipes différentes. 

Ce ne sera pas les six titres en huit ans de Michael Jordan avec les Bulls, ni même les cinq de Bryant, mais ce sera unique au bout d'une saison unique, durant laquelle son leadership est aussi manifeste dans la lutte contre l'injustice raciale.

« Mes épaules sont assez larges pour supporter une grande partie de la pression. Mais mon esprit est plus fort encore », a-t-il assuré.