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La revanche sera très excitante
Mardi 20 octobre 2009
Jean Pascal et Adrian Diaconu. (Photo PC)
C’est vrai, Jean Pascal disputera son cinquième combat de l’année, son quatrième en championnat du monde, le 11 décembre face à Adrian Diaconu, mais il est un boxeur professionnel affamé et déterminé.
Le scénario aurait été différent si Jean était ennuyé par une petite blessure, mais il est sorti indemne de ses deux derniers combats face à Diaconu et Silvio Branco. De plus, il avait le goût de se battre et de faire ce combat revanche. Jean a profité d’un repos très semblable de trois mois entre ses deux derniers combats et il tenait à régler ce dossier avant les fêtes.
Chaque victoire en combat de championnat du monde t’amène plus de confiance et de ressource et c’est crucial pour un boxeur d’apprendre de tous ses combats afin de raffiner ton art. En tant que boxeur, tu sais ce qui a bien été dans ta dernière préparation et ce que tu dois améliorer. À ce sujet, l’équipe de Jean a fait un excellent bilan du combat contre Adrian, un boxeur que nous respectons beaucoup. On sait qu’il sera préparé comme jamais car il se retrouve acculé au pied du mur maintenant. Voilà pourquoi il faut s’assurer que Jean soit supérieur dans toutes les facettes comme c’était le cas lors du premier affrontement.
Je dois dire que j’ai beaucoup d’admiration pour Jean. Il n’est pas tombé dans le piège de plusieurs boxeurs qui s’assoient sur leurs lauriers après avoir remporté un championnat du monde. En fait, ce fut tout le contraire avec Jean qui n’est pas devenu plus difficile à diriger. Il est un combattant dans l’âme, un vrai guerrier qui aime se battre et tout ce qui entoure les combats de boxe puisque sa vie est basée autour de ce sport.
Évidemment, c’est impossible de disputer cinq combats en une année si tu pars sur une balloune pendant un mois après un affrontement. Tu dois absolument être discipliné, déterminé et affamé comme lui.
Au tour des autres boxeurs de nous imiter
Je me souviens que Jean avait essuyé quelques critiques dans le cadre de son premier rendez-vous avec Adrian parce qu’il avait décidé de quitter à l’extérieur du Québec pour se préparer en retraite fermée. On lui demandait pourquoi il devait s’expatrier pour faire son camp d’entraînement alors que Lucian Bute et Adrian n’avaient pas eu ce besoin pour devenir champions. Et bien, la plupart des autres boxeurs décident maintenant d’opter pour cette option.
Le clan de Jean avait prévu un tel contexte et on se demandait ce qu’on pouvait faire pour aller encore plus loin dans la préparation. Nous sommes arrivés à la conclusion de se préparer en haute altitude avec une retraite en Colombie et aux Etats-Unis ce qui permettra d’optimiser les capacités de Jean à tous les niveaux.
Jean doit être mieux préparé au niveau de l’endurance et la résistance pour répliquer à chacune des charges de Diaconu. Le boxeur d’InterBox n’a pas 50 façons de l’emporter, il ne peut pas rester à distance et jouer de finesse. Il doit plutôt appliquer beaucoup de pression en étant dangereux à tous les moments et jusqu’à la fin.
Un affrontement autant spectaculaire
Comme vous le savez, le premier chapitre Pascal/Diaconu a produit l’un des affrontements les plus spectaculaires et je m’attends à un spectacle semblable pour la revanche puisque les émotions seront intenses et la tension sera à couper au couteau.
Lorsque deux boxeurs provenant du même endroit s’affrontent, l’enjeu dépasse le titre de champion du monde car la fierté et l’orgueil sont au cœur de l’équation.
Je sais que Jean ne peut pas s’imaginer marcher dans les rues du Québec après avoir perdu contre Diaconu qui a vécu ce pénible sentiment et qui rêve de se venger.
Les deux pugilistes étaient convaincus qu’ils allaient remporter le premier duel et Adrian considère que la ceinture de Jean lui revient. Il pense aussi, probablement à juste titre, qu’il pourra corriger les erreurs commises en juin.
La victoire de Jean en juin dernier contre Adrian a été la plus significative pour notre organisation depuis sa création et l’enjeu sera encore énorme.
Notre conseiller Pedro Diaz a préparé une stratégie intéressante pour motiver Jean au maximum. Après la conférence de presse de mardi, il a dit à Jean : «Tu t’en vas en Colombie jeudi alors tu laisses ta ceinture ici car elle ne t’appartient plus. Tu redeviens un aspirant et tu la reprendras après avoir gagné ton combat contre Diaconu.»
À l’origine, le combat revanche Pascal/Diaconu devait avoir lieu lors des premiers mois de 2010. Toutefois, le combat de Lucian Bute à Québec a été repoussé du mois de septembre à novembre. Nous avons donc décidé d’opposer Silvio Branco à Jean dès septembre et nous avions maintenant la possibilité d’organiser la revanche avant la fin de 2009. Une semaine après son combat face à Branco, Jean était en parfaite santé et il nous a donné le feu vert en disant que c’est ce qu’il voulait faire.
Par contre, il devrait disputer trois combats par année dans le futur.
Le tournoi Super-Six
Le très attendu tournoi Super-Six des poids super moyens s’est mis en branle au cours de la fin de semaine. D’abord, je dois dire que j’adore ce concept qui procure de superbes possibilités. Un combat entre Andre Dirrell et Carl Froch aurait été impensable sans cette formule qui assure un minimum de trois combats et dans lequel une défaite n’est pas catastrophique.
Les organisateurs ont réussi à opposer six des sept meilleurs boxeurs de la division si bien que le grand gagnant sera très méritant.
Arthur Abraham a démontré énormément de vitalité face à Jermain Taylor. Abraham est probablement le boxeur le mieux entraîné du groupe grâce à son entraîneur Ulli Wegner, un génie de l’entraînement. Taylor est plus habile et plus rapide, mais son adversaire était mieux entraîné et mieux préparé.
En fait, j’ai bien l’impression que le tournoi de Taylor s’arrêtera à une seule présence. Je ne vois pas comment on pourrait logiquement lui demander de poursuivre. Je ne dis pas qu’il est un boxeur fini, il doit plutôt se refaire une confiance et une forme avant de boxer à ce niveau.
En ce qui concerne Dirrell, il est probablement le participant qui a le plus gagné jusqu’à maintenant même s’il a perdu face à Froch. D’ailleurs, je l’avais identifié dès le départ comme la carte cachée de la compétition. Tous les facteurs extérieurs pesaient contre lui : il ne possède pas beaucoup d’expérience, il boxait sur le territoire de Froch, il devait affronter le décalage horaire… Il représente le genre de boxeur qui pourrait bénéficier de cette expérience.
Dans le cas de Froch, il a montré beaucoup de détermination, mais des limites également. C’est presque surprenant qu’il soit encore invaincu après des combats face à Pascal, Taylor et Dirrell. Il doit tout cela ça à une détermination impressionnante. Cependant, je ne suis pas convaincu que cette détermination pourra l’amener jusqu’au bout du tournoi.
Mikkel Kessler doit être considéré comme le favori en raison de ce qu’il a accompli dans le passé et j’ai hâte de le voir en action contre Andre Ward. Ce dernier, un médaillé d’or olympique américain, a été énormément favorisé puisqu’il est le seul boxeur qui disputera tous ses combats préliminaires dans son pays. Après Kessler, il se mesurera à Taylor et Dirrell.
Le scénario est totalement différent pour Froch qui doit maintenant affronter Kessler et Abraham.
En somme, peu importe l’angle dont vous regardez la situation, ce tournoi peut seulement être bénéfique pour la boxe. Cette compétition créera de l’intérêt et le gagnant sera une méga star.
Bien sûr, je suis déçu qu’aucun boxeur québécois ne soit de la partie. Jean aurait adoré être impliqué dans un tel tournoi et je suis convaincu que Lucian aurait été intéressé si on lui avait fait une place.
Toutefois, je comprends la décision des dirigeants qui ont opté pour trois Américains et trois Européens. Ces trois boxeurs d’Europe amènent les gros marchés de l’Angleterre, de l’Allemagne et du Danemark. Il s’agit d’un enjeu économique et non d’un désaveu envers Bute.