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Pierre Houde

Mario Tremblay

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Bertrand Raymond

Gaston Therrien

Mario Tremblay

sondage

C'est le but!!!

Vendredi 14 octobre 2005

Samedi, 8 octobre 2005. Le ciel gris, les gros nuages et le froid qui transperce mon veston n’arrivent pas à effacer le sourire sur mon visage. Je suis à Toronto pour travailler sur le match du Canadien contre les Maple Leafs. Nous sommes samedi après-midi. Je marche en direction du Centre Air Canada en compagnie de Pierre Houde et Yvon Pednault. Pierre et moi devons nous arrêter à chaque coin de rue, le temps pour Yvon de signer quelques autographes. Mon collègue analyste est membre du Temple de la Renommée du Hockey et à Toronto qui entre dans ce Temple sacré mérite le plus grand respect. Avec raison d'ailleurs.

Pierre et moi taquinons Yvon gentiment et ça pour effet de chasser quelque peu ma nervosité. Dans quelques heures, je réaliserai un rêve de petite fille, soit de travailler sur les matches du Canadien. Un samedi en plus. Le soir consacré à la Soirée du Hockey. Il y a 30 ans, j'enviais Lionel Duval qui devait interviewer les joueurs lors des matches des Glorieux. Je regardais les matches du tricolore sur un petit téléviseur dans la chambre de mes parents qui eux, regardaient leur cinéma au sous-sol. A chaque fois que le Canadien marquait, surtout quand l'auteur du but était Guy Lafleur, j'y allais d'un cri retentissant qui faisait rager ma soeur qui tentait d'étudier dans l'autre pièce et soupirer mes parents. "Ça va passer" qu'ils disaient à propos de ma passion pour le sport. Heureusement, ce ne fut jamais le cas. 30 ans plus tard, me voici à Toronto, entrant dans l'amphithéâtre des Leafs pour faire un travail auquel j'ai rêvé tant d'années.

Il n'est que 16h00 et il y a de l'action autour du Centre Air Canada. A l'entrée, on nous demande nos cartes d'identités de la LNH. Un jeune employé un peu zélé demande à Jacques Demers pour qui il travaille!!!On lui dit avec une pointe d'arrogance que le "coach" est un gagnant de la Coupe Stanley et qu'il n'a pas nécessairement besoin de sa carte de la LNH!!! Il laisse finalement passer Jacques qui trouve ça bien amusant...

Nous descendons vers la patinoire. Dans le corridor menant aux vestiaires des deux équipes, il y a plusieurs techniciens qui s'affairent aux derniers préparatifs pour la télédiffusion du match. Des fils au sol, des caméras, des trépieds sont installés. Des joueurs des Leafs sortent du vestiaire, la combinaison bleue déjà sur le dos. Pierre Gervais du Canadien est en discussion avec un journaliste tandis que les autres employés du tricolore s'assurent que tout est en place pour le match. Le directeur des relations médias du Canadien Dominic Saillant marche d'un pas pressé vers les gens de la CBC pour avoir la confirmation de l'identité des joueurs qu'ils veulent interviewer avant de venir me voir pour la même raison. Pour la première entrevue, je demande Francis Bouillon. Le défenseur portera un micro d’ailleurs pour toute la durée du match. Pour les autres joueurs, tout dépendra de la partie.

Après un léger souper, et une apparition à Sports 30 sur la passerelle, je me rends donc derrière le banc du tricolore pour la période d'échauffement pour mon entrevue avec Francis Bouillon. L'amphithéâtre est rempli de partisans aux chandails bleus et blancs. Mon coeur bat la chamade. C'est impressionnant vu d'ici. Les Leafs sautent sur la glace sous un tonnerre d'applaudissement. J’entends à travers mon petit appareil placé dans mon oreille gauche, (appelé en langage de télévision un télex) l'ouverture musicale du Hockey du Samedi Soir. Stéphane Faucher, le réalisateur, nous donne le décompte "Dans 10-9-8-7-6-..." Francis arrive juste à temps. Je lève le pouce en l'air pour signifier à Stéphane que mon invité est là. Nous sommes prêts. J'ai fait des milliers d'entrevue au cours de ma carrière et je ne suis jamais nerveuse. Cette fois c'est différent. C'est le hockey du Samedi Soir. Je prends une grande respiration alors qu'on me décompte les secondes dans mon télex. "Cue" me dit Stéphane très fort mais pourtant je l’entends à peine car les haut-parleurs crachent la musique aux quatre coins de l'aréna.

L'entrevue s'est bien déroulée. Celles avec Mark Streit, Claude Julien et Mike Ribeiro aussi. A la fin du match, je peux enfin relaxer. Je regarde toutefois autour de moi et pour les employés du Canadien, c'est la course folle. Pendant qu'on ouvre les portes du vestiaire aux journalistes, on range l'équipement. Pas de temps à perdre, l’avion décolle bientôt. A peine 40 minutes plus tard, nous voici, Pierre, Yvon et moi, à bord de l'autobus des médias en direction de l'aéroport. Nous arrivons directement sur la piste. Nous montons à bord. Pas de billet à sortir, pas de long corridor d'aéroport à emprunter en traînant la valise. Rien de ça. A bord, le personnel nous accueille avec le sourire.

A l'intérieur, c'est le grand luxe. 60 sièges classe affaire bien distancés. On est loin des rangées de sardines qu'on retrouve à bord des vols commerciaux. Les joueurs occupent l'arrière de l'avion, les entraîneurs le milieu et les journalistes l'avant. Étrangement, c'est le calme plat. Je m'attendais à un peu plus de bruit, surtout que l'équipe vient d'inscrire une 3e victoire de suite. C'est sans doute la fatigue. L'avion décolle et je regarde à travers le hublot la marée de lumières que forme la ville de Toronto. Je suis fatiguée mais heureuse.

Nous avons tous des buts dans la vie. Certains se réalisent, d'autres pas. J'ai la chance de voir le mien se réaliser. De la chance mais aussi beaucoup de travail. A tous les jeunes qui se font dire qu’ils n’ont pas de talent, que tout est impossible, que ça sera trop difficile ou dans mon cas, qu’une femme ne peut percer dans ce métier, je leur dit : "Ne lâchez surtout pas. Croyez à votre étoile. Mettez-y les efforts et vous verrez, vous aussi, vous serez en mesure d’atteindre votre but."
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