
Cessons de pleurnicher et voyons l'aspect positif de la blessure à Andrei Markov.
Si Jacques Martin ne sait toujours pas quel joueur est son leader, je crois que les prochains mois, en l'absence de Markov, devraient lui permettre de le découvrir. Cette malencontreuse blessure au meilleur joueur du Canadien permettra de voir comment les joueurs vont réagir dans l'adversité.
Dans toutes mauvaises choses qui se produisent, il y a toujours des points positifs. Cette fois, on va faire connaissance avec les vrais meneurs chez le Canadien comme c'est arrivé chez les Penguins de Pittsburgh l'an dernier en l'absence de Sergei Gonchar et de Ryan Whitney.
Sidney Crosby et Evgeni Malkin avaient pris la relève et ils s'étaient imposés comme des leaders. Les blessures à leurs deux arrières avaient permis aux Penguins de découvrir le jeune Alex Goligoski, qui a fait le travail en l'absence de Gonchar et Whitney. Quand ces derniers sont revenus au jeu, Goligoski est retourné dans la Ligue américaine sans faire de bruit et cette année, il est de retour.
Kristopher Letang avait aussi profité des blessures pour prendre du galon. Les blessures permettent toujours de découvrir d'autres joueurs. À Montréal, je crois qu'un joueur tel Josh Gorges pourrait émerger, lui qui risque de jouer un rôle plus important qu'il le pensait.
Jacques Martin va donner des missions à certains de ses hommes et il va vite identifier ceux qui combleront l'espace laissé vacant par Markov.
Cette malheureuse blessure arrive peut-être à un bon moment. Je pense que ça va aider plus que ça va nuire. D'un autre côté, il n'y aura plus de point d'interrogation au sujet de Ryan O'Byrne, qui a connu un excellent camp d'entraînement. Je pense que la blessure à Markov fait d'O'Byrne un membre régulier de la brigade défensive du Canadien. Si Roman Hamrlik avait été en mesure de jouer jeudi, O'Byrne aurait été laissé de côté à Toronto.
Il faut donc voir le positif de la situation. C'est l'occasion en or de voir ce que les jeunes peuvent faire. Un gars comme Yannick Webber pourrait démontrer s'il est capable de faire le travail. Si Bob Gainey cherche une solution immédiate, on pourrait se tourner du côté de vétérans comme Mathieu Dandenault, un droitier, et même un Francis Bouillon de ce monde. Mais de mon côté, j'aimerais mieux voir le Canadien faire une place à un jeune de l'organisation comme ça été le cas pour Goligoski à Pittsburgh. Que ce soit Weber ou P.K. Subban, je préférerais voir un jeune de Hamilton graduer à Montréal. Mon choix à moi, ce serait Subban.
*propos recueillis par Robert Latendresse