Jaroslav Halak (Photo Getty)

Je ne suis pas d'accord avec la décision de Jacques Martin de revenir avec Jaroslav Halak dans une quatrième partie de suite parce qu'on avait identifié Carey Price comme le numéro un.
Je n'ai rien contre Halak mais il n'a pas été un facteur dominant dans les récentes victoires du Tricolore. Je me disais qu'après trois victoires, on pouvait ramener Price contre les Islanders et voir ce qu'il pouvait donner. En envoyant Halak dans la mêlée lundi, je me demande comment on pourra revenir avec Price si le Canadien gagne. Ça voudra dire qu'il faudra continuer avec Halak. La morale de l'histoire, c'est qu'il n'y a pas de numéro un et que l'entraîneur y va avec celui qui fait gagner le club.
À mes yeux, la place du numéro un est devant le filet et celle du numéro deux est de reprendre sa place sur le bout du banc quand l'équipe a retrouvé son élan et sa confiance. Je ne veux surtout pas dire que Halak ne mérite pas de jouer, je dis simplement que compte tenu qu'il a été identifié comme numéro un, Price devrait être de retour.
De l'extérieur, il y a des choses qu'on ne connaît pas. Est-ce que Price travaille suffisamment durant les entraînements? Est-ce que Price démontre assez d'intérêt? Ce sont des points d'interrogation auxquels Jacques Martin est le seul à pouvoir répondre.
Jacques Martin a été engagé pour gagner. Son équipe a retrouvé sa confiance, l'offensive est spectaculaire et je pense que le sujet des gardiens devient secondaire pour lui.
Price sait qu'il devra d'être dominant quand il reprendra sa place. Pour y arriver, peut-être doit-il changer ses habitudes de travail, démontrer qu'il veut s'améliorer, travailler très fort et démontrer beaucoup de caractère. Price a déjà montré du talent, il doit maintenant démontrer de la confiance.
Il y a peut-être aussi une question d'immaturité dans le cas de Price et pas uniquement d'expérience. Dans le moment, le Canadien a gagné avec Halak. Price a le talent, mais dans la LNH, le talent ne fait pas foi de tout, il faut aussi du travail.
Martin est un nouvel entraîneur à Montréal et il ne doit rien à personne. Depuis le début de la saison, il récompense ceux qui travaillent très fort. Guillaume Latendresse est le dernier exemple en lice. Il a été promu sur le deuxième trio parce qu'il le mérite et qu'il a travaillé très fort. Maintenant, Guillaume devra faire en sorte de garder cette place en travaillant très fort à nouveau. Jacques Martin a démontré beaucoup d'honnêteté depuis le début de son arrivée à Montréal.
Les tirs au butJacques Martin a demandé à ses attaquants de s'impliquer en défensive, comme résultat qu'il y a moins de tirs accordés à l'adversaire. L'entraîneur leur dit de revenir profondément dans la zone, ce qui permet aux attaquants de prendre leur vitesse pour attaquer. Martin laisse ses joueurs être créatifs en attaque mais en échange, il exige une plus grande implication en défensive. D'ailleurs, on a souvent vu les cinq joueurs du Canadien dans leur territoire dans les derniers matchs. Le premier but de Mike Cammalleri samedi a pris naissance dans le territoire défensif. Les arrières commencent aussi à prendre plus d'assurance, il suffit de regarder Josh Gorges pour s'en convaincre. C'est un travail des cinq joueurs qui permet au Tricolore de limiter les tirs au but. Andrei Markov manque évidemment au Canadien mais son absence est compensée par le travail collectif.
D'autres part, les vétérans défenseurs Hall Gill et Paul Mara semblent être sortis de leur rôle en l'absence du 79. Ils sont passés de sixième et cinquième défenseurs à cinquième et quatrième. Mara joue de mieux en mieux alors que Gill provoque moins de revirements contre son équipe. Ces deux défenseurs sont là pour leur robustesse. Gill sait que son utilité repose sur les mises en échec et pour protéger le devant du filet. Tant que les deux hommes vont se limiter à leur rôle, Jacques Martin va être satisfait.
*propos recueillis par Robert Latendresse