BROSSARD - Jacques Martin ne désespère pas de voir Andrei Kostitsyn se mettre en marche cette saison. Mais la patience de l'entraîneur du Canadien arrive peut-être à sa limite. Martin adopte en tout cas une ligne plus dure, après lui avoir fourni plusieurs occasions de s'illustrer.

Martin a relégué l'énigmatique Bélarusse, qui n'a qu'un but à sa fiche en 14 matchs, au sein du quatrième trio face aux Maple Leafs de Toronto, samedi. Kostitsyn devrait évoluer de nouveau en compagnie de Kyle Chipchura et de Gregory Stewart, mardi, à l'occasion de la seconde visite en l'espace de quelques semaines des Thrashers d'Atlanta.

"Plus grande intensité, meilleur effort et habitudes de travail à changer", tout tourne autour de cela quand Martin parle de Kostitsyn - des Kostitsyn, en fait, puisqu'il tient le même discours dans le cas de Sergei, actuellement dans les rangs mineurs à Hamilton.

"C'est normal qu'il soit mécontent, a-t-il souligné, lundi, à l'issue de la séance d'entraînement de l'équipe au complexe sportif Bell. Andrei est talentueux. On essaie de soutirer le meilleur de lui-même. On veut le voir afficher plus d'intensité et prendre de meilleures décisions en possession de la rondelle.

"Tout cela pas nécessairement en souhaitant obtenir une meilleure contribution à l'attaque de sa part, mais plus d'effort sur une base régulière."

Kostitsyn, qui écoule la deuxième année d'un contrat lui rapportant 3,25 millions $ US annuellement, n'était pas à prendre avec des pincettes, lundi.

"Je joue sept minutes par match. La saison dernière, j'en jouais 17", a-t-il maugréé.

À cela, Martin a répondu que l'aîné des frangins, auteur de saisons de 26 et de 23 buts, ces dernières années, n'a eu que sept minutes de temps de jeu que dans une rencontre cette saison, la dernière.

"Jusqu'à ce match, il jouait sur une base régulière dans un des deux premiers trios de l'équipe ainsi qu'en supériorité numérique", a-t-il fait remarquer.

Après vérifications, le temps moyen d'utilisation cette saison de l'ailier gauche âgé de 24 ans est de 14 minutes par match.

On lui a mentionné qu'il devrait peut-être lancer davantage vers le filet adverse, lui qui ne compte que 25 tirs au total. Il a sèchement répondu qu'il ne commencera tout de même pas à lancer en provenance du centre de la patinoire.

Kostitsyn aurait-il de la difficulté à bien assimiler les stratégies que le nouvel entraîneur tente d'inculquer au groupe? La question a été posée à Martin, qui a d'ailleurs dû élever de nouveau la voix à l'entraînement, lundi.

"Le système est différent de celui de la saison dernière au chapitre des sorties de zone, en se sens que je demande aux attaquants de revenir plus profondément en territoire défensif, a-t-il expliqué. Nous voulons aussi exercer un plus grand contrôle de la rondelle, en déployant un échec-avant plus soutenu."

Le frère d'Andrei, Sergei, avait également des problèmes à mettre en pratique les directives de l'entraîneur, avant qu'on décide de le rétrograder chez les Bulldogs de Hamilton.

La chance de Guillaume

Le malheur de Kostitsyn fait le bonheur de Guillaume Latendresse, qui a monté en grade dans la hiérarchie des attaquants. Latendresse a remplacé Kostitsyn dans l'unité de Tomas Plekanec, samedi, profitant de l'occasion pour réussir son deuxième but de la saison.

"C'est la chance que j'attendais depuis quatre ans, a-t-il lancé. La véritable occasion, c'est en supériorité numérique que je l'obtiens, aux côtés de Scott Gomez et de Brian Gionta. Je veux assurer une présence physique devant le filet afin de prouver à l'entraîneur que je peux m'acquitter de la tâche. Si un défenseur doit me surveiller étroitement devant le filet, ça va créer plus d'espace pour Scott et Brian."

Latendresse souhaiterait apporter une meilleure contribution à l'attaque. Au moins, il s'encourage en se disant que ce n'est pas par manque d'effort si ça ne débloque pas pour lui.

"J'ai eu des chances de marquer en masse dernièrement, a-t-il soulevé. Ce n'est pas que je sois nerveux ou que je tienne mon bâton trop serré. Mon problème cette saison, c'est que je rate trop souvent le filet. J'essaie d'améliorer cet aspect du jeu à l'entraînement. Le défi est de trouver des lignes de tir. C'est très difficile parce que les équipes mettent l'accent à bloquer des tirs. Je dirais qu'il y a 40 pour cent des lancers qui ne se rendent pas aux filets."

...

Le CH en bref

Jacques Martin ne tolère aucun relâchement à l'entraînement. L'entraîneur veut voir les joueurs préconiser de bonnes habitudes de travail. A quelques reprises lundi, il a interrompu les exercices parce qu'on ne les effectuait pas à son goût. Le vétéran joueur de centre Glen Metropolit a eu droit à des réprimandes.

"Avec lui, on le sait quand on fait quelque chose de pas correct, a affirmé Guillaume Latendresse. On doit continuellement pousser au maximum. Il connaît son affaire et il veut modifier la mentalité. Ce n'est pas évident à faire, mais les gars réagissent positivement face à son message. Ce n'est pas tout le monde qui peut faire ça. Tu dois avoir une belle approche."

(...)

Le Tricolore a signé cinq de ses sept victoires au Centre Bell, mais Jacques Martin note peu de différences entre le style de jeu que l'équipe préconise à l'étranger ou à domicile.

"À l'exception de deux matchs où on a été déclassé à Vancouver et à Pittsburgh, il y a très peu de différences, a-t-il relevé. Nous aurions pu l'emporter à Calgary, à Edmonton et à Chicago."

L'attaquant Glen Metropolit, lui, a dit trouver que le Canadien fait moins dans la dentelle au Centre Bell, que sur les patinoires adverses.

"On doit simplifier notre jeu à l'étranger, apprendre à disputer de solides matchs sur la route."

(...)

Le rendement de huit points en autant de matchs de Glen Metropolit constitue une agréable surprise chez le Canadien.

"Glen n'excède pas les attentes qu'on avait à son endroit, a commenté Jacques Martin. Il est un joueur polyvalent, qui peut être un septième attaquant ou un 13e dans une équipe. Il a développé une bonne cohésion avec Travis Moen et Max Pacioretty. Ce trio évolue ensemble depuis plus de temps que plusieurs autres.

"La raison pour laquelle il se démarque davantage, c'est parce qu'il obtient du temps de jeu en supériorité numérique, a souligné l'entraîneur. C'est le cas parce qu'il y a des joueurs qui ne livrent pas la marchandise en supériorité."

Pince-sans-rire, Metropolit, qui a connu sa saison la plus productive dans l'uniforme des Bruins de Boston en 2007-08 (33 points), a lancé à la blague qu'il souhaite se faire remarquer par les dirigeants de l'équipe canadienne en cette "année olympique".

(...)

Le Canadien n'avait rien de nouveau à communiquer au sujet de l'état de santé de Matt D'Agostini et de Georges Laraque. D'Agostini, qui a été mis K.-O. par Andrew Ladd des Blackhawks de Chicago vendredi dernier, devait subir d'autres tests. Laraque serait incommodé par des maux de dos, qui n'auraient rien à voir avec les problèmes qu'il a eus la saison dernière.

(...)

Les Thrashers d'Atlanta sont à Montréal depuis samedi. Ils sont rentrés en ville à la suite de leur victoire de 3-1 acquise à Ottawa, contre les Sénateurs. Le jeune gardien Ondrej Pavelec a été époustouflant en réalisant 50 arrêts.

Les Thrashers (5-4-1) ont besoin de performances étincelantes de leur gardien en l'absence de leur as marqueur, Ilya Kovalchuk, qui est à l'écart du jeu en raison d'une blessure à un pied.

Les Thrashers en sont déjà à leur deuxième visite de la saison. Ils se sont inclinés 2-1 en fusillade, le 20 octobre.

C'était le premier gain à domicile du CH d'une série active de cinq.