Tomas Plekanec (Photo Getty)

Bob Gainey doit revoir sa politique de ne pas discuter contrat pendant une campagne et amorcer les négociations avec Tomas Plekanec, qui sera joueur autonome sans compensation à la fin de l'actuelle saison.
Il y a des moments où il faut changer sa façon de penser. Le Canadien a perdu plusieurs joueurs qu'il avait repêchés par le passé. Si vous regardez les équipes gagnantes de la coupe Stanley ces dernières années, vous constaterez que chacune d'entre elles alignait plusieurs joueurs issus de son organisation.
Tu ne peux plus te permettre de courir le risque de perdre des joueurs que tu as repêché. Si tu as un athlète que ton organisation a sélectionné, tu dois faire en sorte de protéger ton équipe en le gardant.
Steve Yzerman : un exemple Quand je regarde l'ensemble de ma carrière, je dois avouer que Steve Yzerman a été important pour moi. Quand je suis arrivé à Detroit, les Red Wings étaient la pire formation de la LNH. Je l'ai nommé capitaine à l'âge de 20 ans et il est devenu le joueur que tout le monde attendait. Je ne suis pas le responsable de ce qu'il est devenu. Il a fait en sorte de devenir lui même un grand joueur de hockey mais je peux dire qu'on s'est très bien entendu pendant mes quatre années à Detroit.
C'est toujours plaisant comme ancien entraîneur de voir l'un de ses anciens joueurs gagner une coupe Stanley et ultimement être intronisé au Temple de la renommée. J'éprouve de la satisfaction et de la joie d'avoir eu le privilège d'être son entraîneur.
Steve est une grande source de fierté pour moi. Je dois dire que je ne suis pas surpris du joueur qu'il est devenu car il est quelqu'un d'extrêmement professionnel. Il se présentait à chacun des matchs dans le but de devenir un meilleur joueur et de faire de son club une formation supérieure.
Il n'était pas le plus gros mais il était transporté par la passion. Il avait aussi une éthique de travail extraordinaire à l'extérieur de la patinoire. Il était exemplaire et il a amplement mérité ce qui lui arrive. Je pense que Steve peut servir d'exemple à la jeunesse. Il a mené une vie droite et il a toujours fait attention à son corps ainsi qu'à sa santé pour être un meilleur athlète.
Aujourd'hui, il est à la tête de l'équipe olympique du Canada mais un jour, il sera directeur général dans la LNH. Ce n'est qu'une question de temps. Qui sait, il pourrait un jour remplacer Ken Holland chez les Red Wings au moment de sa retraite. Sinon, il pourrait avoir des offres ailleurs. C'est un homme qui a la tête froide et compose très bien avec la pression.
Vont-ils retrouver la tête?Il est à peu près temps que les directeurs généraux se penchent sur le dossier des coups portés à la tête. On dirait qu'il n'y a jamais eu autant de blessures à la tête que cette année. On sait que le hockey est un sport violent mais il faut trouver le moyen de protéger les athlètes.
Les joueurs modernes sont meilleurs que jamais et plus rapides. Ils doivent être protégés d'autant plus que depuis quelques années, on tend à éliminer l'obstruction. Si c'était moi qui présentais un nouveau règlement, je dirais simplement que tous les coups portés à la tête sont interdits. Que soit avec l'épaule ou avec le coude, ce serait interdit. Il faut des pénalités, des suspensions et des amendes pour faire réfléchir les joueurs. Les gars savent exactement ce qu'ils font et il faut réglementer.
J'aime beaucoup la NFL et ce circuit prend les moyens nécessaires pour protéger de plus en plus les quarts arrières. Il faut emboîter le pas au hockey. Quand je vois Mike Richards des Flyers de Philadelphie frapper, je me dis qu'il est le produit de ce que veut la LNH, qui permet ce type de mise en échec.
Je prône la création d'un comité composé de directeurs généraux, entraîneurs, arbitres et joueurs anciens et actuels qui apporteraient des solutions pour éradiquer la situation. Je pense qu'il est possible d'éliminer les blessures à la tête. Il faut punir le joueur en infraction car on ne souhaite pas que ça arrive. J'ai peur qu'un joueur y laisse sa peau un jour si rien n'est fait mais il faut agir avant que ça arrive.
Jean-Sébastien Giguère C'est difficile d'être second violon quand tu as connu une carrière comme celle de Jean-Sébastien Giguère. Il s'est élevé comme l'un des meilleurs portiers de la LNH, remportant la coupe Stanley et le trophée Conn Smythe. Ce n'est pas facile de passer le flambeau quand tu as du caractère et encore la passion comme lui. Il n'accepte pas les demi-mesures et il se sent trop jeune pour être un gardien numéro deux. Il estime qu'il peut encore jouer un rôle important et aider une équipe à gagner.
Je pense que sa déclaration à l'effet qu'il prendrait sa retraite plutôt qu'être numéro deux était motivée par la frustration. Il ne veut pas abandonner et il croit en ses moyens. Il y a parfois des athlètes qui font des déclarations pour le plaisir de la faire mais lui, il l'a fait par passion. Il est loin d'être un gardien fini et je pense qu'il peut encore agir comme numéro un à Anaheim ou ailleurs. Ses relations avec son entraîneur semblent tendues et parfois, un changement d'air peut être bénéfique pour un athlète. D'autres athlètes avant lui ont connu des grandes carrières avec de nouvelles équipes.
De façon générale, ça prend beaucoup d'humilité pour passer de gardien numéro un à numéro deux. Beaucoup d'athlètes ne l'acceptent pas. Dans sa tête et dans son coeur, le sportif croit qu'il peut être encore très utile. Quand ça coule dans nos veines, c'est difficile à l'accepter mais je suis convaincu que Giguère a encore du bon hockey dans lui.
*propos recueillis par Robert Latendresse