Attendons avant de juger la transaction impliquant Guillaume Latendresse, dit Gaston Therrien.

Comme tout le monde, j’ai quand même été surpris lorsqu’on m’a appris que Guillaume Latendresse avait été échangé au Wild du Minnesota.
C’est vrai que Latendresse montre des statistiques très modestes depuis le début de la saison, mais l’utilisation qu’on en faisait n’en justifiait pas de meilleures. Bref, je suis de ceux qui croient qu’il n’a pas eu la chance de réellement se faire valoir et je pense qu’on aurait dû être plus patient avec lui. Combien de fois a-t-on vu Guillaume sur l’un des deux premiers trios ou sur l’avantage numérique cette saison? Moins souvent qu’Andrei Kostitsyn, en tout cas...
Il faut toutefois se dire que ça fait partie du jeu. Il arrive parfois qu’il n’y ait tout simplement pas d’affinités entre un joueur et son entraîneur et c’est tout à fait normal. Ça, ça ne m’embête pas du tout. Jacques Martin a pris une décision et il faut la respecter. Avant de critiquer, attendons de voir les résultats.
Personnellement, je ne crois pas que Benoit Pouliot représente le joueur idéal pour le Canadien. C’est un grand gars de 6 pieds 3 pouces qui faisait rêver les dépisteurs au niveau junior, mais lui aussi a été décevant depuis ses débuts dans la LNH. Il aura probablement toutes les occasions du monde de donner raison à ses nouveaux patrons et ce sera à lui à prendre sa place. Donnons-lui du temps.
Et attention dans le cas de Latendresse : il n’a que 22 ans et il ne faudrait pas vivre dans le regret si jamais il s’épanouit au Minnesota.
Une roue qui tourne
Guillaume a démontré qu’il avait plusieurs qualités lors de son séjour chez le Canadien. Il a prouvé qu’il avait des talents de marqueur, il se positionne bien et est capable d’aller devant le filet. Son gros problème, c’est qu’il ne se sert pas de ses atouts de façon constante.
Vous savez, c’est une grosse roue qui tourne. À partir du moment où l’entraîneur ne voit plus les qualités d’un joueur, le temps de glace commence à diminuer. Et ce n’est pas en passant cinq minutes sur la patinoire, comme ce fut le cas de Guillaume contre les Red Wings, qu’un joueur peut reprendre confiance et se faire justice.
Guillaume doit donc améliorer sa constance et son implication physique, mais il demeure un marqueur. Si on le fait jouer avec les bons joueurs et qu’on est patient avec lui, je crois toujours qu’il pourra marquer entre 20 et 25 buts sur une base régulière dans la Ligue nationale.
*Propos recueillis par Nicolas Landry.