Jaroslav Halak (Photo Getty)

Le Canadien doit une fière chandelle à deux personnes en particulier pour cette victoire de 3-2 en prolongation contre les Capitals, jeudi.
D'abord au gardien Jaroslav Halak, qui a contenu la tempête de la première période, et à l'entraîneur Jacques Martin, qui a su faire les bons ajustements dans les deux dernières périodes du match.
On a pu voir que le Canadien était très nerveux en première période contre l'équipe qui a remporté la coupe du Président. Il a fallu un Halak en pleine possession de tous ses moyens pour sauver les meubles lors d'un début de rencontre où on a senti l'équipe plus défensive.
Martin est un entraîneur d'expérience qui a sûrement parlé à ses hommes de leur façon de jouer après le premier vingt. On sentait que l'équipe jouait alors sur les talons. En fait, on aurait dit que le Tricolore jouait en désavantage numérique permament, tellement les Capitals contrôlaient la rondelle.
Les Capitals ont amorcé le match avec beaucoup de force assénant de très bonnes mises en échec. Ils ont cherché à ébranler le Canadien et à le mettre hors du match dès la période initiale mais Washington s'est buté à Hallak.
Les Capitals ont découvert Halak jeudi. Pour un gardien sans expérience des séries, j'ai découvert un athlète calme qui faisait les arrêts nécessaires. Le Slovaque n'a pas bronché au cours d'une première période où son club a été dominé à tous les niveaux. C'est excellent pour la confiance.
La défensive du Canadien a été bonne jeudi. Jaroslav Spacek a réalisé un jeu extraordinaire contre Nicklas Backstrom. L'expérience de la brigade défensive montréalaise a été très nette dans ce premier match. Marc-André Bergeron, qui a connu un mauvais début de match en écopant d'une pénalité, s'est bien repris par la suite. Il a démontré beaucoup de courage et il a joué plus de 37 minutes.
Attention Ovechkin C'est vrai qu'Alex Ovechkin a été plutôt discret lors de cette première rencontre mais il faut dire que le Canadien a bien su le contrer aussi. Officiellement, il n'a pas tiré une seule fois au filet mais je pense qu'il a vu cinq de ses tirs bloqués. On l'a peut-être moins vu jeudi. Il cache peut-être une blessure. Je ne le sais pas. Personne ne va nous le dire, surtout en séries.
Ovechkin a eu une contre-performance mais il faut aussi donner crédit au Canadien, qui a accompli un travail incroyable. Puis, on parle du numéro huit mais Alexander Semin n'a pas bien joué également.
Plutôt que de dire que ces deux joueurs ont connu des mauvais matchs, j'aimerais plutôt dire que le Canadien a connu tout un match à partir de la deuxième période. Le Canadien a coupé la zone centrale, ce qui ne laissait pas assez de place à Ovechkin pour se démarquer pour prendre la vitesse dont il a besoin. Le Canadien lui a simplement enlevé toutes les chances de se démarquer.
À Washington, on se pose des questions à son sujet. Moi, je vous dirais qu'il est un trop bon joueur pour espérer le garder au silence.
Je m'attends vraiment à ce que le Canadien joue mieux en première lors du deuxième match.
La pression qui pesait sur les épaules des Capitals vient d'augmenter. Ici à Washington, on a vu la coupe Stanley sur l'écran géant et les attentes sont grandes. L'équipe de Bruce Boudreau vient également de perdre l'avantage de la patinoire. Il n'y a bien sûr rien de gagné pour le Canadien mais il s'agit d'un très bon début. Ceux qui disaient que le Canadien allait être balayé ou qu'il n'avait aucune chance devront se raviser. Quand le pointage était égal 2-2, on sentait que les Capitals étaient craintifs envers le Canadien et ce, pour la première fois.
On sait que les Capitals n'ont pas une tradition gagnante en séries éliminatoires et la pression exercée sur eux, peut être difficile à supporter. C'est à Bruce Boudreau et aux joueurs à se parler. Le moment n'est pas venu pour eux de paniquer mais ils doivent discuter afin de déterminer la raison pour laquelle de nombreux joueurs de talent n'ont pas réussi à faire la différence. Washington doit maintenant sortir son magnétoscope et analyser ce que le Canadien a fait de si bien contre lui après la première période.
Même en prolongation, les joueurs du Canadien avaient l'air plus frais que les Capitals, qui auront besoin de 16 victoires et de près de deux mois de travail pour gagner une première coupe Stanley.
Martin a changé la façon de jouer et de penser de son club. Le Canadien va se dire qu'il a une victoire en banque alors que les Capitals eux, vont se dire que l'avantage de la glace est perdu momentanément mais que pour gagner la coupe Stanley, il faut savoir surmonter des obstacles. De toute façon, les Capitals ne s'attendaient pas à gagner la série en quatre parties.
Prochain matchPour espérer gagner cette série, les Capitals devront s'assurer que les meilleurs joueurs de l'équipe soient à la hauteur de leur talent. Puis, Boudreau doit être capable de s'ajuster au jeu et d'analyser pourquoi le Canadien a blanchi son club en avantage numérique. Généralement, les équipes favorites qui perdent le premier match d'une série ne paniquent pas. Mais les joueurs doivent quand même se dire qu'il faut faire quelque-chose pour éviter de se retrouver dans le trouble.
Mais avec une équipe aussi talentueuse, un entraîneur ne panique pas parce qu'il sait que ses meilleurs joueurs sont capables d'en donner plus pour changer la situation.
On voit que Jacques Martin est plus expérimenté que Boudreau. Il est calme et il s'est ajusté mais la série est loin d'avoir basculé du côté du Canadien.
*propos recueillis par Robert Latendresse1>