Cher dimdim, se pourrait-il que tu aies rêvé tout haut en exprimant tes craintes pour Markov? Tu déplores le peu de génie de notre as de l'attaque lorsqu'il se trouve aux côtés de M-A Bergeron, mais moi je n'ai jamais vu cela. Ni personne avant aujourd'hui, me semble-t-il. A moins qu'ils aient pratiqué ensemble aujourd'hui et que tu aies assisté à la pratique du Canadien, je ne vois pas comment tu as pu assister à une performance de ces deux joueurs ensemble. Ils ne jouaient pas junior dans la même ligue, Bergeron ne jouait pas avec le CH avant cette année, et Markov a toujours évolué avec le Tricolore depuis qu'il a accédé à la LNH. On a embauché Bergeron après la blessure de Markov et Markov n'est revenu qu'une ou deux semaines avant les JO, alors que Bergeron ne pouvait plus patiner.
Au contraire, l'installation de Bergeron à la pointe (en attendant Subban l'an prochain ou dans les séries) ajoutera du fiel à l'attaque explosive du Canadien en supériorité numérique. Markov a tendance à refiler le disque avec une précision de métronome (l'Office de la langue française déconseille le mot spidomètre) à l'extrême droite à l'ailier droit (Cammalleri dans les partie d'exhibition) ou à sa gauche immédiate pour déplacer l'adversaire, ou à droite, d'où les tirs de feu sont rarement décochés en l'absence de Bergeron. Il va être content de disposer à nouveau de cette option. Ces gars-là sont les deux meilleurs marqueurs du Canadien parmi les défenseurs, à égalité (Markov a joué les deux tiers de ses parties, reconnaissons-le). Il y en a qui croyaient que Markov ne serait jamais plus le même après ce tendon sectionné, et il accumule les points encore mieux qu'avant. Tu voudrais quoi? Qu'il fasse 20 buts et 50 passes en une saison? Il a un point par partie (0,85, en fait) et il joue à la défense. Le monde le prend pour Bobby Orr ou Raymond Bourque, des fois. Markov, c'est Markov : des passes précises, une défensive étanche et une confiance inébranlable quand il s'agit de faire une incursion profonde en zone adverse. Il n'a pas le tir puissant et la finesse de Bobby Orr, ni la solidité d'un Bourque, mais il a la sagacité d'un Denis Potvin à ses belles années. Ce type est intelligent et sûr de lui, il sait où passer la rondelle, mais on le redoute et on a la consigne de l'ennuyer le plus possible. C'est lui, le général à la ligne bleue. C'est de lui que proviennent les attaques sournoises sans avertissement (je sais, c'est redondant), et quand Subban va jouer à ses côtés l'an prochain, il va contribuer à augmenter la production de M. Markov. Tout le monde va rester coi sur son siège, sans doute. Béat d'admiration, si tu préfères. En attendant, Bergeron va pouvoir marquer d'autres buts grâce à l'aide précieuse de Markov pour se préparer à attaquer les séries éliminatoires sur le patin dansant (petite originalité tirée de l'expression pied dansant).
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