MONTRÉAL - Dès que l'avion qui l'amenait à Montréal s'est posé sur le tarmac de l'aéroport Montréal-Trudeau, Mark Hominick a été envahi d'un profond sentiment de nostalgie qui n'a fait que s'accentuer lorsqu'il a posé ses bagages à l'hôtel.
Là-bas l'attendaient son bon ami Sam Stout avec Patrick Côté et Georges St-Pierre, trois autres pionniers de la scène locale des arts martiaux mixtes. Quatre anciens champions canadiens réunis sur la même carte pour la toute première fois. À quelques jours de son 32e combat en carrière, Hominick avait l'impression d'être de retour à la maison.
« Je me suis immédiatement senti à l'aise en voyant ces gars-là, racontait celui qui ne s'est pas battu à Montréal depuis l'extinction de l'organisation TKO, dont il était l'un des plus célèbres représentants. Je suis confortable ici, je me sens bien et je profite de chaque moment cette semaine. C'est ici que sont mes racines. »
Aujourd'hui plus qu'à tout autre point de sa carrière, Hominick a besoin de chaque petite trace de positivisme qu'il peut trouver. Il y a un an et demi, il n'était qu'à quelques enjambées de pouvoir planter son drapeau sur le plus haut sommet de sa division. José Aldo l'en a empêché, mais malgré la défaite, jamais l'étoile du petit gars de London n'avait autant brillé. Puis, le trou noir.
Victime d'un K.-O. record à sa sortie suivante, « The Machine » a commencé à perdre de la traction sur la montagne abrupte que les meilleurs poids légers au monde tentent de conquérir. Et malgré les conditions plus clémentes lors de sa plus récente sortie au printemps dernier - un combat contre le très accessible Eddie Yagin - la glissade n'a pu être freinée.
Et donc samedi soir, Hominick pourrait être renvoyé au camp de base avec une défaite contre Pablo Garza. La chute serait brutale et subite pour un athlète qui avait presque reçu le statut de héros national après sa démonstration de courage ─ il semble que c'était hier ─ lors du plus gros événement jamais organisé par le UFC.
Hominick, toutefois, a d'autres choses à faire que de s'apitoyer sur son sort. Il a un combat à préparer et si une défaite lui vaut de recevoir une lettre de remerciement jointe à son 4 %, c'est tout simplement parce qu'il l'aura mérité.
« Je n'ai jamais utilisé mes combats précédents comme source de motivation, jure-t-il. Ce n'est tout simplement pas un facteur. En fait, j'avais oublié que j'étais sur une séquence de défaites avant de commencer à faire toutes ces entrevues. Que j'aie dix victoires de suite ou dix défaites de suite, ça ne change rien. Un combat n'est pas plus ou moins important en raison de ce qui s'est passé auparavant. »
« Par contre, je sens que j'ai encore ma place parmi les meilleurs et c'est ce que je veux prouver. »
Une formule à répliquer
Les choses ne vont pas beaucoup mieux pour celui aux dépens de qui Hominick espère débuter une nouvelle ascension. Garza, qui a amorcé sa carrière avec neuf victoires en rang, a perdu ses deux derniers combats contre Dustin Poirier et Dennis Bermudez.
Mais ce n'est pas tant la fiche que le gabarit de son prochain adversaire qui intéresse le Canadien.
Les quelque 160 livres que Garza traînera dans l'octogone (après en avoir apporté 145 tout au plus la veille sur la pesée) sont réparties sur un corps qui fait 6 pieds 1 pouce en pleine extension. Les longues jambes et la portée de 73 pouces de cet ancien joueur de basketball au niveau collégial lui ont permis de prendre au piège sept de ses onze victimes, la plupart par étranglement.
Yves Jabouin est l'une d'elles. Le Québécois dominait largement l'affrontement entre les deux hommes, notamment avec de violents coups de pieds aux jambes, lorsqu'à la fin du premier round, Garza s'est envolé et a coincé la tête de son agresseur entre ses membres inférieurs, ne lui laissant plus que deux options : l'abandon ou l'asphyxie. L'acrobatie lui a valu un bonus de 129 000 $ pour la soumission de la soirée.
Hominick croit toutefois savoir comment s'y prendre pour contrecarrer les plans d'un athlète aussi longiligne. George Roop, un ancien partenaire d'entraînement, un ami et aussi celui qu'il avait dû battre pour obtenir sa chance contre Aldo, a exactement les mêmes mensurations que Garza.
Roop n'avait pas fait long feu contre Hominick. La pression était arrivée au son de la cloche et n'avait été relâchée qu'une minute et quarante-huit secondes plus tard lorsque son regard vitreux était devenu la plus belle preuve que sa taille, diminuée considérablement par la position assise dans laquelle il se trouvait, ne lui avait été d'aucune aide.
« Je crois que la vitesse de mes mains élimine plusieurs des problèmes que proposent un adversaire aussi grand », estime Hominick, qui compte lui-même huit victoires par soumission.
Hominick, qui consacre maintenant une partie de son entraînement dans la région de Chicago, s'est assuré de se rafraîchir la mémoire en mettant les gants avec des partenaires plus grands que lui.
« Dans les trois dernières semaines, j'ai probablement connu mes meilleures sessions d'entraînement si je remonte à mes cinq derniers combats. Mentalement, je suis exactement où je devrais être. Je suis affamé et je ne ressens aucune pression. Je sais ce que je suis capable de faire, ne me reste qu'à pouvoir aller le montrer. »
