dimanche, 15 mai 2011. 14:54

Bernard Hopkins a toujours été le roi du "trash talking." Par ses paroles, ses mots et ses attaques, il dérange ses futurs adversaires. Il tente de les intimider. Et ça fonctionne souvent!

À ce niveau, la ligne est mince entre une victoire et une défaite. Hopkins n'a plus les habiletés physiques d'antan alors il utilise les autres outils à sa disposition pour prendre l'avantage, si minimes soit-il.

Jean Pascal n'est pas mauvais non plus pour émettre des propos incendiaires. Il a le verbe facile et il s'exprime très bien. Mais l'anglais n'est pas sa langue première, il lui ait donc difficile de tenir tête à B-HOP!

Personnellement, je n'ai jamais été un adepte de ces conférences de presse où les boxeurs s'invectivent. Je n'y vois pas d'intérêt et je ne crois pas que ça influence la vente de billets. J'ai toujours prôné le respect. D'ailleurs, la boxe est censée être le « noble art.» C'est loin d'être noble lorsque les conférences de presse tournent au cirque!

Je ne sais pas si je suis le seul à penser ainsi, mais cette violence verbale me rend mal à l'aise. Ça ressemble parfois à la lutte WWF!

J'ai toujours pensé que le premier round d'un combat se gagnait à la pesée officielle, lorsque les deux boxeurs se font face! Et non pas lors de la conférence de presse!

Est-ce que toutes ces attaques verbales vont déconcentrer Jean Pascal? Est-ce que Hopkins a réussi à « lui jouer dans la tête? » Je n'y crois pas. Pascal est un gars brillant. Et il peut compter sur un excellent psychologue sportif, Robert Schinke. Ce dernier a travaillé avec des hockeyeurs professionnels et des athlètes olympiques. Éric Lucas et Lucian Bute ont également profité de son expertise. Je suis donc convaincu que ce combat revanche ne se jouera pas au niveau psychologique.

Selon ce que j'ai appris, Jean Pascal a modifié certaines choses dans sa préparation. Avant le premier duel face à Hopkins, il s'était entraîné, mais sans avoir la peur de perdre! Il n'avait pas le couteau entre les dents. Ce qui est une réaction tout à fait normale. Il affrontait un boxeur de 45 ans et tout le monde lui prédisait une victoire! Cette fois, il est conscient que Hopkins peut rivaliser avec lui. Il sait qu'il est passé à un cheveu d'être dépouillé de sa ceinture de champion du monde! Il n'a pas eu de difficulté à retrouver la hargne nécessaire à l'entraînement.

La plupart des experts de boxe américains prédisent une victoire de Hopkins. Ils se fient au dernier combat. Mais nous savons tous que Pascal peut livrer une meilleure performance. Ce qui n'est pas le cas de l'Américain. Et nous savons aussi que Hopkins a encore vieilli depuis décembre! Il a maintenant 46 ans!

Pascal devra boxer comme il l'a fait face à Carl Froch (même s'il a perdu ce combat). Il doit trouver une façon de doser ses énergies pendant 12 rounds. J'ose croire que Pedro Diaz et Marc Ramsay auront su régler ce problème de manque d'énergie qui semblait affliger Pascal lors de ses récents combats.

Le Québécois possède un physique de sprinteur ou de culturiste! Il est rare de voir des boxeurs aussi découpés, aussi musclés. Pascal n'y peut rien, c'est sa morphologie. Il a si peu de gras qu'il est difficile pour lui d'être énergique sur une longue période.

Je m'attends donc à une victoire de Jean Pascal! Cette fois, par décision unanime!

Plus tard cette semaine, j'analyserai un autre combat qui s'annonce captivant : Adrian Diaconu face à Chad Dawson.