RDS.ca, Francis Paquin mercredi, 17 avr. 2013. 16:03

Depuis qu’il a battu Alex Perez au mois de septembre dernier, le nom d’Antonin Décarie circule avantageusement dans les bureaux du prestigieux réseau américain HBO. Il aura peut-être la chance de résonner aux quatre coins de la planète boxe dans moins de deux semaines.

Décarie affrontera l’Argentin Luis Carlos Abregu le 27 avril dans un combat pour la ceinture d’argent des poids mi-moyens du WBC, en demi-finale du combat que le champion incontesté des moyens Sergio Martinez disputera contre Martin Murray. Une victoire propulserait le Québécois au rang d’incontournable de sa division pour les champions déjà établis.

« Pendant tout le long de mon camp d’entraînement, j’étais content et excité par l’objectif que j’ai devant moi », a avoué Décarie, mercredi avant-midi, pendant une rencontre avec les journalistes tenue dans les locaux du Groupe Yvon Michel à Montréal. « Le fait d’aller boxer chez lui en Argentine, ça ne fera que rehausser ma valeur en cas de victoire. »

« Je ressens un engouement que je n’avais jamais connu avant. J’ai beaucoup d’énergie et j’ai particulièrement hâte d’aller là-bas. J’ai hâte de performer et de laisser aller mes mains. »

Plus de 40 000 spectateurs sont attendus à l’Estadio José Amalfitani de Buenos Aires, où Martinez livrera son premier duel en plus de 10 ans. Ces amateurs se rangeront évidemment tous derrière Abregu, qui est loin d’être le dernier venu. Il a enregistré 28 de ses 34 victoires par knock-out et a subi sa seule défaite devant le champion de la WBO Timothey Bradley.

Et comme si ce n’était déjà pas assez, Abregu a pulvérisé l’espoir invaincu Thomas Dulorme à son dernier combat. Il n’y a pas de doute, le défi sera de taille.

« J’ai récemment lu une entrevue (du champion des super-mi-moyens de la WBA) Austin Trout qui s’est souvent battu à l’étranger », a raconté Décarie. « Il suggérait que la foule ne pouvait rien faire jusqu’à un certain point. Ce n’est pas elle qui prend les coups ou qui donne de l’eau! »

« C'est plus qu'un championnat du monde »
« C'est plus qu'un championnat du monde »

« Depuis le début de ma carrière, j’ai toujours pesé le pour et le contre avant d’accepter d’affronter un adversaire. Avec l’expérience acquise au fil des années, je suis convaincu que j’ai tout ce qu’il faut pour gagner. L’expérience devient un facteur critique dans ces moments-là. »

« C’est le combat le plus important de la carrière d’Antonin et sa préparation devait également l’être », a ajouté son entraîneur Marc Ramsay. « Antonin est conscient que l’environnement sera hostile et qu’il affronte un adversaire de très haut niveau. »

Même s’il aurait pu se la couler douce à la suite de son triomphe sur Perez, Décarie n’a jamais cessé de fréquenter le gymnase de Ramsay. Il ne s’est jamais senti autant en forme et il a surtout eu le temps d’étudier et de connaître par cœur les moindres faits et gestes d’Abregu.

« C’est un boxeur qui a beaucoup de lacunes techniques, mais il est très fort physiquement et est toujours dans une forme irréprochable », a analysé le Lavallois. « Si tu lui donnes un moment de répit, il va en profiter et si tu as un moment d’inattention, il va te faire mal et finir par te casser. »

« Mais encore là, je suis convaincu que j’ai les atouts mentaux et physiques pour rester concentré du début jusqu’à la fin du combat. »

Au cours des dernières semaines, Décarie et son équipe ont fait appel aux partenaires d’entraînement Carson Jones et Ahmed Cheiko. Ces deux boxeurs ne présentent pas des fiches à tous casser chez les professionnels, mais leurs habiletés impressionnent dans le milieu.

« Jones et Cheiko sont reconnus pour avoir les mains lourdes et pesantes », a expliqué Décarie. « C’est sûr que mes entraîneurs leur ont demandé de se servir de leur main droite en contre-attaque comme le fait si bien Abregu. »

Décarie a d’ailleurs pris soin d’avertir tout le monde qu’Abregu a obtenu plusieurs victoires par knock-out après avoir lui-même visité le plancher plus tôt dans le combat. Mais c’est surtout la présence des caméras de HBO qui l’inciteront à disputer le meilleur combat possible.

« HBO ne veut pas que des gars qui gagnent, mais des gars qui gagnent de façon impressionnante », a précisé Décarie. « Ça m’était resté en tête pendant mon combat contre Perez et lorsque j’avais eu ma chance, je m’étais rué sur lui! »

Décarie s’envolera vers l’Argentine dimanche soir afin de se remettre pleinement de la douzaine d’heures d’avion qui l’attend. Fidèle à son habitude, il joggera dès qu’il foulera le sol du pays du tango, question de s’assurer de mettre Abregu au pas lorsqu’ils se retrouveront dans le ring.

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