vendredi, 23 oct. 2009. 09:50

La malédiction ne nous a pas épargnés non plus. Au cours des ans, nous avons eu notre part de mauvais sorts.

Naturellement, quand on songe à la malédiction qui hante les boxeurs de chez nous au Canada, on ne peut faire autrement que de penser au poids lourd George Chuvalo, un ex-monarque canadien qui a affronté de nombreux champions.

Après avoir enduré tous les coups possibles sur un ring de boxe, Chuvalo a vu sa famille décimée par la drogue et le suicide. Et aujourd'hui, on se demande comment un homme peut avoir survécu à autant de malédictions.

Le 18 février 1985, son fils Jesse, un habitué des drogues fortes, s'est tiré une balle dans la tête.

Trois autres mortalités ont été enregistrées par la suite. En 1993, son deuxième fils Georgie est mort d'une "overdose".

Un troisième fils, Stevie, est aussi décédé comme son frère Georgie des suites d'une "overdose".

Enfin, son épouse Lynne n'en pouvant plus de voir sa famille décimée par la drogue, s'est enlevée la vie elle aussi.

Aujourd'hui, Chuvalo poursuit sa croisade contre la drogue en donnant des conférences dans les écoles et partout où on demande son aide.

Mon plus loin souvenir

Le premier décès dont je me rappelle chez nos boxeurs est celui d'un jeune pugiliste montréalais très prometteur du nom de Roland Prairie.

Le 14 août 1946, Prairie se battait à Québec contre un dénommé Al Kid Point.

Prairie a facilement gagné la décision, mais au dixième engagement, il a été atteint solidement à la tête par un coup de poing et il se retrouva au tapis pour le compte de quatre. C'est de peine et de misère qu'il s'est retiré dans son coin à la fin de la rencontre et en quittant le ring pour se rendre à son vestiaire, il a perdu conscience.

Il est décédé quelques heures plus tard à l'hôpital. Avant le combat, il s'était plaint d'étourdissements et de maux de tête, mais personne n'avait capté le message.

La malédiction n'a pas ménagé personne au Québec. Dans les années '50, il y a eu la disparition subite de Fernand Cervan, un jeune pugiliste qui aimait joué du bras dans les bars de la Métropole.

Cervan était reconnu comme un homme fort en dépit de sa petite taille. Il n'a pas gagné tous ses combats hors du ring, mais il défiait qui que ce soit, membres de la pègre, portiers de cabaret, bref peu importe qui voulait l'affronter.

Un jour, il a disparu comme par enchantement. On a fait des recherches dans la Rivière des Prairies, dans le ciment de l'Autoroute 15, dans des champs de Laval et des Laurentides, et où encore…, mais on n'a jamais pu retrouver sa trace.

Il y a aussi le cas de Johnny Greco, le boxeur adoré de tous et la grande vedette des années '50 à Montréal.

Un boxeur sans histoire à l'extérieur du ring, un gentilhomme dans la force du mot, Greco a perdu la vie dans un accident de la circulation à Côte des Neiges.

Overdose

Un autre jeune boxeur montréalais a connu une fin tragique vers la fin des années '60 début '70. Il s'agit de Gérald Ratté, un jeune homme dans la fleur de l'âge qui voulait jouer des gros bras lui aussi. Un bon jour on l'a trouvé mort des suites d'une overdose.

Un cas pathétique

Peut-être le cas le plus pathétique de notre histoire de la boxe à Montréal est celui de Mario Cusson, un ex-champion canadien des mi-moyens. Deux fois, il a combattu contre Dave Hilton. La première fois, un record d'assistance a été enregistré quand plus de 20 000 personnes ont envahi le Forum pour le voir à l'œuvre contre Dave Hilton.

Malheureusement, le combat s'est terminé par un verdict nul technique quand les têtes des deux boxeurs se sont touchées.

Trois mois plus tard, le 25 mars 1984, encore au Forum, les deux hommes se sont affrontés à nouveau et cette fois, Hilton remporta la victoire avec un percutant K.-O. dès le 1er engagement.

Par la suite, Cusson n'a jamais pu reprendre sa place parmi les meilleurs et il a travaillé à toutes sortes d'emplois. Finalement, le 7 novembre 1996, il a été retrouvé pendu dans son domicile de Montréal.

Mort d'un promoteur

Durant les bonnes années de la boxe locale, un promoteur du nom de Alfred Veronneau était devenu fort populaire à Montréal dans les années '80.

Malheureusement pour lui et trois de ses amis, leur petit avion dans lequel ils prenaient place s'est abimé dans la région de l'aéroport de Loretteville et tous quatre sont décédés.

Dans la prochaine partie, on parlera de l'exécution de l'Ouragan Melo, tué lui aussi par des tueurs à gages en Ontario.

Prochaine lecture : Vit par l'épée, meurt par l'épée…

Bonne boxe!

Je vous invite à consulter mon blogue.

Consultez les deux premières parties de cette série d'articles : 1re | 2e