Le combat entre Fury et Wallin sera présenté samedi à 23 h sur les ondes de RDS2 et RDS Direct.

Pour les utilisateurs de l’application RDS, utilisez l’onglet Diffusion

 

Pour la première fois depuis 2017, un super boxeur mexicain brillera par son absence du ring aux États-Unis pour fêter le jour de l’indépendance mexicaine.

 

Ce droit avait été acquis par le plus populaire des  boxeurs mexicains de l’ère moderne, nul autre que Saul « Canelo » Alvarez. Or, pour l’occasion, Tyson Fury n’a aucune objection, même que c’est un honneur si on l’appelle « Tyronyano Furyano » et il se présentera sur le ring du T-Mobile Arena samedi soir à Las Vegas, portant fièrement les couleurs du pays de Pancho Villa, le fameux général de l’armée fédérale au cours de la révolution mexicaine.

  

En 2017 et en 2018, Alvarez avait permis à ses compatriotes de fêter en grand grâce à deux victoires  contestées sur Gennady Golovkin.

 

En 2019, Canelo sera absent du ring puisqu'il affrontera Sergey Kovalev le 2 novembre prochain à Vegas.

 

Canelo a célébré neuf fois

 

Neuf fois au cours de sa carrière, Canelo Alvarez a célébré le vrai jour de l’indépendance mexicaine sur le ring, dont quatre fois à Las Vegas. Six autres fois, Canelo a tenu la vedette lors du Cinco de Mayo, la fête mexicaine que l’on célèbre aux États-Unis.

 

Cette année, dans la ville du péché ce sont un Britannique et un Suédois qui célébreront la victoire du Mexique sur les conquérants espagnols. Ce sont Tyson Fury, pour la Grande-Bretagne, et Otto Wallin, pour la Suède.

 

L’honneur de représenter tous les Mexicains ce samedi, sur un ring de boxe revient donc à une autre merveille mexicaine de 22 ans, Jaime Munguia (33-0-0, 26 K.-O.). Ce dernier défendra sa couronne WBO des super mi-moyens contre le Ghanéen Patrick Allotey (40-3-0, 30 K.-O.) au Dignity Health Sports Park de Carson en Californie.

 

Une séance d’entraînement

 

Deux nouvelles ceintures Maya s’ajouteront aux quelque 6 000 autres couronnes déjà à l’enjeu un peu partout dans le monde pugilistique.

 

Le géant Fury ne prend pas tellement ce combat au sérieux même si son rival n’a jamais été battu.  D’ailleurs, il ne se cache pas pour déclarer publiquement que cet affrontement en sera un de plaisir. Bref, le vrai combat de Fury est celui qui est prévu pour février prochain contre le champion du WBC Deontay Wilder. En somme, Fury avait besoin d’un rival haut de taille pour se préparer à son affrontement contre Wilder et il l’a trouvé en Wallin qui fait 6 pi 6 po.

 

Pas très sérieux

 

C’est à se demander si le Britannique prend ce duel au sérieux. Selon les experts, Fury ne devrait avoir aucune difficulté à disposer de son rival suédois.
 

Fury a défait son dernier adversaire, Tom Schwarz, en deux rounds le 15 juin dernier. Or, Wallin n’est pas meilleur que Schwarz. Donc la soirée de Fury devrait être passablement courte.

 

L’attitude du champion linéaire face à son combat laisse perplexe. « Je me fiche pas mal de l’issue du combat et des ceintures de champion », de dire Fury. « Ce que je veux, c’est d’avoir du plaisir quand je suis sur le ring. Je m’implique dans ces combats et je me fiche de l’issue. »

 

Si Fury se fiche de l’issue du combat, les amateurs de boxe sont un peu comme lui et s’en fichent eux aussi. Pas plus tard que jeudi dernier, il n’y avait que 1500 billets vendus pour l'affrontement de samedi soir.

 

Difficile de vendre Fury

 

Fury est loin d’être le boxeur le plus connu aux États-Unis. En décembre 2018, quand il a livré un match nul à Deontay Wilder, seulement 325 000 personnes avaient payé pour voir l’affrontement à la télé payante et la plupart étaient des admirateurs de l’Américain.

 

Je veux bien croire que l’on veut populariser le nom de Fury aux États-Unis, mais ce n’est pas en le mesurant à des Tom Schwarz et Otto Wallin qu’on va le vendre aux Américains.

 

En plus de tout cela, son style est parfois ennuyant. En dépit de ses 6 pi 9 po, il lui arrive souvent d’accrocher ses rivaux au lieu de se battre en corps à corps.
 

Vu qu’il est difficile d’évaluer l’allure de ce combat entre un vétéran expérimenté et aguerri et un boxeur de deuxième classe sans coup d’éclat à sa fiche pourtant parfaite, j’ai donc pris plaisir à jeter un coup d’œil sur les signes astraux des deux pugilistes.

 

Fury est un lion et Wallin un scorpion.

 

On dit du lion qu’il est un cœur tendre, qu’il est créatif, fidèle et aimant. Il est généreux, chaleureux, autoritaire, orgueilleux et exigeant. Si le lion n’est pas le centre d’attraction, il peut devenir sournois et intransigeant. Bravo... Tyson.

 

Wallin est un scorpion. Or, le Scorpion est un passionné et plein de sang-froid. Il a un désir violent d’aller au fond des choses. En somme c’est un rebel, anticonformiste, agressif et jaloux. Souhaitons que Wallin soit à la hauteur. Personnellement, je crois que le lion va gober le scorpion et le dévorer rapidement.
 

Je ne connais rien de l’astrologie. Je voulais juste savoir ce que leurs signes voulaient dire.

 

Wallin en est à son deuxième combat en 2019. Bien que sa fiche soit vierge, il faut se rappeler qu’il n’a jamais affronté un rival de la trempe de Fury.

 

Il boxe professionnellement depuis 2013. Au cours des six dernières années, il s’est battu sept fois au Danemark, six fois en Suède et cinq fois en Allemagne.

 

Début pro à 15 ans

 

Il a mis les gants pour la première fois à l’âge de 15 ans et s'est forgé une fiche de 34-12 chez les amateurs.

 

Naturellement, tout est possible dans le monde de la boxe. Le 26 juin 1959, le meilleur boxeur suédois de tous les temps, Ingemar Johansson avait surpris le monde entier en battant le champion poids lourds Floyd Patterson par K.-O. au 3e round. Le monarque américain avait visité le tapis à 7 reprises avant de finalement abdiquer.

 

Une trilogie a donc suivi et Patterson est sorti victorieux au cours des deux autres occasions en 1960 et en 1961. Mais Wallin n’est pas Ingemar Johansson et selon les experts, il ne fait pas le poids contre un vétéran aguerri  comme Tyson Fury. Certains diront qu’Andy Ruiz est parvenu à vaincre Anthony Joshua, donc tout est possible, mais Wallin n’est pas Ruiz.

 

Prédiction : Fury par K.-O. avant le 6e round

 

À la place de Canelo

 

Dites-vous bien qu’un jour, c’est Jaime Mungia, un Mexicain pure laine natif de Tijuana, maintenant entrainé par l’ex-champion mondial et membre du Temple de la renommée Erik Morales, qui devrait prendre la relève de Canelo Alvarez. C’est du moins l’opinion d’Oscar De La Hoya, de Golden Boy et de plusieurs experts.

 

À 455 kilomètres de là, à Carson en Californie, on retrouve l’émule de Canelo dans un combat où il défendra sa couronne face à Patrick Allotey. Ce dernier a gagné ses six derniers duels, dont deux pas K.-O.  Mais il faut fouiller jusqu’en 139e place pour le retrouver chez les meilleurs aspirants de sa catégorie, selon BoxRec.

 

Si vous jetez un regard sur la fiche d’Allotey vous ne trouverez aucune victime de renom. De plus, deux de ses trois défaites sont le résultat de K.-O. en 2014 et en 2015.

 

Mungia n’a que 22 ans et déjà, il a 33 victoires en autant de combats derrière lui. Il est le champion WBO des super mi-moyens depuis le 12 mai dernier, à la suite de son triomphe par K.-O. au 4e round sur Sadam Ali.  Depuis cette date, il a défendu son titre avec succès à deux occasions.

 

Fini les 154 livres

 

Mungia prétend qu’il en est à son dernier combat à 154 livres et cela se comprend. Il fait 6 pi et éprouve des difficultés à faire le poids. On peut donc s’attendre à le voir évoluer chez les poids moyens l’an prochain, là où Canelo Alvarez trône en roi au WBC et à la WBA. Outre Canelo, Mungia devra se mesurer à des artistes tels Gennady Golovkin, Jermall Charlo, Daniel Jacobs, Sergiy Derevyanchenko et Demetrius Andrade. La tâche sera ardue, mais au moins les bourses seront alléchantes, beaucoup plus que chez les 154 livres.

 

Il est à prévoir que Mungia défiera Canelo aussi rapidement qu’en 2020.

 

Lorsqu’on scrute les fiches de Mungia et de Canelo, elles présentent une certaine ressemblance. Canelo a livré son premier combat pro à 15 ans et Mungia à 17 ans. Si on compare les fiches des deux à 22 ans, on remarque une autre similitude. Dans sa 22e année,  Canelo montrait une fiche de 30-0-1, 29 K.-O. Quant à Mungia, il est fier de sa fiche de 33-0-0, 26 K.-O.

 

Prédiction : Mungia avant le 6e round

 

Bonne boxe.