jeudi, 26 avr. 2012. 13:14

C'est avec beaucoup d'intérêt que je suivrai le combat entre Bernard Hopkins et Chad Dawson. Il s'agit évidemment d'un important duel dans la division à laquelle appartiennent Jean Pascal et Eleider Alvarez.

Mais j'ai surtout hâte de voir comment se comportera Hopkins, qui est maintenant âgé de 47 ans. Nous n'avons malheureusement pas vu grand-chose de leur premier rendez-vous du mois d'octobre dernier, mais suffisamment pour se demander si Hopkins sera en mesure de contenir l'agressivité démontrée par Dawson.

Personnellement, je n'avais jamais vu Dawson dans un tel état d'esprit. Lors de son combat contre Jean - le seul qu'il a perdu depuis le début de sa carrière -, il s'était tenu à distance si bien que ce denier était capable d'utiliser sa vitesse et d'exploser au bon moment.

Cela avait également été le cas face à Glen Johnson ou encore Antonio Tarver et tout le monde avait alors l'impression que Dawson ne se contentait que de venir au bureau pour faire son travail. Si je peux me permettre une comparaison, il me faisait beaucoup penser à David Duval. Lorsque qu'il était numéro un mondial, on reprochait au golfeur de ne pas être charismatique et de ne jamais montrer ses émotions. Et quand il a commencé à le faire, il n'a plus jamais été le même par la suite.

Pour son premier combat contre Hopkins, Dawson a été en mesure de transporter sur le ring la détermination qui l'animait dans les jours précédents le duel. Par le passé, Hopkins a souvent été capable de tourner cette rage en sa faveur, mais cela n'a pas été le cas la dernière fois.

Dawson a toujours été considéré comme un excellent boxeur et s'il répète ce qu'il a fait au mois d'octobre dernier, je suis convaincu qu'il peut l'emporter. Il avait la bonne attitude et ne laissait aucun moment de répit à Hopkins. À son âge, The Executioner n'a pas le choix de ménager ses énergies et affronter des boxeurs qui marchent par séquences - comme Jean - l'avantage énormément. Si Dawson poursuit sur sa lancée, il sera intéressant de voir comment Hopkins réagira.

Il ne faut pas oublier que l'ancien champion incontesté des poids moyens est un excellent comédien. Cela dit, je ne l'accuse pas d'avoir feinté quelconque blessure la dernière fois. Mais j'ai encore très frais en ma mémoire le tour qu'il a joué à Roy Jones fils en faisant semblant d'être touché solidement après avoir reçu un petit coup derrière la tête.

On ne le répètera jamais assez, mais Hopkins est capable d'amener un combat dans une zone qu'on peut qualifier de laide. J'espère de tout cœur que ça n'ira justement pas là.

Hopkins a peut-être tous les tours dans son sac, mais j'ai de la difficulté à croire qu'il va être en mesure de trouver toutes les ressources requises. Contre Jean, Hopkins était en mission et tous les ingrédients étaient réunis pour qu'il devienne le plus vieux champion de l'histoire de la boxe professionnelle.

Cette fois, la situation est différente. Le Hopkins des dernières semaines me semblait éteint. Il n'avait pas de feu dans les yeux. Au contraire de Dawson qui veut justifier plus que jamais son surnom de Bad. Mais bon, il ne faut jamais parier contre Hopkins!

Chose certaine, Dawson a une occasion en or de s'établir contre la principale vedette de la division. La présence de Hopkins peut être considérée comme un nuage gris. Si Hopkins s'inclinait samedi soir, de nombreuses possibilités se présenteraient pour plusieurs boxeurs. Comme je l'ai déjà mentionné, HBO croit que Dawson l'emportera et souhaite présenter un combat face à Andre Ward.

Ultimement, cela signifie que Jean devra absolument vaincre Tavoris Cloud s'il veut toujours faire partie de l'élite chez les 175 livres.

En terminant, le combat de Seth Mitchell qui sera présenté en demi-finale suscite beaucoup d'intérêt, signe que la division des lourds ne se porte pas très bien aux États-Unis.

Mitchell possède de belles habiletés, mais je n'y crois vraiment pas. Je l'ai souvent vu à l'œuvre et pour l'instant, il ne pourrait même pas rivaliser avec Alexander Povetkin et Chris Arreola.

*Propos recueillis par Francis Paquin