MONTRÉAL – À 17 ans, le pilote québécois Lance Stroll continue de franchir les étapes à une vitesse effarante pour s’approcher de la ligne d’arrivée, c’est-à-dire l’accès au grand cirque de la Formule Un.

En 2016, Stroll gravira un échelon important alors qu’il obtiendra le privilège de se développer au sein du programme de l’écurie Williams tout en poursuivant son travail plus « quotidien » en Formule 3.

Embauché par l’équipe qui a permis à Jacques Villeneuve de savourer le championnat en 1997, Stroll a pu vivre la réalité d’un pilote de F1 de près la semaine dernière en étant invité à une journée d’essais en Espagne.

Sans se retrouver derrière le volant, le résidant de Genève a pu se familiariser avec quelques particularités du cercle fermé auquel il aspire.

« J’ai regardé comment ça se passait et j’ai appris quelques petits trucs. L’équipe Williams, c’est tout nouveau pour moi alors c’était bien de rencontrer tout le monde, voir comment les réunions s’effectuent et découvrir la mentalité qui règne à la piste », a ciblé l’espoir fort talentueux dans une entrevue avec le RDS.ca.

Cet accès aux coulisses de la F1 ne lui garantit pas pour autant des tours derrière le volant d’une Williams dans un avenir rapproché.

Lance Stroll« Ma concentration est entièrement dirigée sur la F3 et je ne peux pas dire quand je vais rouler dans une voiture de F1. Sinon, je vais faire les journées disponibles sur un simulateur chez Williams pour apprendre certaines notions », a-t-il indiqué à propos de la série qui prendra son envol au début avril en France.

Au cours des derniers mois qui ont suivi sa saison recrue en F3, Stroll a navigué avec un horaire passablement chargé. En plus d’accorder du temps à son parcours scolaire (la fin du secondaire), il a fait mouler son siège pour le calendrier 2016 tout en se consacrant à de l’entraînement physique et mental pour affiner ses habiletés.

Le volet mental devrait l’aider pour une multitude de facettes reliées à la course automobile.

« On a fait une combinaison de choses pour travailler le cerveau. On utilise des programmes pour entraîner le cerveau à, par exemple, contrôler le niveau de stress. Plusieurs athlètes le font et c’est très important parce qu’il y a beaucoup de pression et de distractions dans le monde de la course. C’est crucial de rester concentré et bien gérer son environnement », a décrit le membre de l’équipe Prema Powerteam en F3.

Certes, enchaîner des tours derrière un volant de Formule Un demeure la meilleure manière de perfectionner son répertoire pour s’illustrer un jour à ce niveau élitiste. En attendant cette récompense, Stroll se fie sur son évolution dans son championnat actuel.

« Je commence une année propice en F3 pour démontrer tout ce que je peux accomplir. C’est ma deuxième année, j’ai de la confiance, je ne suis plus une recrue et je dois gagner des courses et me battre pour le championnat. Je pense que c’est un bon exercice pour prouver que je peux élever mes performances au prochain niveau », a soutenu Stroll qui a complété sa première année au cinquième rang du classement.

Même s’il fraie avec le monde de la F1, Stroll n’est pas encore en mesure d’évaluer l’ampleur du saut qui se dresse devant lui pour s’y établir. 

« On a déjà vu Max Verstappen (le plus jeune pilote, à 17 ans, à rouler en F1) le faire, mais on sait tous que c’est un très bon pilote donc c’est difficile de l’utiliser comme comparaison. Tous les pilotes sont différents et on ne s’adapte pas de la même façon. Je vais avoir une meilleure idée quand je vais y rouler dans le futur et les gens décideront si je suis prêt », a répondu le pilote qui peut bénéficier du support moral et financier de son richissime paternel. Lance Stroll

Ceci dit, Stroll a encore une fois prouvé qu’il mérite, par son potentiel, les occasions qui lui sont accordées dans de nombreuses séries. Il l’a fait en relevant avec brio le défi d’aller piloter au sein de l’équipe Ganassi lors la course d’endurance des 24 heures de Daytona. 

« C’était super sympa comme course, j’ai vraiment aimé ça. C’était très différent de ce que je suis habitué et l’expérience a été géniale surtout que j’ai eu beaucoup de temps dans la voiture pour accumuler les kilomètres. C’est dommage que nous ayons eu des problèmes techniques avec quelques heures à faire, mais j’aimerais participer à une autre course d’endurance comme celle-ci », a-t-il dévoilé.

Durant cette autre expérience qui s’ajoute à son curriculum vitae déjà très bien garni à son âge, Stroll s’est adapté à procéder à de nombreux dépassements à bord d’un bolide qui ne ressemble en rien à son environnement habituel.

Réaliste, le Québécois admet qu’il ne pourra pas appliquer tant de ces leçons de pilotage en monoplace, mais le jeu en valait la chandelle.

Lance Stroll« C’est très différent des courses de Formule, mais le fait de conduire et de faire autant de kilomètres, ça aide toujours. Je pense que c’est mieux que de rester à la maison pendant la saison morte », a évalué celui qui faisait notamment équipe avec Alexander Wurz.

Stroll ne reste justement pas souvent à la maison. En 2016, lui et ses rivaux de la F3 feront des escales dans sept pays. En s’arrêtant sur les intrigantes destinations où le pilote de 17 ans, on peut en venir à croire qu’il a découvert de nombreux petits coins de paradis de la planète.

« C’est difficile de dire quels sont mes endroits préférés à visiter parce que les pistes de course ne sont pas des lieux de vacances, c’est pour le travail. Je reste dans le motorisé et je me concentre sur mon boulot. Évidemment, j’adore aller aux pistes de course, mais disons que ce ne sont pas des destinations que je choisirais pour relaxer pendant deux ou semaines », a conclu Stroll en riant en songeant au bruit indissociable des circuits.