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Dans les pas de Calvillo

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Quinton Porter

Après cinq saisons à alterner entre la ligne de mêlée et les lignes de côté, Quinton Porter en a eu assez.

« Mon temps était fini à Hamilton. »

À sa demande, l'Américain de 30 ans a donc été libéré par les Tiger-Cats le 15 janvier dernier. Une semaine plus tard, Porter s'entendait avec les Alouettes.

Un quart-arrière dans un cul-de-sac  à Hamilton qui s'amène à Montréal dans l'espoir de relancer sa carrière… Ça vous rappelle quelqu'un?

Anthony Calvillo, bien sûr.

« Hamilton est un endroit extrêmement difficile pour y faire ses débuts. Les fans sont affamés de victoire et quand les choses ne vont pas à leur goût, il est très difficile de renverser la vapeur », signale Porter au RDS.ca.

« Anthony et moi avons connu des hauts et des bas à nos premiers départs là-bas. Disons que je marche dans ses pas. En espérant que ça tournera aussi bien pour moi... »

Seul le temps dira si le directeur général Jim Popp a réalisé un autre coup de génie digne de celui de 1998, alors qu'il avait fait de Calvillo l'auxiliaire de Tracy Ham. D'ici là, Porter devra lui aussi patienter derrière un futur membre du Temple de la renommée.

« Il n'y a aucun doute dans mon esprit que j'ai ce qu'il faut pour lui succéder lorsqu'il décidera de se retirer », assure Porter.

Il ne lui reste qu'à le prouver.

« Ce que vous avez vu de moi depuis mes débuts dans la LCF, ce n'est que la pointe de l'iceberg. »

Quinton Porter Quinton Porter

Sur la corde raide

Au fil de son séjour de cinq campagnes avec les Tiger-Cats au cours duquel il a surtout agi à titre de réserviste à Kevin Glenn et Henry Burris, Porter a complété 63,7 % de ses passes, amassant au passage 4 095 verges de gains et 21 passes de touché.  À titre comparatif, Calvillo affiche un rendement de 62,5 %.

« Mes performances parlent d'elles-mêmes. J'ai obtenu quelques départs, mais je n'ai jamais vraiment obtenu une réelle chance de m'établir comme quart partant dans cette ligue. »

Amorçant les six premiers matchs des Tiger-Cats en 2009, Porter a conduit les siens à une fiche de 4-2 avant de se blesser au genou gauche.

« À mon retour au jeu, j'étais sur la corde raide, se désole Porter. Si je connaissais un mauvais départ, ils me retiraient de la rencontre. Ils ne m'ont pas vraiment permis de connaître les hauts et les bas que presque tous les quarts-arrières vivent avant d'avoir du succès. Je suis rendu à un stade de ma carrière où mon expérience me permet d'aspirer à un poste de partant un de ces jours »

Et c'est à Montréal qu'il espère obtenir la chance qu'il n'a jamais eue.

D'ici à ce qu'elle se présente, Porter devra faire bon usage de sa mobilité et de son gabarit. À l'image de son prédécesseur Adrian McPherson, libéré au terme de la saison par les Alouettes, le quart de 6 pieds 5 pouces et 228 livres risque d'être employé dans des situations de deuxième ou troisième essai pour un court gain.

« Ce qu'Adrian faisait pour les Alouettes ressemble beaucoup au rôle que j'avais avec les Tiger-Cats ces dernières années. J'ai connu ma part de succès lorsque venait le temps d'aller chercher le premier essai et je serais plus qu'heureux d'acquitter cette tâche à Montréal. Je serai le partisan numéro un d'Anthony », confie Porter, qui a amassé 919 verges et 15 touchés en 169 courses en carrière.

Anthony Calvillo et Quinton Porter Anthony Calvillo et Quinton Porter

Apprendre du meilleur

Courir avec le ballon, c'est bien, mais Porter espère surtout profiter de ce changement de décor pour parfaire ses habilités. Et qui de mieux que le célèbre numéro 13 pour le lui enseigner. Entre observer le maître à l'œuvre ou poiroter derrière Burris, le choix était facile.

« J'ai déjà démontré dans le passé que je suis capable de courir et de lancer le ballon en pleine course. Ce que je peux apprendre d'Anthony, c'est de peaufiner ma position après la remise, de façon à effectuer les bonnes lectures de jeu et lancer le ballon au bon endroit au bon moment. Anthony fait cela mieux que n'importe quel autre quart que j'ai eu la chance d'observer », louange-t-il.

Un pas de recul de plus ou de moins change tout, en effet.

« Si je parviens à améliorer cette facette de mon jeu, ça fera de moi un quart-arrière à la fois plus complet et plus dangereux dans cette ligue », renchérit Porter, qui a déjà fait partie des équipes d'entraînement des Texans de Houston et des Panthers de la Caroline dans la NFL.

Du potentiel, Porter en a donc. Les partisans des Alouettes ont d'ailleurs pu le constater un certain soir d'octobre 2008.

À l'occasion d'un affrontement avec les Alouettes, Porter avait dépecé la défense montréalaise en complétant 27 de ses 32 passes pour des gains de 429 verges, cinq touchés et aucune interception. Dans un duel endiablé avec Calvillo, le jeune quart-arrière avait finalement mené les siens vers un gain de 44-38.

« Je vais me rappeler de ce match toute ma vie. J'en étais encore à ma première saison dans cette ligue que je connaissais peu. Tout ce que je faisais c'était de jouer au football et de m'amuser. Je ne suis pas du genre à vivre dans le passé, mais si je devais retenir qu'une seule chose de cette rencontre c'est d'être relax et d'avoir du plaisir sur le terrain. Tout simplement. »

Un nouveau départ, une nouvelle ville, un nouvel uniforme, un pas de recul pour mieux avancer… Les Alouettes ont encore plus à offrir à Porter.

« Une chance de soulever la coupe Grey. »