RDS.ca vendredi, 1 févr. 2013. 16:13

MONTRÉAL - Si Danny Maciocia a fait un voyage aussi médiatisé en Floride pour rencontrer les dirigeants des Alouettes, même s'il n'avait aucune intention d'accepter le poste d'entraîneur-chef, c'est surtout en raison de ses racines italiennes.

Car comme lui a appris son père, le politicien à la retraite Cosmo Maciocia, une nouvelle importante ne doit pas se communiquer à la sauvette, en quelques secondes seulement.

«Moi, les téléphones, les messages-textes, les courriels et les réseaux sociaux, je déteste. Dans la société d'aujourd'hui, on peut s'en sortir trop facilement en envoyant un message. J'ai été élevé de manière différente. Mon père m'a toujours dit que lorsque tu as des nouvelles importantes à communiquer, tu le fais en personne», a déclaré Maciocia, vendredi, au cours d'une conférence de presse qui visait à clarifier sa situation avec les Carabins de l'Université de Montréal.

Maciocia a donc fait le point publiquement, une journée après l'avoir fait en privé avec les joueurs des Carabins. Il a alors répété ce qu'il avait dit lors de son embauche par l'UdeM en novembre 2010, à savoir qu'il a l'intention d'y rester jusqu'à sa retraite du football.


«Tu viens travailler et il y a des gens qui te regardent, tu sens qu'ils veulent te poser des questions mais ils n'osent pas... Certains en ont le courage, mais tu sens qu'on n'est pas tout à fait à l'aise», a-t-il dit en expliquant pourquoi il tenait à corriger le tir, et ainsi effacer l'impression qu'il cherchait à améliorer son sort.

Maciocia a ajouté qu'à ses yeux, il devait absolument accorder quelques heures à Bob Wetenhall et Jim Popp, respectivement propriétaire et directeur général des Alouettes, parce qu'il a une dette envers eux. Une dette qu'il n'a envers personne d'autre — pas même la nouvelle équipe d'Ottawa qui sera gérée par son bon ami Marcel Desjardins, a-t-il laissé entendre.

«Je me devais de m'asseoir avec (Wetenhall et Popp) pour leur faire comprendre ma situation actuelle à l'Université de Montréal, a déclaré Maciocia. J'estime que j'ai encore une dette à l'endroit des Alouettes. C'est grâce à eux si je suis ici aujourd'hui.

«Dans la vie, il ne faut jamais oublier d'où tu viens. Quand les gens qui t'ont donné ta première opportunité veulent te parler, que ce soit quelque chose qui t'intéresse ou non, tu devrais toujours leur donner l'occasion de s'exprimer.

«Il ne faut pas oublier qu'en 1996, même si j'ai été bénévole pendant deux années, c'est grâce à eux si j'ai eu une carrière de 14 ans dans la Ligue canadienne, si j'ai pu participer à quatre matchs de la Coupe Grey et en gagner deux. Et c'est grâce à eux, aussi, si je suis maintenant entraîneur des Carabins.»

Maciocia a également reconnu qu'il est allé en Floride pour tester la solidité du voeu de fidélité qu'il avait fait à l'endroit des Carabins en 2010.

«Je voulais savoir si j'allais avoir des papillons quand j'allais prendre l'avion, à mon arrivée à l'hôtel de M. Wetenhall, au moment où j'allais m'asseoir devant lui, a-t-il souligné. Ça m'a permis de confirmer que la bonne décision, c'était de rester (avec les Carabins).»

Maciocia a rappelé Popp dès jeudi, alors qu'il lui avait promis de le rappeler vendredi matin seulement.

L'entraîneur a quand même reconnu qu'il y a un endroit dans le monde où il accepterait d'aller travailler une fois son association avec les Carabins terminée. Encore une fois, c'est en lien avec ses racines italiennes.

«Je retournerais bien là où j'ai passé six mois, en 1998 et 1999, avec les Lions de Bergame, a-t-il dit en faisant allusion au club de football de première division italienne où il a séjourné. Mais ça, j'espère que ce sera au moment où je vais prendre ma retraite, que je pourrai amener ma femme et passer cinq à 10 ans avec de jeunes joueurs... et que je pourrai planifier les entraînements sur la Piazza San Marco à Venise en prenant un café ou un verre de vin.

«J'ai des frissons rien qu'à y penser!»