lundi, 6 août 2012. 17:30

La question ne se pose même pas. Une semaine de congé c'est sacré et les joueurs des Alouettes se doivent d'en profiter pour faire le vide et décrocher.

À l'époque où je portais encore casque, épaulettes et crampons, je ne tardais pas à faire mes valises. Dès la première journée de congé, j'étais parti!

À l'exception de quelques quarts-arrière qui profitent de l'occasion pour se replonger dans les livres de jeux et analyser ce qu'ils ont bien fait et moins bien fait depuis le début de la campagne, la majorité des joueurs de la LCF se servent de cette semaine de repos pour s'évader et relaxer.

Après n'avoir vécu que pour le football pendant plus de deux mois et demi, pas question d'errer dans le gymnase à pousser de la fonte. Et ce même si tu es membre d'une équipe qui en arrache.

Je pense notamment aux Blue Bombers de Winnipeg, qui n'ont remporté qu'un seul match depuis le début de la saison. L'environnement est tellement négatif dans une situation semblable qu'une semaine de repos se veut presque un cadeau des Dieux.

L'idée n'est toutefois pas de se débaucher pendant une semaine et faire le party tous les soirs. Il faut continuer à prendre soin de son corps. Je le répète, c'est d'abord et avant tout une semaine de repos.

C'est comme travailler 80 heures par semaine. À un moment ou à un autre, c'est inévitable, on devient contre-productif. Les joueurs de football n'y échappent pas.

Une performance rassurante

Forts d'une performance pour le moins rassurante contre les Blue Bombers, qu'ils ont défaits 36-26 vendredi soir, les Alouettes peuvent donc se reposer la tête tranquille.

Ils ont toutefois intérêt à rentrer à Montréal chargés à bloc. Les prochaines semaines ne seront en effet pas de tout repos.

Les Eskimos d'Edmonton les accueilleront d'abord. Les Tiger-Cats de Hamilton seront de passage au Stade Percival-Molson la semaine suivante. Les Alouettes disputeront ensuite une série aller-retour face aux Lions de la Colombie-Britannique.

La parité est telle cette saison dans la Ligue canadienne qu'il est difficile de prédire le dénouement de ces affrontements. La bonne nouvelle pour les Moineaux, c'est qu'ils profiteront généralement de six à sept jours de préparation entre chacun de ces matchs. Les voyages dans l'Ouest canadien n'en seront que facilités.

Tant mieux, car la troupe de Marc Trestman est encore loin de jouer à son plein potentiel.


Petit à petit, l'équipe progresse, et ce à plusieurs égards. D'abord, la défensive a très bien fait lors des trois premiers quarts face aux Bombers en n'accordant que trois petits points.

Opposée à une offensive chancelante pivotée par Alex Brink, l'unité de Jeff Reinebold a cependant connu un relâchement au quatrième quart qui aurait pu coûter cher.

Alors qu'il ne restait que 10 minutes à égrainer au tableau indicateur, la défensive s'est placée en mode prévention, permettant aux Bombers d'inscrire 15 points et s'approcher à 10 seulement des Montréalais.

Toutes les équipes de ce circuit sont capables de donner du fil à retordre à leur adversaire cette saison. Joueurs et entraîneurs ne peuvent donc se permettre le moindre relâchement.

J'espère que les Alouettes ont eu leur leçon. S'ils ont joué ce tour à plusieurs équipes cette saison, ils ont bien failli passer dans le camp des victimes cette fois.

Outre cette petite ombre au tableau, la défensive s'est par contre montrée très efficace et je m'en voudrais de ne pas le signaler.

D'autre part, ce match face aux Bombers a également permis à l'offensive de se racheter après en avoir arraché une semaine plus tôt face aux Argonauts de Toronto.

Créative, l'attaque a notamment offert l'occasion à Jamel Richardson de s'illustrer. Enfin.

Sur son premier touché du match et de la saison, le receveur étoile s'est défait de deux blocs avant de faire quelques pas et pénétrer dans la zone des buts. C'est avec ce type de jeu que Richardson a fait sa marque de commerce.

Rien à voir avec le joueur erratique qui lors des matchs précédents, échappait les ballons. Le numéro 18 a conclu sa soirée de travail avec quatre attrapés pour des gains 91 verges et deux majeurs. C'est tout ce dont il avait besoin pour se relancer. Cette semaine de repos, il ne la passera pas à se remettre en question. Au contraire.

Richardson n'est pas le seul membre de cette attaque à avoir offert un excellent rendement. Fidèle à ses habitudes depuis le début de la campagne, Brandon Whitaker a répondu à l'appel, amassant 115 verges au sol et 64 supplémentaires par la voie des airs.

De petite stature, Whitaker démontre énormément de courage en encaissant des blocs sévères à répétition. S'il ne se blesse pas d'ici la fin de la saison, il jouera certainement un rôle de premier plan dans les succès des Alouettes, qui se doivent de contrôler le tempo des matchs à l'aide du jeu au sol.

Après Brink, Jyles

Si la défensive des Alouettes a profité de son duel face à Brink pour redorer son blason, elle pourra de nouveau gagner en confiance face à Steven Jyles le 17 août prochain.

Le quart-arrière partant des Eskimos tarde en effet à s'élever parmi l'élite de sa position dans la LCF. Alors que son équipe tâchait de compléter une remontée face aux Bombers lors de son dernier match, Jyles a commis un échappé à la ligne de 28 verges en territoire ennemi avec quelques secondes à faire. Un revirement qui a coûté la victoire.

Une fois de plus, la défensive montréalaise se devra donc de privilégier un système de jeu à la fois simple et efficace.

La défensive et les unités spéciales des Eskimos pourraient par contre causer des maux de tête aux Alouettes. À eux de se préparer en conséquence. Ce n'est pas le temps qui manquera.

Propos recueillis par Mikaël Filion