vendredi, 24 août 2012. 16:25

La troisième victoire consécutive des Alouettes n'a pas été facile à obtenir, mais j'ai trouvé particulièrement intéressant le fait qu'ils aient trouvé une façon de soutirer ce triomphe parce que c'est la marque des grandes équipes.

Évidemment, ce ne fut pas de tout repos pour les Alouettes qui l'ont emporté sur le dernier jeu de la partie, mais il faut dire que les Tiger-Cats méritent du crédit. Malheureusement pour eux, ils ont encaissé une 15e défaite d'affilée au Stade Percival-Molson même s'ils se sont bien défendus. Après tout, il restait seulement 1 :22 au match et les Tiger-Cats menaient encore.

La deuxième demie a été particulièrement intéressante avec plusieurs changements d'avance.

C'est vrai que l'attaque des Alouettes a pris du temps à décoller, mais les Tiger-Cats ont présenté des schémas défensifs qu'Anthony Calvillo et les Alouettes n'avaient pas vu auparavant. On a remarqué plus souvent un front 30, une ligne défensive à trois joueurs et davantage de permutations. Inévitablement, quand tu présentes de nouvelles stratégies, ça veut dire que tu prends des risques parce que tu n'as pas pratiqué souvent ces jeux.

En fait, une équipe qui désire vaincre les Alouettes n'a pas le choix de déployer des nouveautés ou des surprises sur le terrain pour espérer que Calvillo connaisse un lent début de match. En bout de ligne, les Alouettes ont trouvé le chemin de la victoire malgré l'absence de Jamel Richardson et la perte de Brandon London.

On a aussi assisté à plusieurs gros plaqués et à un bloc percutant de Kyries Hebert qui a soulevé toute la foule, mais surtout le banc des Alouettes car le jeu est survenu tout près des joueurs. Par expérience, je peux vous dire que ça crée un gros effet. Les joueurs étaient déjà heureux de l'interception et ce bloc a ajouté de la joie pour produire un moment d'euphorie sur les lignes de côté et ça devenait une dose d'énergie incroyable pour la suite du match.

Parmi les aspects surprenants, j'ai trouvé cela drôle que ce ne fut pas le bras de Calvillo qui a fait la différence, mais plutôt ses jambes! Durant le match, je blaguais sur ce sujet avec Denis (Casavant), mais ce fut l'une de ses meilleures parties au niveau de la mobilité et il a notamment effectué deux courses pour 25 verges qui ont permis à l'attaque de continuer ses séquences. De plus, celle de 17 verges a été réussie sur la dernière série pour mener au botté victorieux.

Je dis cela pour rire, mais combien de fois on pourra-t-on dire que Calvillo aura obtenu plus de verges par la course que Henry Burris lors d'une confrontation? Et bien, ce fut le cas cette fois car Burris a terminé la rencontre avec 10 verges.

Je tiens à souligner le travail de la défensive des Tiger-Cats qui avait amassé seulement huit sacs du quart avant cette partie, c'était le pire résultat de la LCF. Pourtant, elle a ajouté deux sacs contre Calvillo tout en imposant une bonne pression le forçant à quitter régulièrement sa zone de protection. On le sait, Calvillo préfère rester derrière sa ligne, mais il a trouvé le moyen de très bien s'en tirer et tout cela à 40 ans, faut-il le rappeler!

Tout cela pour dire qu'il a été 8 en 10 au quatrième quart pour 132 verges sans oublier son importante course. À leurs trois dernières séquences offensives, les Alouettes ont inscrit un touché, un placement et un autre placement. Le travail s'est très bien déroulé sur la dernière montée amorcée avec 1 :32 à écouler au cadran incluant quelques jeux à Brandon Whitaker. Tout semblait facile et surtout vers la fin quand Sean Whyte s'est amené sur le terrain avec un placement de 37 verges à effectuer et il est parfait cette saison, 15 en 15, à l'intérieur de 40 verges.

Bref, c'était intéressant de voir que dans un match chaudement disputé, les Alouettes ont été bons quand ça comptait.

Dans la catégorie un petit mémo à Marc Trestman, que j'aime bien taquiner, j'ai découvert une statistique intéressante. Vous le savez, je parle souvent du jeu au sol et de ses bienfaits donc j'ai décidé de gratter sur le sujet.

Je me suis amusé avec les statistiques des Alouettes cette saison. Quand ils ont effectué 21 courses et plus dans un match (24 contre Hamilton), ils présentent un dossier de 4-0 et 1-3 quand ils courent moins de 20 fois avec le ballon.

Disons que c'est quand même assez probant et révélateur comme statistique.

Lors des trois dernières victoires, on remarque plus d'équilibre entre les deux facettes et ça permet aux Alouettes d'avoir le ballon pendant près de 34 minutes en moyenne contre 26 pour leurs adversaires ce qui aide grandement la défensive. Je dis cela en riant, mais je suis un ancien joueur de ligne offensive donc personne ne me fera dire que le jeu au sol n'est pas utile (rires).

Évidemment, on ne peut pas oublier de souligner la performance du receveur S.J. Green qui a capté plus de 10 ballons pour un deuxième match consécutif. Contre Hamilton, il a terminé sa soirée avec 10 attrapés pour 168 verges et un touché. Il a pris les choses en mains comme la semaine dernière en compensant pour Richardson. Après la blessure de London, on sentait qu'il serait mis en valeur et il a gagné beaucoup d'attrapés contestés.

C'est sûr que son plus long gain de 40 verges demeure particulier. Je ne comprends pas que les Tiger-Cats n'aient pas lancé le mouchoir pour utiliser la reprise vidéo parce qu'on a clairement vu que le ballon a heurté le sol. On ne saura jamais si ce jeu aurait pu changer la dynamique de la rencontre puisque les Als ont marqué trois points à la suite de cela avant que les Ti-Cats ne reprennent l'avance et que Montréal réplique avec le placement final.

Je m'explique mal cette situation, ça me semblait évident qu'il fallait revoir le jeu. C'était un gain de 40 verges et il restait environ 4 :30 au cadran. Étant donné que tu ne peux plus lancer le mouchoir avec moins de trois minutes à faire, il lui restait peu de temps pour contester une décision. L'entraîneur George Cortez avait encore un temps d'arrêt à sa disposition donc il pouvait lancer son mouchoir même s'il avait perdu sa première reprise vidéo.

Dans la LCF, tu peux utiliser ta deuxième demande même si tu as perdu la première à condition que tu possèdes un temps d'arrêt. Il aurait gagné sa requête et il aurait ainsi conservé son dernier temps d'arrêt.

Bien sûr, ce sera aux Tiger-Cats de répondre à ces questions même si on ne pourra jamais deviner quel aurait été le pointage final. Vous aurez compris que les Alouettes ne s'en plaindront guère et que c'était un sujet qui retenait l'attention après la rencontre.

Tout s'est joué dans la zone payante

Du côté défensif, les Alouettes ont réussi autre belle performance en allouant seulement six points en première demie et 22 points au total car sept points proviennent du touché de Chris Williams sur un retour de botté. Il ne faut pas perdre de vue que Hamilton possède la meilleure attaque, celle qui marque le plus de points par match.

Encore une fois, ils ont été bons contre le jeu au sol même si la tendance de concéder une longue course s'est répétée. Mais quand on met cela en perspective, ce ne sont pas des pieds de céleri qui jouent dans les autres équipes.

Avon Cobourne a cumulé 50 verges sur huit courses, mais 37 verges sur une seule portée. Ça lui confère donc un maigre total de 13 verges pour les sept autres courses. Je le répète, mais ça commence par cela, il faut arrêter le jeu au sol au football.

Quand on repense au dernier affrontement entre Montréal et Hamilton, Burris avait été le joueur du match et il avait complété 90% de ses passes avec 27 en 30. Jeudi soir, il a été 22 en 34 pour 64% et je me suis amusé en disant que lors du dernier match il avait eu seulement trois passes incomplètes, alors que cette fois, il restait encore 54 minutes à jouer après sa troisième passe ratée.

Cela dit, il ne faut pas perdre de vue que le match s'est gagné dans la zone payante. Malgré plusieurs présences profondes dans le territoire des Alouettes, les Tiger-Cats ont dû se contenter cinq fois d'un botté de précision. Si un seul de ces bottés avait été un touché, les Tiger-Cats auraient triomphé.

Il faut regarder l'ensemble de l'œuvre, mais le jeu clé demeure, à mon avis, le sac de John Bowman sur le dernier jeu offensif de Hamilton. Les Tiger-Cats étaient à la ligne de 32 des Alouettes sur un deuxième essai et sept verges à franchir avec 1 :50 au cadran.

Si les Ti-Cats avaient obtenu un premier essai, leur séquence se serait poursuivie et le temps aurait fondu au cadran. En fait, peut-être que les Alouettes n'auraient même pas repris le ballon ou qu'ils auraient touché à celui-ci avec moins d'une minute. N'eût été de ce sac, Calvillo n'aurait pas eu la chance d'orchestrer cette dernière poussée et ce n'est pas à négliger comme moment! Ils ont réussi le gros jeu à un moment crucial.

Je poursuis avec la discipline, un aspect à ne jamais oublier dans une rencontre serrée et les Alouettes ont gagné cette confrontation avec brio. Ils ont écopé de seulement trois pénalités pour 61 verges (une de 31 verges pour obstruction) contre neuf pour 97 verges dans le camp de Hamilton. Et on parle de mauvaises pénalités permettant aux Alouettes de continuer des séquences et d'arrêter leurs séquences offensives.

Terminons cette chronique avec les unités spéciales. Dire que j'étais content dans les dernières semaines de donner espoir aux partisans en notant que cette unité progressait, mais le touché de Williams aurait pu faire la différence. Les unités des couvertures de botté ont connu passablement d'ennuis alors que les Tiger-Cats ont réussi de bons retours. Malheureusement, c'est un pas vers l'arrière prouvant qu'il reste encore du travail à accomplir.

On a aussi constaté que Williams était dans la tête des entraîneurs des Alouettes. À quelques reprises, ils ont décidé de ne pas botter et de continuer avec l'offensive sur des troisièmes essais. Je me rappelle d'une situation en première demie sur un troisième essai et trois verges à franchir au 37 de Hamilton. Les Alouettes ont renoncé à une tentative de placement de 44 verges à la portée de Whyte et ils ont plutôt tenté un botté sur le côté vers London, un petit jeu truqué qui a presque fonctionné.

Trestman s'est dit que le danger de Williams était énorme en cas d'un placement manqué. La beauté de ce jeu demeure que les Tiger-Cats ont récupéré le ballon à leur ligne de 26 ce qui constitue un long terrain à traverser. Cette décision était peut-être liée à l'intuition de Trestman parce que Williams a finalement marqué son touché peu de temps après.

À un autre moment en première demie, les Alouettes ont préféré garder l'attaque sur le terrain sur un troisième essai et trois à la ligne de 45 des Tiger-Cats. La tentative n'a pas fonctionné, mais la défense s'est levée en freinant tout de suite Hamilton.

En fin de compte, ces décisions n'ont pas été coûteuses pour les Alouettes et elles étaient intéressantes car elles démontraient le grand respect envers Williams. Avant tout, on voulait qu'il touche le ballon le moins souvent possible.

*Propos recueillis par Éric Leblanc