jeudi, 22 nov. 2012. 16:15

TORONTO - À l'image de Montréal, la construction est omniprésente au centre-ville de Toronto où plusieurs tours d'habitation et de bureaux sont érigées. Sur le terrain, les Argos disposent de leurs propres tours tout aussi imposantes en Kevin Huntley, Armond Armstead et Ronald Flemons.

À six pieds huit pouces et 299 livres, Huntley ne passe pas inaperçu que ce soit dans un stade ou dans les rues de la métropole canadienne. Originaire de la capitale américaine, Huntley se plaît depuis son arrivée à Toronto en 2009.

Le gentil géant a fait le saut au Canada après un parcours de deux années et demie dans la NFL durant lequel il a trouvé le moyen de s'illustrer à quelques reprises avec les Raiders d'Oakland et les Falcons d'Atlanta.

Très souvent, les joueurs américains qui déménagent au nord de leur frontière n'ont jamais eu vent du football canadien avant d'en faire la connaissance pour une première fois, mais ce n'est pas son cas.

« Je me souviens de la LCF alors que j'étais enfant. Je regardais des matchs de cette ligue quand il n'y avait pas de NFL et je me rappelle d'avoir vu jouer Rocket Ismail et Doug Flutie pour les Argos. Je garde aussi des souvenirs de Warren Moon et plusieurs autres joueurs », a-t-il confié sur le terrain du Rogers Center.

« Quand j'étais enfant, je me disais : mais voyons, le terrain est si grand! Comment ces receveurs peuvent-ils réussir de tels jeux », a ajouté le volubile athlète.

À sa quatrième saison en sol canadien, il aura la chance de vivre le match de la coupe Grey pour la première fois et il espère que lui et ses coéquipiers de la ligne défensive torontoise auront le dessus sur le front offensif des Stampeders.

« La ligne offensive de Calgary est similaire à celle de Montréal dans le sens que c'est un groupe de vétérans et ils travaillent bien ensemble. On voudra être le plus physique possible contre eux et finir par avoir le dessus plus le match progressera », a souhaité celui qui est âgé de 30 ans.

Arrivé à cette étape de sa carrière, Huntley est particulièrement fier d'avoir réussi l'adaptation au football de la Ligue canadienne parce que la tâche peut s'avérer pénible pour un joueur de stature.

« Avant tout, il faut être en excellente condition physique sinon tu vas mourir! Le terrain est tellement énorme. En tant que plaqueur, dans la NFL, tu dois courir jusqu'à 5 ou 10 verges sur la plupart des jeux. L'histoire est complètement différente au football canadien alors que ça monte souvent jusqu'à 20, 30 ou 40 verges avant que le jeu soit terminé », a rappelé l'ancien de l'Université Kansas State.

Malgré son ascendant physique sur la plupart de ses adversaires, Huntley perdait un avantage en raison des règlements du circuit canadien.

« J'ai dû m'adapter à la verge de séparation sur la ligne de mêlée. Ça implique que tu dois être très explosif pour appliquer de la pression sinon tu ne battras jamais la ligne offensive », a admis Huntley.

« Ces raisons expliquent pourquoi j'ai vu plusieurs joueurs de la NFL ne pas être en mesure de faire la transition au Canada. Je suis parvenu à y arriver et je suis heureux de cette réussite. »

Lors de son passage dans la NFL, Huntley n'a pas été capable d'éviter les blessures et il est persuadé que ce facteur a fait la différence surtout quand il a essayé de se faire valoir avec les Redskins de Washington et les Steelers de Pittsburgh.

« C'est certain que j'aurais aimé demeurer dans la NFL toute ma carrière puisque j'ai grandi aux États-Unis et ce fut toujours un rêve pour moi d'y accéder. Au moins, j'ai eu la chance d'y connaître de bons moments avec des sacs, des plaqués, des échappés provoqués… », a-t-il admis.

Huntley retire aussi une fierté d'avoir affronté - et frappé - une panoplie de joueurs qui feront leur entrée au Temple de la renommée du football.

« J'ai réussi mon premier plaqué contre Donovan McNabb. J'ai aussi plaqué des quarts comme Drew Brees, Peyton Manning, Kurt Warner, Jeff Garcia, Matt Hasselbeck... et je pourrai raconter cela à mes enfants. J'aimerais y être encore, mais je suis autant heureux d'être au Canada avec les Argonauts. »

La progression de son équipe actuelle l'encourage à vouloir poursuivre sa carrière pendant quelques années.

« J'aimerais jouer au football jusqu'à 35 ans. J'adore ce sport et je suis né pour cela; je ne veux rien faire d'autre », a conclu Huntley et son gabarit ne peut que lui donner raison.