La partie du dernier week-end entre les Alouettes et les Blue Bombers de Winnipeg se voulait avant tout une évaluation aux yeux de bien des gens et même si la rencontre opposait une équipe B face à une formation déjà éliminée, il y a eu des points positifs qu'il faut retenir.
Parmi les bonnes nouvelles, il y a eu le retour au jeu du demi-inséré S.J. Green. Il y a aussi eu la présence du demi-offensif Chris Jennings, qui a prouvé qu'il pouvait être bon à nouveau. On se demandait s'il allait être bon dans une seule partie ou s'il pouvait répéter ce qu'il avait déjà fait. Toutes les fois où il a touché au ballon, il réussissait à faire quelque chose de bien, ce qui est de bon augure pour les éliminatoires.
Malheureusement, les Alouettes ont perdu les services du centre Luc Brodeur-Jourdain, qui a été victime d'une commotion cérébrale. Dans son cas, la bonne nouvelle est qu'il aura deux semaines pour recouvrer la santé et passer le protocole de la LCF. Il devra subir une batterie de tests qui détermineront s'il sera apte à reprendre sa place dans la formation. S'il est en mesure de revenir, ce sera un atout supplémentaire pour les Alouettes.
J'ai bien aimé le travail du plaqueur défensif Ollie Ogbu, qui a bien fait à son premier match même si on a joué une bonne partie du match avec les réguliers. On avait tous hâte aussi de voir le travail du quart Adrian McPherson, qui a connu un bon début de rencontre, mais pour qui les choses se sont gâtées par la suite. On constate qu'il n'a pas le même talent qu'Anthony Calvillo pour lire les défensives adverses. À sa défense, il faut dire qu'il n'a presque pas joué au cours de ses cinq saisons chez les Alouettes alors c'est difficile à évaluer. Ce serait donc injuste d'évaluer ses qualités et capacités d'être un quart partant en se basant uniquement sur cette rencontre.
À deux semaines de la finale de l'Est
Les Alouettes connaîtront l'identité de leur adversaire en finale de l'Est le week-end prochain. Il s'écoulera donc deux semaines avant que les joueurs ne se retrouvent dans une partie. Ayant déjà vécu une pareille situation lors de ma carrière avec les Alouettes, je pense que les joueurs vont profiter de trois ou quatre journées de congé pour refaire le plein. Par la suite, ce sera le retour aux choses sérieuses avec des entraînements très compétitifs pour éviter de sombrer dans la facilité. Marc Trestman doit faire en sorte que ses hommes ne perdent pas leur intensité et qu'ils n'arrivent pas amorphes lors de la finale.
Les entraîneurs vont amorcer l'élaboration d'un plan de match sommaire en fonction des deux équipes potentielles que les Alouettes pourraient rencontrer. Pour un joueur, le plus important à ce stade de la saison est de prendre soin de son corps et guérir ses bobos. Il faut profiter au maximum de l'avantage d'avoir terminé au premier rang dans l'Est. Pour les joueurs qui traînent des blessures, le moment ne peut être mieux choisi pour soigner le tout.
Des demi-finales qui promettent
La demi-finale de l'Est entre les Eskimos d'Edmonton et les Argonauts de Toronto sera intéressante puisque Ricky Ray va affronter son ancienne équipe. À Edmonton, on dirait que c'est le bordel par les temps qui courent. L'équipe a récemment remercié le directeur général Eric Tillman. Je ne connais pas la raison de ce renvoi, mais j'ai l'impression que l'échange de Ricky Ray n'y est pas étranger, car on n'a pas été en mesure de lui trouver un remplaçant durant toute la saison.
Même si les Argos ont perdu les deux confrontations entre les deux clubs cette saison, ils devraient l'emporter en toute logique. Les Eskimos jouent bien en défensive, mais en arrachent en attaque. Le demi à l'attaque Hugh Charles devrait effectuer un retour au jeu, mais on ignore encore qui sera le quart partant. Est-ce qu'on verra Matt Nichols ou le vétéran Kerry Joseph? La question demeure entière. Selon moi, ça devrait être Joseph, mais il n'aura pas beaucoup d'espace. S'il gaffe, il pourrait être remplacé rapidement par Nichols car les Eskimos n'ont gagné que deux de leurs dix derniers matchs de saison régulière.
Il y a beaucoup d'incertitude à Edmonton, où la défensive a été surtaxée. Je ne vois pas comment les Eskimos peuvent venir à bout des Argos.
La partie dans l'Ouest s'annonce aussi très intéressante parce que Drew Tate revient d'une blessure, lui qui était le quart qui devait guider les Stampeders. Kevin Glenn ne devait être qu'une police d'assurance, et pourtant, il a joué 15 parties et il a guidé les siens au deuxième rang dans l'Ouest. La question est la suivante : est-ce qu'on y va avec un vétéran ou avec celui qui est supposé être le meilleur quart?
Logiquement, c'est Glenn qui devrait être le partant. Ce serait mon choix, sans hésitation, parce qu'il semble avoir un meilleur contrôle de son attaque.
Les Roughriders de la Saskatchewan pourraient causer la surprise avec une très bonne défensive. C'est un club, qui a connu une très bonne deuxième moitié de saison, mais qui a fonctionné par séquences. Si le quart Darian Durant joue du bon football et que la défensive est à la hauteur, on ne sait jamais. Pour gagner, il faudra que Durant soit à la hauteur et que Weston Dressler soit le joueur du match lors de chacune des rencontres d'ici la Coupe Grey. Le duo Durant/Dressler est le seul outil des Riders en attaque.
Mes observations dans la NFL
À juste titre, le quart des Colts d'Indianapolis Andrew Luck est le sujet de l'heure. On parle beaucoup de Robert Griffin III des Redskins de Washington parce qu'il est électrisant, mais en fin de compte, Luck connaît une saison supérieure avec quatre parties de plus de 300 verges, ce qui égale un record chez les quarts recrues. C'est une marque qu'il partage avec Peyton Manning. Puis dimanche, il a battu le record pour le plus de verges par la passe avec 433, ce qui lui permettait de surpasser Cam Newton.
À mon avis, Luck est rendu plus loin dans sa carrière que ce que bien des observateurs lui prédisaient. On savait qu'il avait les outils, mais peu croyaient qu'il y arriverait aussi rapidement. En début de saison, on ne donnait pas cher de la peau des Colts, qui ont pourtant une fiche gagnante de 5-3. On ne voyait pas cette équipe avec un bilan positif. Au mieux, on prédisait trois ou quatre victoires aux Colts cette saison.
Les Colts sont en reconstruction et leur nouvel entraîneur-chef a dû quitter le bateau pour se battre contre la leucémie. Il y a plusieurs jeunes joueurs à des positions clés qui ont du succès. C'est vraiment impressionnant à regarder. Il semble régner une confiance qui pourrait guider l'équipe vers d'autres succès. On dirait que l'équipe est en mission. C'est étrange comment les équipes réagissent à des situations similaires. À Indianapolis, on se regroupe alors que l'entraîneur est malade pendant qu'à La Nouvelle-Orléans, on n'arrive pas à se regrouper à la suite de la suspension de Sean Payton.
Les Colts ont déjà surpassé les attentes.
Je me dois de souligner le travail de la défensive des Bears de Chicago. Je trouve vraiment spectaculaire de regarder cette équipe jouer. Comme ancien joueur de défensive, je ne peux qu'admirer cette unité des Bears.
Le secondeur Charles Tillman disait que la mentalité de la défensive était de marquer des points. Tillman a lui-même provoqué la perte de quatre ballons chez l'adversaire. Brian Urlacher a de son côté marqué un touché sur un retour.
Cette équipe est dominante. C'est la meilleure du circuit en défensive.
*propos recueillis par Robert Latendresse
