Il n'y avait pas urgence d'agir pour les Alouettes dans les négociations de contrat qui étaient devenues nécessaires avec l'entraîneur en chef Marc Trestman, mais je crois néanmoins que c'est un dossier que l'organisation voulait régler rapidement.
Et maintenant que c'est fait, je ne connais personne à Montréal qui s'en plaindra.
Depuis quatre ans, Trestman est un symbole de constance et de leadership très fort au sein des Alouettes. Depuis son arrivée à la barre du programme, il a prouvé qu'il était capable de mettre un groupe de gagnants sur le terrain tout en supervisant avec autant de succès toutes les facettes qui entourent une équipe de football.
C'est complexe, le football. Au sein d'une même équipe, on retrouve beaucoup d'entraîneurs, beaucoup de joueurs, beaucoup de mouvement de personnel, beaucoup de gens qui sont en orbite autour du club. Pour faire fonctionner cette dynamique, ça prend un leader qui s'assure que tout le monde y connaisse sa place.
C'est là l'une des grandes forces de Marc Trestman. Il a sa vision de la façon dont tous les morceaux doivent s'emboiter et sait comment l'expliquer à chacun. Tout le monde connaît son rôle avec Coach Trestman. C'est lui qui est en charge du navire et depuis qu'il est là, le navire va vraiment bien. Il était donc important de s'assurer de sa présence (en quelque sorte, mais j'y reviendrai plus tard) pour le plus longtemps possible.
Au cours des derniers mois, le visage des Alouettes avait commencé à changer. Ray Lalonde est parti, des joueurs bien connus ont quitté, beaucoup de billets ne trouvaient plus preneurs... les amateurs étaient inquiets. Le vote de confiance donné à Trestman apportera assurément un certain signe de continuité autour de l'équipe.
Au sein même de l'équipe, je peux vous assurer que la nouvelle n'a fait aucun mécontent. Les joueurs des Alouettes aiment et respectent énormément Trestman. D'ailleurs, le mot « respect » est celui qui l'identifie le mieux. C'est un homme qui respecte beaucoup son sport, ses joueurs et ses adversaires. Il est aussi incroyablement humble, une qualité qui lui vaut l'admiration de ses soldats.
L'annonce d'aujourd'hui pourrait avoir des répercussions sur la fin de carrière de quelques vétérans. Je ne serais pas surpris qu'Anthony Calvillo et Scott Flory, par exemple, décident de jouer pendant quelques années supplémentaires parce que Trestman demeure à leur côté.
Selon certaines informations qui circulent, le contrat de Trestman serait assorti d'une clause échappatoire qui lui permettrait de quitter pour la NFL si une offre alléchante lui était faite. Je ne suis pas encore au courant des détails, mais le contraire m'aurait étonné.
Ce que je peux dire sans peur de me tromper, c'est que je sais pertinemment que Marc Trestman est heureux ici. Il aime la ville, les gens, l'organisation et la liberté dont il bénéficie à Montréal. Il adore sa qualité de vie. Il me l'a dit souvent et il me l'a répété encore cette année, il n'a jamais été aussi heureux dans sa carrière d'entraîneur.
Être coach, c'est une vocation. Aux États-Unis, c'est un travail qui vous occupe 363 jours par année, Noël et l'Action de Grâce étant les exceptions si vous êtes chanceux. Avec les Alouettes, Trestman peut passer la saison morte avec sa famille en Caroline et profite même de quelques jours de repos en cours de saison. Pour un homme de 56 ans qui touche sûrement un très bon salaire, ce sont des conditions qui ne lui donnent peut-être pas le goût de retourner faire carrière aux États-Unis.
C'est un peu dommage qu'on ait à aborder l'aspect potentiellement négatif de ce contrat, mais c'est la vie. Si Trestman se voyait offrir l'occasion de relever de nouveaux défis professionnels, pourrait-on vraiment s'y opposer? On ne peut pas empêcher un gars d'aller vivre son rêve dans la grosse ligue.
J'espère que Marc Trestman restera avec les Alouettes le plus longtemps possible. S'il a l'occasion de quitter pour de plus verts pâturages et que c'est ce qu'il désire, je lui souhaite, mais pour l'instant, plutôt que de voir l'astérisque liée à son contrat, réjouissons-nous de la bonne nouvelle.
Un match qui peut changer une saison
Quand les Stampeders de Calgary ont marqué le touché qui leur permettait de prendre une avance de douze points en fin de quatrième quart jeudi dernier, on se préparait, Marc Labrecque et moi, à faire un commentaire en ondes. On s'était entendu pour parler des prochains matchs des Alouettes contre des équipes de l'Est et de l'importance de gagner ces rencontres maintenant que l'équipe montrait une fiche de 1-2.
Alors je serais menteur de dire que je n'avais pas perdu espoir!
En tant qu'analyste à la télévision, c'était ma responsabilité de me préparer pour le scénario le plus probable à ce moment-là. Mais si j'avais été un partisan dans les gradins, je vous confirme que je ne serais pas parti avant la fin. J'ai déjà vécu assez de fins de matchs complètement folles dans la Ligue canadienne. Celle que nous ont offerte les Alouettes et les Stampeders n'était pas la première, ni la dernière!
Ce fut un beau match, une fin extraordinaire et une victoire qui fait du bien contre une équipe qui était la bête noire des Alouettes depuis quelques années. On ne commencera pas à dire que c'est un résultat qui va les propulser vers la gloire pour 2012, mais ça reste néanmoins un bon point de départ pour une petite lancée - pourquoi pas? - en ce début de saison.
Peu importe les répercussions qu'aura cette victoire sur les résultats à court terme de l'équipe, elle a assurément fait beaucoup de bien aux troupes. Elle a créé un climat dans lequel tout devient plus facile. Dans ces circonstances, les gars ont le goût de rentrer au vestiaire et de travailler plus fort. Ces petites choses, accumulées au bout du compte, font une différence. Des matchs comme ça, ça peut changer une saison.
Étienne à Toronto : une étape à la fois
Bien content pour mon ami Étienne Boulay, qui s'est finalement trouvé une nouvelle niche à Toronto.
Il était temps pour lui. Les choses tardaient à débloquer et il commençait à être nerveux. Il n'aimait pas trop ce qui se passait et ne pensait jamais avoir à se retrouver dans cette situation.
Il semblait bien excité et heureux quand il m'a appris la nouvelle. Il ne s'en va pas en terrain inconnu. Dans la Ville Reine, il rejoint notamment les entraîneurs Chris Jones et Scott Milanovich, deux gars avec qui il entretient une très bonne relation.
À son arrivée, Étienne va d'abord devoir prouver qu'il est en bonne forme physique. Il va commencer sur les unités spéciales et après, on ne sait jamais ce qui peut se passer. Les Argonauts comptent présentement sur un maraudeur américain, mais leur ligne à l'attaque, composée de joueurs canadiens, ne casse rien. C'est peut-être un endroit où un Américain viendra s'immiscer pour créer une ouverture ailleurs.
La patience sera de mise pour ceux qui s'attendent à voir Étienne dans le douze partant immédiatement. Pour l'instant, il a encore des croûtes à manger. Il doit prouver qu'il peut toujours jouer dans la ligue. Si on exclut le match hors-concours dans lequel il a joué un quart cet été, il n'a pas vu d'action depuis juillet dernier.
Soyons réaliste, donc.
Propos recueillis par Nicolas Landry.
