Après deux pas en avant face aux Blue Bombers et aux Stampeders, la défensive des Alouettes a fait un pas de recul samedi, au grand plaisir des Tiger-Cats à Hamilton.
Non seulement cette défaite de 39-24 a-t-elle fait mal aux Moineaux, elle a de quoi nourrir quelques inquiétudes. Sous la gouverne du nouveau venu Jeff Reinebold, l'unité défensive montréalaise tarde à s'acclimater au système de jeu en place.
Erreurs d'assignations, erreurs de structure, joueurs laissés sans couverture
La confusion était flagrante et les exemples sont nombreux.
Les Alouettes ont d'abord perdu la trace de Chris Williams à plusieurs reprises, en plus de permettre au porteur de ballon Chevon Walker de sortir du champ arrière sans être touché.
C'est sans parler du quart Henry Burris, qui n'a pour ainsi dire jamais été mis sous pression, complétant 26 de ses 30 tentatives de passe.
La frustration était évidente dans le camp des Alouettes au cours de la rencontre. On a même vu le demi défensif Dwight Anderson avoir une prise de bec avec un entraîneur. Pas le genre de chose qu'on aime voir.
C'est à se demander si l'unité défensive ne s'est pas trop emportée à la suite des victoires face aux Stampeders et aux Blue Bombers. Dommage, car avec une offensive aussi dévastatrice, les Alouettes n'ont qu'à retenir quelque peu l'équipe adverse pour s'imposer.
Richardson trop bavard?
Du côté de l'attaque, le bon vieux Anthony Calvillo continue à faire preuve de courage dans la douleur. S'il met un peu de temps à se relever après chaque plaqué, il ne le fait pas pour les caméras, croyez-moi! C'est toujours triste de le voir se faire frapper ainsi.
Malheureusement pour le vétéran quart des Alouettes, ses receveurs ne lui ont pas offert le support nécessaire lors du dernier match. À commencer par Jamel Richardson.
Force est de constater que le joueur étoile connaît un début de saison extrêmement difficile, lui qui continue à échapper des ballons à répétition.
Il s'agit peut-être que d'une supposition, mais on est en droit de se demander s'il s'est mis un peu trop de pression sur les épaules en clamant haut et fort en début de saison qu'il visait les 2000 verges de gains et le titre de joueur par excellence de la LCF . Ça semble le rattraper.
Au lieu de se concentrer à réaliser l'attrapé et gagner 15 verges, il se voit déjà faire le jeu de 80 verges pour ensuite perdre le ballon, ce qui est inhabituel dans son cas.
Si Richardson marchait à plein régime, nul doute que les Alouettes connaîtraient un meilleur début de saison.
Sur le plan des unités spéciales, celles-ci en ont à nouveau arraché après un début de match pourtant prometteur. Le tout a commencé avec un bon retour de botté de 27 verges réussi par Trent Guy. On a aussi un peu mieux fait sur les bottés d'envois, mais les Alouettes ont accordé un coûteux retour de 117 verges à la suite d'une tentative de placement raté.
Trestman a-t-il été trop audacieux en faisant confiance à Sean Whyte sur cette tentative de placement de 49 verges? Non. Il se devait de prendre cette décision, car après tout, Whyte était parfait jusque-là.
Pas à pas
À quoi pouvons-nous nous attendre face aux Argonauts de Toronto vendredi au Stade Percival-Molson? Difficile à dire.
L'occasion serait idéale pour le groupe d'entraîneurs des Alouettes de simplifier leur système de jeu. Une décision qui s'était avérée payante au terme de la première défaite de la campagne, face aux Stampeders de Calgary.
Il sera également intéressant de voir si Trestman offrira un coup de pouce à Reinebold au cours de la rencontre. Pourquoi? Parce que l'offensive des Argonauts est calquée sur celle des Alouettes depuis l'arrivée de Scott Milanovich à Toronto. Ce dernier a évolué dans l'ombre de Trestman pendant quatre ans à Montréal avant de prendre les commandes des Argos.
Milanovich n'est d'ailleurs pas étranger à la venue de mon bon ami Étienne Boulay à Toronto. Après un premier match au sein des unités spéciales face aux Blue Bombers la semaine dernière, l'ancien des Alouettes devraient reprendre son poste samedi. Je ne m'attends pas à le voir en défensive au cours de la rencontre.
Comme un bébé, Étienne doit faire les pas un à un, lui qui n'avait pas joué depuis le mois de juin dans le cadre d'un match préparatoire, son dernier dans l'uniforme des Alouettes.
Propos recueillis par Mikaël Filion
