Je ne vois pas la présente série de trois victoires des Alouettes comme un revirement de situation par rapport à notre début de saison, mais plutôt comme un signe de notre progression.
Nous n'avons pas changé énormément de choses dans notre préparation et il n'y a pas eu de grands discours non plus, simplement la volonté de continuer à travailler sur ce que nous faisions depuis le commencement du camp d'entraînement.
Il faut savoir que plusieurs choses ont changé comparativement à la dernière campagne. Cela a demandé aux joueurs un certain temps d'adaptation et nous commençons graduellement à en voir les effets positifs.
Plus précisément, l'entraîneur de la ligne offensive nous a demandé de bloquer d'une nouvelle façon. Avant, nous devions passer au travers de tous les fronts, tandis que nous privilégions une défense de zone maintenant.
Ainsi, c'est facile de dessiner des traits et de dire que nous allons bloquer de telle manière. Mais lorsque nous arrivons en situation de match, c'est une tout autre histoire. C'est difficile d'avoir les bons angles et les bons blocs pour obtenir une pochette protectrice convenable pour le quart-arrière.
L'idée, c'est de faire confiance aux joueurs qui évoluent à tes côtés pour ne plus avoir à faire des changements d'assignation à la ligne de mêlée. En ne privilégiant plus le homme à homme et en optant pour la zone, je sais que je peux laisser aller le joueur que je devais bloquer si jamais mon garde à gauche travaille dans la même secteur que moi.
Cela a pris du temps à assimiler, car nous ressortions parfois nos vieux réflexes, mais nous avons de plus en plus confiance en nos moyens, ce qui oblige les défenses adverses à jouer sur les talons.
London est sorti de l'ombre
Avec les blessures à certains de nos receveurs de passes, d'autres joueurs ont dû élever leur jeu d'un cran. Le premier nom qui me vient en tête est celui de Brandon London, qui a pris la place du retraité Kerry Watkins.
London présente une moyenne de 18,6 verges par attrapé, mais on dirait que ses catchs sont toujours de près d'une 30aine de verges! Mais au-delà de ses statistiques personnelles, je retiens surtout qu'il retire autant de fierté à effectuer un bon bloc qu'un attrapé.
C'est d'ailleurs l'une des forces de notre groupe de receveurs, ils mettent leur égo de côté et mettent beaucoup d'énergie à aider leurs coéquipiers lorsque nous optons pour un jeu au sol.
Deux matchs qui surviennent au bon moment
Nous disputerons nos deux prochains matchs contre les Lions de la Colombie-Britannique, l'équipe qui présente le meilleur dossier dans la Ligue canadienne de football.
Par expérience - c'était souvent le cas lorsque je jouais avec le Rouge et Or de l'Université Laval -, je sais qu'il est possible de connaître deux rencontres complètement différentes en l'espace de quelques jours. Nous pouvions l'emporter par 30 points lors de la première partie et cela s'avérait extrêmement serré pendant la deuxième.
Chose certaine, cette série de deux matchs ne pouvait arriver à un meilleur moment, puisque nous saurons exactement où nous sommes rendus dans notre progression.
Par contre, j'espère que nous pourrons enfin disputer un match complet, un match où nous n'aurons pas connu un relâchement. Il faut que l'attaque, la défense et les unités spéciales jouent pendant quatre quarts et non deux ou trois. Nous devons y arriver contre les Lions.
*Propos recueillis par Francis Paquin






