mardi, 12 juin 2012. 08:28

Traditionnellement, les dirigeants de la United States Golf Association incluent dans leur fascicule de présentation de l'Omnium des États-Unis qu'il s'agit du meilleur test de golf de l'année. Ceux qui ont écrit le communiqué l'an passé ont du perdre quelques heures de sommeil lorsque le Nord-Irlandais Rory McIlroy a remporté le tournoi disputé par temps pluvieux au Congressional non loin de Washington avec un pointage cumulatif de 268, 16 coups sous la normale. Il a, du même coup, éclipsé le record du plus bas pointage inscrit par Tiger Woods par quatre coups. Il a devancé son plus proche rival, le jeune Australien Jason Day, par huit coups. Bref l'an passé, l'Omnium fut tout sauf un bon test de golf.

Cette année, la situation risque d'être fort différente au Olympic Club de San Francisco qui accueille cette compétition pour une cinquième fois. Cela n'a rien d'une revanche, du moins je l'espère. Cela serait une bien curieuse coïncidence puisque la dernière fois que le réputé parcours de San Francisco a été le site de l'Omnium en 1998, les conditions de jeu ont frôlé le ridicule. La position des coupes était dans plusieurs cas très discutables et nombreux furent les joueurs qui ont ouvertement critiqué une telle situation.

Quelle est la recette pour gagner cette année? De l'avis de Mike Davis de la USGA, celui-là même qui dicte les conditions de jeu; il faudra surveiller les joueurs qui ont dans leur sac les options de pouvoir obtenir des crochets de droite à gauche et de gauche à droite. Mais il leur faudra surtout utiliser ces différentes trajectoires au moment opportun.

Il faut tenir compte de certains détails qui pourraient s'avérer très importants d'ici la conclusion de cet événement. Comme la configuration du parcours. Selon Davis, jamais les six premiers trous d'un terrain utilisé pour l'Omnium n'ont été aussi difficiles à négocier.

Le premier trou sera une longue normale quatre de 520 verges. Ce fut le par cinq le plus facile du parcours lorsque Lee Janzen y a gagné l'Omnium en 1998. On a rallongé le deuxième trou de 34 verges et le troisième trou sera une normale trois que l'on pourra étirer jusqu'à 247 verges.

La plus importante modification a été apportée au 8e trou. D'un par trois facile, on l'a transformé en une normale trois « moderne » que l'on jouera sur 200 verges. Le neuf d'aller sera une normale 34. Sur cette portion du parcours, les responsables ont ajouté 217 verges sur l'ancienne carte de pointage.

Les trois derniers trous constitueront aussi un défi pour les meilleurs golfeurs de la saison 2012. Le 16e sera le plus long par 5 des 112 éditions de ce tournoi. On le jouera au moins à deux occasions sur une distance de 670 verges. Le 17e sera aussi une normale 5. Ce trou était une normale quatre lors des deux précédents omniums disputés au Olympic Club. On complètera la tournée avec un petit par 4 de 344 verges sur lequel on obligera les joueurs à forcer la note si jamais la situation s'impose.

Le fait d'aligner deux normales cinq consécutives en fin de parcours représente un défi fort intéressant qui obligera les joueurs à modifier leur stratégie selon le déroulement de la compétition.

Au nombre des petits détails à surveiller figure le fait du tirage au sort des positions de départ. À cause de problèmes de logistique de transport lors des deux premières rondes, les joueurs prendront le départ jeudi et vendredi à partir des trous No 1 et No 9 et non pas du No 10 comme c'est généralement le cas. Cela revient à dire que l'on terminera l'une des deux rondes sur le 8e trou qui a été complètement redessiné. Fini le petit par trois facile. Et nombreux sont les joueurs qui détestent terminer une ronde avec un par trois.

Ce par 70 de 7 170 verges risque de donner le vertige à plusieurs joueurs, surtout si le vent se lève. Et le vent sera différent cette année. En effet, plusieurs des énormes pins de la Californie qui bordaient certaines allées; ont été emportés par des maladies. Tant et si bien que le vent du Pacifique sera nettement plus présent cette année. C'est sans compter les dénivellations sur ce parcours qui peuvent aisément rivaliser avec certaines rues typiques de San Francisco.

On s'est aussi assuré que les contours de certains verts, à tout le moins sept nous a t-on dit, seront rasés de près. À moins d'un coup parfait, on va vraiment en payer le prix. La vitesse sur les verts devrait varier entre 11 et 12 sur l'échelle Stimpmeter, légèrement à la baisse selon les standards habituels.

Les éléments clés demeureront essentiellement les mêmes pour qui conque aspirera à la victoire : Précision des coups de départ, capacité de récupérer de ses erreurs autour des verts et une patience hors du commun afin de ne pas vouloir effacer trop rapidement un boguey ou un score encore pire.

Il faut avant même le premier coup de départ féliciter les dirigeants du tournoi qui ont tenu à jumeler des joueurs qui feront grimper d'un échelon la valeur du spectacle dès la première ronde. À titre d'exemple notons le trio de Tiger Woods, Phil Mickelson et Bubba Watson ou encore celui de Luke Donald, Rory McIlroy et Lee Westwood. On a beau vouloir présenter le meilleur test de golf au monde, on doit aussi tenir compte de la valeur du spectacle.

Ne misez pas nécessairement sur des joueurs établis. Le parcours du Olympic Club a la réputation de choisir ses champions parmi ceux dont la minutie lors des tournois majeurs est presque maladive. Une chose est certaine, cette année, on ne fera pas de cadeau à qui que ce soit à l'Omnium américain.