Michael Whan (Photo Getty)

Le secret le mieux gardé du golf professionnel a été rendu public plus tôt cette semaine lors de l’annonce de la nomination de Michael Whan au poste de Commissaire de la LPGA.
Jusqu’à tout récemment, il occupait le poste du chef du bureau de direction de Mission Itech Hockey, une entreprise qui a connu un essor remarquable avant d’être achetée l’an passé par Bauer. Il avait auparavant œuvré chez Proctor and Gamble, à la division golf de Wilson Sports et fut président et directeur général de Taylor Made-Adidas Golf en Amérique du Nord.
Whan dont la spécialité est la mise en marché aura tout un défi à relever. Le circuit de la LPGA a connu des moments très difficiles au cours de l’année. Les crises se sont multipliées et ont éventuellement mené au départ de Carolyn Bivens dont le règne fut marqué par de nombreuses controverses.
Issue du milieu des agences de publicité et de la presse écrite, madame Bivens n’a jamais été en mesure d’imposer quelque forme de leadership que ce soit. Son style ne convenait tout simplement pas et les solutions qu’elle a proposées pour relancer le circuit n’ont pas plus aux joueuses, aux partenaires ainsi qu’aux commanditaires.
Il y avait 34 tournois en 2008. On en comptait 28 cette année. Plusieurs observateurs estiment que les meilleures professionnelles au monde devront se contenter d’une vingtaine de tournois l’an prochain. Le calendrier de la LPGA donne des impressions de champ de bataille Les négociations pour renouveler les ententes ont été plus souvent qu’autrement marquées d’affrontements qui ont mené aux départs d’entreprises depuis longtemps associées au golf féminin et qui ne sont pas près de réinvestir des sous dans l’aventure.
À cause d’une économie fragile, tous les circuits de sport professionnel ont redoublé d’effort pour consolider leurs liens avec des commanditaires. Madame Bivens aura préféré les confronter et vouloir leur imposer ses exigences. Le comité de transition, en plus de se mettre à la recherche d’un nouveau commissaire, a aussi été dans l’obligation de maintenir l’organisation à flot. C’est donc avec le sourire et l’impression d’avoir réussi à atteindre leurs deux objectifs que les membres de ce comité se sont rassemblés autour de Whan à la suite de sa nomination.
Sa principale qualité, c’est d’être un administrateur issu du milieu sportif et c’est aussi un passionné de golf. Le sport est un monde bien particulier et le sport d’élite est encore plus pointu. Ceux provenant de l’extérieur de ce cercle fermé et qui ont voulu s’improviser comme de bons administrateurs ont très souvent failli à la tâche. Ils ont plus souvent qu’autrement provoqué des catastrophes. Seuls des efforts menés par de véritables artisans sportifs ont ensuite permis d’éviter le pire.
Dans le milieu sportif, comme dans les autres secteurs, rares sont ceux qui réussissent uniquement en improvisant des solutions à court terme. On ne s’improvise pas restaurateur ou hôtelier. On ne connaît que trop bien des gestionnaires qui ont ruiné des clients ou voulant prendre des raccourcis pour arriver à leurs fins dans le secteur des finances.
Le milieu sportif est dorénavant si minutieusement scruté qu’on ne peut plus s’improviser spécialiste du sport dans tel ou tel domaine. Pas plus un commissaire qu’un entraîneur. Le circuit de la LPGA en a payé le prix et il faudra quelques saisons pour revitaliser le golf féminin. Et si cela s’applique au golf, cela peut très bien s’appliquer à l’ensemble des sports au Québec. Petite question en passant : est-ce que tout le monde est à la bonne place chez nous?