mardi, 3 juil. 2012. 11:32

Nous vous proposons cette semaine de suivre les activités de l'Omnium féminin des États-Unis sur les ondes de RDS2. J'ai toujours prétendu que les amateurs pouvaient davantage améliorer leur jeu en regardant évoluer les golfeuses de la LPGA dont les élans sont beaucoup plus comparables aux nôtres.

Le tournoi se déroulera sur les installations du Club Blackwolf Run, propriété de la famille Kohler qui gère également le très difficile parcours de Whistling Straits où a eu lieu le Championnat de la PGA lorsque Dustin Johnson a été pénalisé pour avoir prétendument déposé son bâton dans une fosse de sable.

On nous dit que les conditions de jeu seront aussi difficiles que celles qu'on a retrouvées il y a quelques semaines au Olympic Club de San Francisco pour les hommes.

Cette fois, le parcours sera d'une longueur de 6 984 verges. Il s'agira d'une normale 72. C'est terriblement long quand on tient compte du degré de difficulté que l'on ajoutera au terrain en réduisant la largeur des allées et en laissant pousser l'herbe progressivement à quelques verges des zones cibles des coups de départ. L'an passé, les participantes avaient été confrontées à terrain de plus de 7000 verges (7 047 verges pour être précis); mais le parcours était situé en altitude au Colorado.

Le choc risque d'être brutal pour les 156 participantes. La longueur de la plupart des terrains utilisés pour les tournois de la LPGA varie entre 6 150 et 6 500 verges. Le Championnat Kraft, premier majeur de la saison, se joue sur 6 738 verges. Mais on ne redouble pas pour autant les embûches sur le parcours.

Lors des plus récents championnats, les dirigeants de la USGA ont poussé les golfeuses à la limite. L'an passé, une des normales 5 était longue de 603 verges. En 2010 à Oakmont, le 8e trou, une normale 3 se jouait sur 252 verges. Les longues normales 4 atteignent maintenant des distances de plus de 450 verges.

Il est vrai, tant chez les hommes que chez les femmes, que ceux qui participent à cette compétition sont parmi les meilleurs de la profession et qu'ils ont des compétences vraiment exceptionnelles. Nul n'en doute. Mais est-une une raison pour rendre les conditions de jeu presque absurdes ?

L'Omnium Américain se veut aussi une fenêtre pour promouvoir la pratique du golf et je ne crois pas que des conditions extrêmement difficiles soient véritablement un incitatif pour qui conque veut s'adonner au golf.

Qu'est-ce qu'on veut voir en assistant à une épreuve de Formule Un ? Des bolides qui peuvent à peine avancer à cause de la présence de cônes orange installés à tous les 100 mètres ou au contraire des installations leur permettant d'exprimer tout leur talent et de mettre en valeur les avancées technologiques de la voiture.

Même chose au golf, va pour un très bon test afin de déterminer les plus longs cogneurs, les plus précis et ceux sauront le mieux de sortir d'impasse. Ceux qui utiliseront la meilleure stratégie en tenant compte du temps qu'il fait et des subtilités du parcours. Voilà ce que l'on veut voir.

Il y a deux ans à Oakmont, réputé comme étant le terrain de golf le plus difficile aux États-Unis, Paula Craemer avait remporté la victoire dans ce qui fut davantage un exercice de survie qu'un tournoi de golf. Si jamais cette semaine, on a mis en place le terrain de Blackwolf Run comme on l'a fait au Olympic Club, on risque de diminuer la qualité du spectacle.

Qu'est-ce qui vous semble le plus profitable au golf : une victoire de Tiger Woods qui a effectué des coups spectaculaires et qui a fait grimper les cotes d'écoute de 188% comparativement à l'an passé lors du tournoi AT&T National ou 156 golfeuses qui vont peiner sur un parcours rendu beaucoup trop difficile pour le simple plaisir de quelques dirigeants de la USGA qui prétendent redonner la vraie valeur à une normale ?

Les filles de la LPGA ont vraiment beaucoup de talent. Qu'on les laisse le démontrer.