Il faut le dire, il n’y a qu’à Montréal où le travail d’un directeur général est scruté à la loupe durant la saison morte. En effet, les partisans ont attendu patiemment de voir quelle direction allait prendre Marc Bergevin avec l’espace disponible sur la masse salariale. Tous voulaient voir le Canadien acquérir le gros joueur de centre numéro un tant attendu ou encore un défenseur top 2 pouvant évoluer à la gauche de Shea Weber. À l’aube de la première rencontre du camp d’entraînement, nous sommes forcés d’admettre qu’à moins d’un coup d’éclat monumental, l’alignement du tricolore ne devrait pas changer outre mesure d’ici le premier match de la saison régulière.

Il est vrai que Marc Bergevin n’a pas l’habitude d’amorcer la saison avec autant d’espace sur sa masse salariale. D’où la grogne populaire quant aux non-signatures d’Alexander Radulov et d’Andrei Markov. Toutefois, est-ce que l’ajout de l’un de ces deux joueurs à la formation actuelle aurait réellement pu permettre au CH d’aspirer aux grands honneurs dès cette saison? Malheureusement, je ne crois pas que cela aurait été suffisant pour le CH, qui, mise à part son gardien, n’a pas le club pour remporter la Coupe Stanley cette année selon moi.

D’ailleurs, dû à la faiblesse du marché des joueurs autonomes cet été, on a eu d’autre choix que de se tourner du côté du marché des transactions, notamment avec la venue du jeune Jonathan Drouin. Il est certain que Bergevin aurait pu continuer son magasinage et payer le prix fort afin d’aller chercher un autre joueur d’impact pouvant améliorer le club dès cette année. Toutefois, cette option reste très dangereuse, puisqu’il ne faut pas oublier la prolongation du contrat de Carey Price d’un montant de 10,5 millions de dollars par saison qui entrera en vigueur l’été prochain. Ou encore le prochain contrat de Max Pacioretty qui devrait lui rapporter environ 8 millions de dollars par saison. Imaginez maintenant si le Canadien avait offert ce fameux contrat d’une durée de cinq ans et 6,250 millions de dollars par saison à Alexander Radulov. Ou si le Canadien avait donné la lune pour obtenir les services de Matt Duchene et son salaire de 6 millions de dollars par saison pour encore deux ans. Oui, le Canadien a une somme de 8,5 millions de dollars disponible cette année, mais il pourrait se retrouver dans une impasse importante si on venait à ajouter un autre gros salaire pour une longue durée.

 

Marc Bergevin a toujours l’option d’aller chercher un important joueur de location à la date limite des transactions si on évalue qu’on est dans une bonne posture pour faire un bout de chemin en séries. Cette option est de loin la plus sûre, quant au court et au long terme. Un joueur comme John Tavares pourrait alors devenir une option plus qu’alléchante si les négociations se compliquent entre lui et les Islanders. Le Canadien aura donc l’espace nécessaire pour manœuvrer alors que la majorité des autres équipes auront les mains liées en raison du plafond salarial.

 

Texte paru originalement sur EnProlongation.com