Par Carl Savard

Il est enfin venu le temps de s’attarder au combat opposant Santos Saúl Álvarez Barragán (Canelo) à Gennady Gennadyevich Golovkin (GGG ou Triple G). Si l’attention médiatique de ce combat a connu une pause durant l’événement Mayweather vs McGregor, tous les yeux sont maintenant rivés sur cet affrontement opposant le Mexicain de 27 ans au Kazakh de 35 ans. Aujourd’hui, analyse et survol de la carrière de Saúl « Canelo » Álvarez.

Les débuts

Alors que plusieurs jeunes boxeurs débutent leur carrière dans les rangs amateurs avant de passer pro dans la vingtaine, Saùl Álvarez reçoit sa première paire de gants à l’âge de dix ans et fait ses débuts professionnels cinq ans plus tard. Entraîné pendant quelques années par son frère, c’est sous la tutelle de Chepo Reynoso qu’il monte finalement dans le ring pour la première fois le 29 octobre 2005 à l’âge de 15 ans. Douze ans plus tard, Reynoso est toujours l’entraîneur de Canelo, travaillant en équipe avec son fils Eddy. Après un début de carrière bien mené et l’acquisition d’un titre local, Canelo met les pieds en sol américain pour un premier combat au pays de l’Oncle Sam trois ans après ses débuts chez les professionnels et fort d’une fiche de 21-0-1. Un combat de dix rounds contre Larry Mosley, cousin de Sugar Shane, que Canelo remporte par décision unanime.

Les premiers combats significatifs

L’année 2010 est une année importante dans la carrière d’ Álvarez. Il remporte une victoire face à José Cotto à qui il inflige une deuxième défaite seulement en trente-quatre combats. Il enchaîne avec une victoire sur Luciano Cuello lui permettant de mettre la main sur la ceinture WBC Silver chez les 154 livres. Dès le premier round, il est évident que Canelo est trop fort pour Cuello. Ce dernier visite le plancher lors des deux premiers engagements. L’arbitre arrête finalement le combat au sixième. Avant la fin de l’année, Canelo envoie Carlos Baldomir au pays des rêves sur un crochet gauche à deux secondes de la fin du sixième engagement et gagne par décision unanime en 12 rounds face au tenace et expérimenté Lovemore N’dou. Canelo remporte son premier titre majeur en début d’année 2011 alors qu’il devient champion des super mi-moyens de la WBC grâce à une victoire face à Mathew Hatton. Le jeune rouquin atteint le siège du conducteur à l’âge de 21 ans avec une fiche de 35-0-1 et s’étant battu entre cinq et huit fois par année dans les six premières années de sa carrière.

Sugar Shane

C’est en 2012 après trois défenses fructueuses de son titre de la WBC que Canelo Álvarez affronte son premier grand nom: Sugar Shane Mosley. Bien que dix-neuf années séparent les deux pugilistes et que Mosley est sur la pente déscendante ayant subi deux défaites et obtenu une égalité lors de ses trois combats précédents, il demeure un adversaire important pour Canelo. Le jeune Mexicain l’emporte par décision unanime. « Quand les jeunes commencent à te brasser de la sorte, il est peut être temps de penser à devenir promoteur » Ces mots de Mosley après le combat sont suivis par l’annonce de sa retraite, qu’il finira par prendre à trois reprises.

Austin Trout

Si une victoire contre Mosley ne permettait pas à Álvarez d’affirmer clairement sa place au sommet, son combat d’unification WBA et WBC chez les 154 livres face à Austin Trout allait sans doute être la clé. Trout, invaincu en vingt-six combats et fort d’une victoire face à Miguel Cotto, est l’adversaire dont Álvarez a vraiment besoin: un champion gaucher, avec une longue portée, un vrai test. Pendant le premier tiers du combat, il est évident que le jab de Trout dérange Canelo mais les mouvements de tête du Mexicain finissent par décourager le champion WBA. Après des ajustements de chacun des boxeurs, une guerre de tranchées débute à partir du sixième assaut. Canelo l’emporte finalement par décision unanime dans un combat serré et extrêmement excitant. Le genre de combat à lequel l’affrontement Canelo vs GGG pourrait ressembler.

Floyd Mayweather et Erislandy Lara

Lors de son combat face à Floyd Mayweather, le jeune Mexicain arrive dans le ring avec la mauvaise stratégie. Il tente de boxer avec le maître plutôt que d’utiliser son physique, ne semble jamais trouver le bon angle et outre un coup bas d’impatience lors d’un accrochage, respecte beaucoup trop Mayweather pour avoir une chance de faire tourner le vent en sa faveur. Autant au niveau précision que nombre de coups donnés, Money a l’avantage sur Canelo et remporte une décision majoritaire. Deux combats plus tard, Álvarez affronte le Cubain Erislandy Lara. Peu de spécialistes à l’époque croyaient que cet affrontement aurait lieu considérant que Lara partage certaines affinités avec Floyd Mayweather au niveau du style en plus d’être gaucher. Dès le troisième engagement les hués se font entendre dans la foule. Lara n’engage pas le combat. Il explose sur une combinaison puis danse hors de portée autour de Canelo. Ce dernier finit par s’impatienter et travaille Lara au corps autant qu’il le peut ce qui ralentit le Cubain. Canelo remporte le combat par décision partagée. Lara crie au vol, mais dans les faits son style aura mené à sa perte.

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