Il y a de ces joueurs de hockey qui tombent entre deux chaises : trop forts pour la Ligue Américaine, mais pas assez pour la Ligue Nationale. Évidemment, dominer dans la LAH est digne de mention, même si le niveau et la notoriété de cette ligue n’approcheront jamais ceux de la LNH.

Pourtant, on parle d’un monde de différence au niveau du mode de vie. Les joueurs du circuit Bettman se déplacent en avion, logent dans de luxueux hôtels et mangent comme des rois, sans oublier qu’ils sont traités aux petits oignons par de multiples personnes travaillant pour leur équipe. La Ligue Américaine? Voyages en autobus, repas standards, arénas à moitié vides et les joueurs n’ont pas autant de soutien.

Bon! Ils ne sont quand même pas à plaindre. On parle quand même de hockey professionnel de haut niveau, avec de bons salaires et d’excellentes conditions de travail malgré tout. Mais comment apprécier le tout quand on a goûté au plaisir et à la gloire d’une carrière dans la meilleure ligue du monde? Ça serait comme demander à Guy Laliberté de travailler comme comptable : pas un mauvais emploi, mais quand on compare avec sa situation actuelle…

Alors, que fait un joueur qui ne peut s’établir dans la LNH, mais qui est trop fort pour le niveau d’en-dessous? Il se contente de la LAH? Il prend sa retraite? Il change de carrière? Évidemment, un joueur de hockey dans la fleur de l’âge veut, la plupart du temps, jouer…au hockey! Ne connaissant presque exclusivement que ça, c’est normal qu’il veuille faire ce qu’il aime le plus longtemps possible…

De bons joueurs de hockey comme Pierre-Marc Bouchard et Steven Reinprecht ont décidé d’aller patiner en Europe, plus particulièrement en Suisse et en Allemagne. Ilya Kovalchuk, Nigel Dawes et Slava Voynov (expulsé de la LNH) font bien dans la KHL. Corey Locke, un ancien prospect du Canadien, fait flèche de tout bois en Autriche. Bref, les options ne manquent pas pour ceux qui ne veulent pas se contenter de la Ligue Américaine.

Ce saut en Europe, l’ancien des Oilers Marc Arcobello (photo du billet) a décidé de le faire cette saison. Après une belle carrière pour l’Université Yale, ce petit centre de 5’8 pieds est arrivé dans la LNH à titre de joueur autonome, dans l’organisation des Oilers d’Edmonton. En quatre ans, de 2012 à 2016, il a porté les couleurs de cinq clubs de la LNH : Edmonton, Nashville, Pittsburgh, l’Arizona et Toronto.

C’est en 2013-2014 qu’il a connu sa plus grosse saison dans la LNH, amassant dix-huit points (quatre buts) en 41 parties avec les Oilers. De 2012-2013 à 2015-2016, il a disputé 139 parties dans la meilleure ligue du monde, amassant au passage 53 points, dont 24 filets. Pas mauvais, mais en raison de son style, c’était insuffisant, car un peu comme David Desharnais, Arcobello est un joueur à caractère offensif…

Or, quand on ne peut percer le Top 6, on joue beaucoup moins. Et quand on joue beaucoup moins, on amasse moins de points. Et quand un joueur offensif ne peut amasser des points, à quoi diantre sert-il? Comme Desharnais, Arcobello n’était pas un spécialiste du jeu défensif ou robuste, limitant considérablement son utilité sur les deux derniers trios.

Pourtant, il dominait dans la Ligue Américaine. L’an dernier, avec les Marlies de Toronto, il a amassé 59 points en 49 parties. En 2013-2014, 18 parties furent suffisantes pour qu’il se farcisse une fiche de 28 points, dont dix buts, ce qui constitue une excellente récolte! Malheureusement pour lui, il n’a pu reproduire ses succès dans aucune des équipes pour lesquelles il a patiné dans la LNH.

Pris entre deux chaises, il a donc décidé d’accepter un contrat avec le SC Berne, dans la Ligue Nationale A de Suisse. Le moins que l’on puisse dire, c’est que sa décision semble avoir été la bonne jusqu’à maintenant, puisqu’en date d’aujourd’hui (14 Décembre), il pointe au deuxième rang des marqueurs de la LNA, avec 35 points en trente joutes. Le premier pointeur, Denis Hollenstein, a aussi 35 points, mais 21 buts, comparativement aux 18 réussites d’Arcobello.

Ce dernier est clairement la tête d’affiche de son club jusqu’à maintenant cette saison, puisque son plus proche coéquipier se retrouve treize points derrière lui. Le petit numéro 36 de l’équipe de Berne est clairement le patineur le plus utile de son club, avec le vétéran gardien Leonardo Genoni, qui connaît aussi une saison du tonnerre devant le filet.

Âgé de 28 ans seulement, les jours d’Arcobello ne sont peut-être pas comptés encore dans la LNH. Après tout, il domine partout où il passe et même si le niveau n’est pas celui de cette ligue que l’on aime tant ici, il faut un sacré talent pour dominer comme il est capable de le faire. Peut-être que cette expérience fera de lui un meilleur joueur, qui sait?

Non, on ne risque pas de voir Marc Arcobello se battre pour le trophée Art Ross de sitôt, ou de le voir au match des étoiles de la LNH. Pas plus qu’on ne risque de le voir déloger Sidney Crosby, Nicklas Backstrom ou Patrice Bergeron au sein de leur équipe, à titre de premier centre.

Une chose est certaine par contre : l’ancien des Coyotes et des Penguins est un fichu bon petit joueur de hockey et il mène une très belle carrière jusqu’à ce jour.

Sur ce, bonne journée mon Grand (Club) !

Sources : hockeydb.com, nhl.com, hockey-reference.com