Depuis mainenant plus de cinq, Marc Bergevin parie. À la table de poker entouré des autres directeurs généraux, de son entraineur Claude Julien et même de certains joueurs amateurs, il joue sans peur. Son style agressif lui à rapporté gros jusqu'à maintenant. Son commanditaire, le bon Geoff,  l'apprécie tant, qu'il lui a même donné un nouveau contrat il y quelques années afin que Marc continue de jouer pour lui encore longtemps. C'est qu'à l'époque de ce nouveau contrat, Marc semblait imbatable. Il se retrouvait toujours à la table finale. Ces cartes n'étaient pas toujours les meilleurs, mais ses adversaires non plus et devant les joueurs amateurs il pouvait toujours s'en sortir avec un petit bluff  bien placé. Et puis de toute manière il avait toujours son as... Dans sa manche ou sa petite poche de blouse, toujours prêt à le sortir pour gagner une manche serrée ou faire taire ses adversaires.

Le problème c'est qu'à force de toujours gagner contre des plus faibles, à force de toujours jouer le bluff et de sortir son as, Marc a cru qu'il jouait bien, qu'il jouait mieux que tout le monde et même alors, il est devenu arrogant, il a cru qu'il pouvait se passer de certaines de ses meilleurs cartes. Il a cru qu'il n'avait plus rien à apprendre et qu'il serait toujours le meilleur, au pire on bluffera les minables, se disait-il. Alors c'est-il mis à bluffer encore plus. Il bluffait même son preux commanditaire, l'ami Geoff qui avait une confiance sans limites envers lui, lui cachant quelques unes des ces défaites et erreurs les plus gênantes. Et puis BAM! D'un coup, les autres joueurs attablés se sont mis à bien jouer. Les cartes sortaient pour eux et Marc avait beau sortir son as, il n'avait pas les cartes devant lui pour compléter. C'est qu'au poker un as seul ne peut pas battre grand chose, loin de là...

Marc Bergevin a parié lorsqu'il a décidé de baser son équipe sur son as Carey Price. Il a parié lorsqu'il a décidé de vendre PK Subban pour un joueur possèdant le 2/3 de son talent mais qui était dont un bon leader. Il a parié lorsqu'il a décider d'hypothèquer son futur en donnant des choix de 2e ronde pour un joueur de coins de patinoire, Andrew Shaw. Il a parié à de nombreuses reprises sur des joueurs finis, à la date limite des transactions pour «s'améliorer», mais au poker Marc oubliais que seul les cinq meilleurs cartes ne comptaient, qu'il ne servait à rien d'espèrer jouer avec les cartes les plus basses sur la tables. Il a parié en omettant  d'échanger des joueurs dont il savait qu'il ne pourrait retenir les services une fois l'été venu (Radulov, Markov). Et oui, quand on sait qu'on ne gangera pas la coupe, vaut mieux se coucher parfois. Il a parié lorsqu'il a décidé de jongler avec son plus bel espoir offensif en le mêlant complètement, même après qu'il eut connu beaucoup de succès au centre et avec certains joueurs. Il a parié lorsqu'il à décider de renouveler le contrat de joueurs qui lui avait donné de bons moments (Plecanek, Desharnais), mais en oubliant que durant ses moments, il avait fallu à chaque fois qu'il sorte son as Carey pour remporter la manche. Il a tellement parié et perdu d'argent que cet été, il a pris peur. Et comme tout bon joueur compulsif appeurré, il s'est dit que la meilleur façon de se refaire une beauté, c'était de continuer à parier. Alors il a laissé le plus grand défenseur de l'histore moderne du Canadien s'en aller même s'il avait l'argent pour le garder. Ensuite, il a laissé aller son seul défenseur qui donnait la frousse aux équipes adverses avec son jeu physique même s'il est vrai qu'Emelin avait un talent limité et un contrat limitant. Il a décidé de protéger un joueur de 3e paire qui n'avait fait que deux bons mois avec le Canadien plutôt que Beaulieu, le seul joueur capable de transporter la rondelle dans son équipe. Qui plus est, il les a remplacer par des joueurs moribonds dont personne ne voulait en disant que son équipe était maintenant améliorée. Elle ne l'était pas. Il bluffait, comme toujours et une fois de plus, il comptais sur son as pour le sauver. En date d'aujourd'hui, force est d'amettre que ce ne fut pas le cas. Quand il ne te reste que quelques pièces de monnaie, il ne sert à rien de les jouer au Poker mon Marc. Vaut mieux les mettre sur la loterie, on a peu de chances de gagner, mais quand on gagne, on gagne le grot lot.

Marc Bergevin a parier lorsqu'il a décider après sa premire saison remplie de succès que l'équipe était proche d'une coupe Stanley. Il a pris la chance de prendre un raccourci sans vérifier sur son plan la route qui menait au Graal. Sans même se douter qu'une rivière pouvait peut-être croiser son chemin sur le raccourci et que le pont se trouverait alors 1000Km plus bas, sur la route. Pourtant on entendait, il me semble, au loin, le bruit d'immenses rapides... Même les amateurs étaient capable d'entendre le bruit. Mais Marc s'est garoché dans le raccourci. Partout autour on prenait le chemin le plus long de la reconstruction et les DGs de Toronto, d'Edmonton, de Pittsburg, de Washington avaient tous de meilleurs cartes dans leur main que Marc...  Mais lui ne semble s'être jamais posé la question. Envouté par sa propre confiance en lui, il a continué de répéter à qui voulait l'entendre qu'il allait finir par gagner et que la chance tourne toujours quand on a un as dans son jeu. Il ne se doutait jamais, même après toutes ces années, que les autres joueurs avaient peut-être deux as dans leur main...

Marc a parié et aujourd'hui il a perdu. Même les joueurs amateurs savent qu'il bluffe à chaque nouvelle manche, à chaque fois qu'il parle, alors imaginons les autres DG autour de la table. Il a dans sa main, des cartes qui ne seraient bonnes qu'à se coucher. Mais Marc ne peut pas se coucher. C'est qu'il a dit à son commanditaire, le bon Geoff qui avait les cartes pour tout rafler, pour au moins se rendre au tournoi final, et ça fait 5 ans qu'il le dit. Tous les joueurs à la table se sont améliorés. Ils le battent à plat de couture maintenant. Il ne sait plus quoi faire, ne peut plus changer son discours. Pour le gentil Geoff, il serait peut-être temps de larguer Marc maintenant. On ne gagneras pas plus, mais au moins, on aurait un nouvel homme inconnu des autres joueurs et qui nous permettrait peut-être de continuer à bluffer au moins les amateurs et qui sait, s'il prend la route un peu plus longue, de peut-être remporter le championnat un jour avec plusieurs as dans sa manche cette fois...