La vie nous métamorphose, vous savez.

 Les années nous transforment et la plupart du temps, c’est pour le mieux.

 Partir durant quatre jours en vacances vers Baie Saint-Paul, la Malbaie, ça change pas le monde, mais …

 Dans les heures précédent le départ, je devais absolument prendre ma dose d’endorphines. J’ai donc pris les moyens pour y parvenir. Je me suis levé tôt pour courir mon 15km et par conséquent ne pas nuire au déroulement de la journée. Décollage comme prévu.

 Mes souliers de course, ils sont restés à la maison.

 Un séjour sans mes godasses, j’ai quand même dû m’y préparer mentalement. Disons que le mécanisme du cerveau fut temporairement déréglé !

 

Il n'y a pas juste la course à pied dans la vie.

 

En scrutant mon passé, force est d’admettre que ce n’est pas arrivé souvent de pouvoir décrocher de cette façon. Si vous le voulez bien, appelons ça de la sagesse. Oui, j’aime bien le mot sagesse.... dans une vie de couple !

 Le pire dans toute cette histoire est que ma compagne ne m’en a même pas glissé mot, elle ne m’a jamais empêché de les apporter. J’ai pris cette décision seul, comme un grand garçon. Il n’y a pas juste la course dans la vie !

 La tranquillité, le calme et le recueillement m’attendaient au parc des Grands Jardins et dans les Hautes Gorges à l’Acropole des Draveurs. Au total, une vingtaine de kilomètres dont la moitié en ascension.  Et attachez bien votre tuque avec de la broche car côté difficulté, on est servi à souhait.

 

La vie a tellement à nous offrir.

 

Des vacances comme je les aime, actives, amusantes et distrayantes. Des points de vue à couper le souffle qui nous incitent à la réflexion, à prendre conscience de la beauté des lieux.

 Une sorte de pèlerinage où j’y ai fait le plein d’énergie et le vide de l’esprit. On doit s'activer quand l’occasion se présente. Absolument nécessaire à mon avis afin de garder les deux pieds sur terre et ne pas perdre le Nord.

 Apprécier la vie sous un angle différent, reconnaître combien nous pouvons être privilégié, nous, les membres de la communauté des coureurs, qui grâce à une bonne santé, pouvons franchir les jours, les semaines, les mois, les années en savourant chaque moment. Gravir ces deux sommets m’a permis de reconnaître que mes 23 années de course à pied furent profitables et bénéfiques.

 

Décrocher de la course à pied, du matin jusqu'au soir.

 

M’abstenir de courir durant ce séjour m’a fait comprendre l’importance de décrocher, une privation qui allait de soi. Les nécessités deviennent parfois difficiles à percevoir. Il faut souvent la contribution des membres de notre entourage pour nous relancer, nous propulser dans un élan qui nous permettra d’agrémenter davantage notre vie.

 Drogué de la course à pied, me voilà avec une attitude qui diffère du passé. Capable de comprendre le message, je sais reconnaître que je devais subir ce test, qui je crois, a été réussi.

 Briser les habitudes n’a jamais été ma tasse de thé, surtout quand elles datent d’un passé lointain. Or, il faut évoluer et s’accorder des largesses. De toute façon, on ignore toujours les motifs de notre présence sur terre, alors, aussi bien utiliser les moyens pour élargir nos horizons. Sans m’en attendre, je me suis réellement fait plaisir. Comment le savoir sans l’expérimenter ?

 

Oui, j'en prendrai une habitude.

 

Je devais simplement fournir un effort, manifester l’intention d’y goûter comme chez grand maman quand elle me servait un nouveau plat. Après la dégustation, j’avais l’eau à la bouche, les yeux remplis de bonheur, me léchant les babines d’un exquis privilège, la tête bourrée de beaux souvenirs.

 La vie, c’est une blague. Je le dis, je le pense, je l’assume.

 Et en passant, moi, je n’aime pas les retours à la maison !