Il s’est produit ce à quoi je m’attendais lors de la première semaine d’activité du Canadien de Montréal. Une victoire difficile à Buffalo, une tempête Ovechkin à Washington et un duel de gardien à New York.

La panique, temporairement calmée par une victoire écrasante en fin de calendrier préparatoire, est revenue aussi rapidement qu’une mouche que l’on chasse vulgairement de la main. Les amateurs pestent contre une défensive erratique et une attaque anémique. Il est difficile de les contredire.

Néanmoins, avec du recul, quand je pense aux trois premières parties de la saison, je ne vois pas aussi noir que tout le monde. Éternel optimiste, vous me direz. C’est vrai, mais, bien que certaines lacunes soient flagrantes, je continue d’espérer que la cohésion prendra forme et que les choses se replaceront. Je le dis depuis un bon moment. Le Canadien n’a pas l’équipe pour gagner la Coupe Stanley, mais elle n’est pas aussi mauvaise qu’elle ne nous le laisse croire. La dégelée à Washington aura été une grande soirée d’Alex Ovechkin conjuguée à mauvaise performance de Carey Price. Si Price arrête deux des trois premiers buts des Caps, nous avons une partie bien différente. La preuve, le Canadien a carrément dominé les deux dernières périodes. Malheureusement, le brio de Holtby et le manque d’opportunisme de la flanelle auront mené au résultat connu. À New York, Price s’est repris, mais, après une belle et intense première période, l’attaque est tombée à plat. Pourtant, il était beau de voir les joueurs foncer au filet de Lundqvist. Les deux buts refusés auront eu raison du moral de l’équipe. Il faudra remédier à cette faiblesse psychologique sans quoi la saison sera longue, très longue.

Le nouveau système de jeu implanté par Claude Julien a une caractéristique très importante. Tout le monde doit donner l’effort nécessaire pour que la pâte lève. Certains joueurs ne semblent pas avoir compris ce message. Je pointe directement Jeff Petry et Alex Galchenyuk. Petry est misérable depuis le début du camp d’entraînement. Ce joueur nous a pourtant démontré des habiletés en possession de rondelle par le passé, mais depuis le début de la saison, il n’en est rien. Je n’exagère pas en disant que neuf de ses passes sur dix se retrouvent dans les patins de l’attaquant qui le couvre. Il fend généralement l’air pour la passe restante et la rondelle reste à ses pieds. Pour ce qui est de Galchenyuk, il devra comprendre qu’il manque d’intensité et que ce n’est pas en jouant de la sorte que Claude Julien voudra lui faire plaisir. Danault et Shaw n’ont peut-être pas le talent brut du jeune Américain, mais ils se dévouent sur la glace. Galchenyuk devrait profiter de l’espace créé par ses deux compagnons pour être une menace offensive. C’est tout le contraire qui se produit. Il est plutôt effacé, loin de l’action ou carrément en retard sur le jeu.

J’ai eu l’occasion de regarder beaucoup de parties depuis que la saison s’est mise en branle et j’en suis venu à cette conclusion. Les équipes ne sont jamais aussi bonnes ou mauvaises qu’elles le sont en début de saison. Nous l’avons bien vu l’an dernier quand le Canadien enfilait les victoires. Cette année, les Devils mangent leurs adversaires, les Golden Knights sont invaincus et les Penguins ont une fiche perdante.

Au fur et à mesure que la saison avancera, le jeu se refermera et c’est à ce moment qu’il sera important, pour le Canadien, de savoir se distinguer. Aujourd’hui, il est difficile de croire que cette équipe saura trouver une façon de marquer des buts. D’année en année, c’est la même rengaine. Or, je ne peux que croire que le trio de Plekanec, de la façon dont il joue présentement, finira par débloquer. Les trois joueurs sont acharnés sur la glace et la fougue de Hudon et Lehkonen finira par payer. Il en va de même pour l’avantage numérique. S’elle n’a pas encore réussi à marquer, il n’en demeure pas moins qu’il y a longtemps que j’ai vu la rondelle bouger aussi rapidement pendant une attaque massive montréalaise.

Au final, il sera impératif que Carey Price n’ait pas trop de mauvaises soirées dans le corps comme à Washington d’ici la fin octobre. Le calendrier est ardu, les adversaires sont féroces et la chimie n’est pas encore bien implantée.

Surtout que la prochaine semaine ne sera pas de la tarte. Chicago et Toronto sont littéralement en feu. Espérons, pour les partisans, que l’air du Centre Bell donnera des ailes à leur équipe favorite.

Texte paru originalement sur EnProlongation.com