Qu’est-ce qu’une équipe doit avoir pour remporter une Coupe Stanley? Évidemment, il n’y a pas de recette miracle, mais une tendance est visible depuis quelques années. Voici un aperçu des différents points qu’avaient en commun les cinq dernières formations championnes de la Coupe Stanley.

DES PREMIERS CENTRES DE L’ÉLITE

Red Wings de Detroit (2008) : Pavel Datsyuk (il avait disputé toutes les séries au centre) et Henrik Zetterberg. Autre : Valtteri Filppula.

Bruins de Boston (2009) : Patrice Bergeron et David Krejci. Autre : Tyler Seguin.

Blackhawks de Chicago (2010, 2013, 2015) : Jonathan Toews et Patrick Sharp.

Kings de Los Angeles (2012, 2014) : Anze Kopitar et Jeff Carter.

Penguins de Pittsburgh (2009, 2016, 2017) : Sidney Crosby et Evgeni Malkin.

Dans tous les cas présentés ci-dessus, les équipes championnes possédaient deux centres de premier ordre dans leur formation. La position de centre est devenue très importante depuis le retour d’un jeu plus offensif dans la LNH, celui-ci aidant son équipe dans les deux sens de la patinoire en plus de relancer constamment le jeu en compagnie des défenseurs.

DES DÉFENSEURS MOBILES

En raison d’un jeu plus offensif, les équipes ont maintenant besoin de défenseurs mobiles pouvant aider en relance. Le jeu est également axé davantage sur la rapidité et moins sur le jeu physique qu’avant. Ainsi, des défenseurs au plus petit gabarit et plus frêles font amplement le travail et sont moins rare à trouver.

Il s’agit d’un autre point commun entre les formations analysées. Oui, les Red Wings avaient Nicklas Lidstrom, les Kings ont Drew Doughty, les Penguins ont Kristopher Letang et les Blackhawk ont Duncan Keith. Oui, se sont des défenseurs faisant partie de l’élite. Toutefois, leur point en commun est qu’ils sont tous des défenseurs mobiles.

Les Penguins, lors des deux dernières saisons, avaient des défenseurs peu connus et qui faisaient douter; Brian Dumoulin, Ian Cole et Ron Hainsey. Ils étaient toutefois tous très mobiles, fiables défensivement et capables de relancer les canons offensifs. Preuve qu’il n’est pas nécessaire d’avoir seulement des vedettes en défensive pour l’emporter.

DES GARDIENS DE BUT FIABLE, MAIS PAS ÉTOILES

J’en conviens, Jonathan Quick et Tuuka Rask s’approchent du statut de gardien de but étoile faisant partie de l’élite de la LNH. Toutefois, tous les succès de l’équipe ne reposent pas sur leur travail. Sauvant parfois des matchs, ils sont souvent là pour assurer une stabilité devant le filet de leur formation respective.

Même son de cloche pour Matt Murray, Corey Crawford et Chris Osgood. Ce ne sont pas les vedettes de leur équipe, mais ils sont là lorsqu’on a besoin de leurs services. Ses cinq gardiens ont également réalisé de l’excellent travail en séries, ne croulant pas sous la pression et aidant leur équipe dans les moments critiques. La clé est donc dans la stabilité.

RÉPARTITION SALARIALE ET MODÈLE OFFENSIF

Vous comprendrez bien évidemment que la répartition salariale des cinq équipes analysées avantage le secteur offensif. Les plus gros contrats de chacune des cinq équipes étaient octroyés aux attaquants, plus particulièrement aux joueurs de centre, lors de la conquête de la Coupe Stanley par celles-ci.

On prône donc un modèle davantage offensif. Cela se reflète également dans les repêchages, alors que tous les joueurs de centre énumérés plus tôt ont été repêchés tôt par l’équipe avec laquelle ils ont  remporté la Coupe Stanley.

LES CANADIENS, EUX?

Il n’y a pas de recette miracle pour remporter la Coupe Stanley, vous le savez comme moi. Toutefois, si on se fit à la tendance actuelle, tout n’est pas parfait chez les Canadiens, mais ce n’est pas non plus dramatique. Peu à peu, on semble s’approcher du genre de formation à succès, quoiqu’on ne peut encore comparer les Montréalais aux plus récents champions.

Jonathan Drouin, qui n’est pas un centre naturel, tend tout de même à pallier une partie du problème. Alex Galchenyuk, qui n’a que 23 ans, pourrait encore se développer et finalement devenir le premier centre attendu depuis sa sélection lors du repêchage en 2012. Ainsi, ce n’est pas dramatique.

La défensive semble basée davantage sur le jeu physique que sur la relance offensive. Toutefois, n’oublions pas l’arrivée de Victor Mete et la venue prochaine de Jakub Jerabek et de Noah Juulsen, trois joueurs qui tendent à changer cette tendance.

La différence vient dans les filets, Carey Price ayant le statut de joueur vedette du club. La répartition salariale offre donc davantage au gardien de but qu’aux attaquants, ce qui diffère des cinq équipes énumérées plus tôt. Est-ce que je dis d’échanger Price? Non, mais il faut réaliser que les équipes ne gagnent plus seulement grâce aux gardiens.

Ainsi, nous ne sommes pas si loin, mais il reste du travail à faire.

Originalement paru sur : Surlebanc.ca

Crédit article : Nicholas Pereira