Si on devait comparer le conflit de la LNH à un combat de boxe, on pourrait facilement affirmer que l’Association des joueurs est dans les câbles et qu‘elle tente de peine et de misère de se sortir de cette fâcheuse position.

On peut dire aussi que Gary Bettman l’a bien compris. S’il avait accepté de poursuivre les pourparlers après la dernière offre des joueurs il y a une semaine, on parlerait probablement beaucoup plus du retour du hockey en décembre que présentement.

Mais il ne l’a pas fait, parce qu’il sent que l’AJLNH se retrouve face à un choix déchirant. En continuant de se battre pour empêcher la ligue de limiter à cinq ans la durée des contrats, des millions de dollars sont perdus chaque jour du côté des joueurs.

Il y a évidemment d’autres points en litige, mais le plus important demeure celui des droits contractuels.

LES JOUEURS ONT ÉTÉ SURPRIS

Jeudi dernier, lorsque Don Fehr a accepté les demandes de la ligue sur le montant intégral, il s’attendait à ce que la ligue soit prête à être flexible. En suggérant que les joueurs étaient prêts à accepter que les contrats soient limités à huit ans, Fehr s’attendait à ce que les négociations se poursuivent, parce que pour la première fois, l’AJLNH acceptait le principe qu’on pouvait mettre un plafond sur la durée des contrats.

La réponse de la ligue fut virulente. Bill Daly a dit que la LNH était prête à mourir sur la montagne avec sa demande de limiter à cinq ans les contrats. Non négociable, point à la ligne.

Et depuis quoi? Depuis… rien. Ah oui, une séance de médiation qui n’a servi absolument à rien.

Mais à quoi pouvait-elle vraiment servir cette séance de médiation?

On est donc au milieu du mois de décembre. Aucune entente n’est en vue. Aucun vote chez les joueurs n’est en vue. Bill Daly m’a quand même dit que si les joueurs demandaient à la ligue une offre écrite pour qu’un vote ait lieu, le document arriverait rapidement.

Mais il ne faut pas croire au miracle non plus. Sans nouvelle offre de la ligue, les modérés, chez les joueurs, ne sont pas en mesure de pousser pour qu’un vote ait lieu.

QU’ON METTE FIN AU SUPPLICE

Alors maintenant on sait qu’il n’y aura pas de hockey prochainement et il est temps que la LNH dévoile sa date limite. Que Gary Bettman et Bill Daly mettent une ligne dans le sable. Si après telle date au mois de janvier il n’y a pas d’entente, on met fin à la saison.

D’ailleurs, le processus actuel est beaucoup plus frustrant qu’il y a huit ans. Pourquoi? Parce qu’au milieu du mois de décembre en 2004, les deux parties n’étaient même pas près de s’entendre sur quoi que ce soit. Aujourd’hui, c’est tout le contraire.

Mais à quoi bon. Si les joueurs acceptent de laisser partir des centaines de millions en salaires et les propriétaires des centaines de millions en revenus, aussi bien fermer les livres tout de suite. Allons voir ce qui nous attend de l’autre côté de la clôture lorsque la saison sera annulée. Mon petit doigt me dit que ce ne sera pas joli du tout. Et qui sait, la saison 2013–2014 pourrait aussi ne pas avoir lieu. Tant qu’à jouer au fou, aussi bien y aller « All-In ».