Ceux qui m’ont lu à quelques reprises se sont sûrement rendus compte que l’optimisme que j’éprouve face au Canadien est un peu au-dessus de la mêlée.

D’abord, c’est une façon, bien à moi, de m’assurer de toujours être fébrile à l’approche du début de saison. Le Canadien de Montréal, pour moi, c’est plus qu’un simple club de hockey. C’est un ramassis de souvenirs familiaux, de foutus beaux moments avec mes amis et de brosses mémorables. C’est pourquoi je préfère voir le verre à moitié plein plutôt que le contraire.

Il est toutefois important de comprendre la différence entre être optimiste et naïf. Je sais que le CH n’a pas les outils nécessaires pour prétendre aspirer aux grands honneurs. Du moins, certainement pas au mois d’octobre. Comme je l’ai souvent dit, sur les trente-et-une équipes, une mince poignée peut se placer aux blocs de départ avec des idées de Coupe Stanley. Le Canadien n’en est pas une.

Or, est-ce qu’il faut, pour autant, voir notre club chéri comme une équipe médiocre? Une équipe de bas de classement? Non! Il faut la voir comme une équipe qui possède un des meilleurs gardiens de but de la ligue. Comme une équipe qui est pilotée par un entraîneur renommé, gagnant d’une Coupe Stanley dans la ville ennemie. Comme une équipe qui a un défenseur de la première paire de Team Canada. Comme une équipe qui a certainement des trous à combler, mais qui a une jeunesse intéressante pour, hypothétiquement, les combler.

Je vous parlais de Victor Mete récemment. Je ne reviendrai donc pas sur le poste vacant à la gauche de Shea Weber. Aujourd’hui, c’est l’attaque qui m’intéresse. En fait, pour être plus précis, c’est le top 9 auquel je veux m’attarder.

Depuis quelques années, nous pouvons remarquer une tendance au travers de la LNH. Les équipes ayant le plus de succès sont celles qui peuvent se permettre d’étaler leur attaque sur trois trios. Exit la stratégie des deux premiers trios offensifs, du troisième trio aux vocations défensives et du quatrième empli de brutes intimidantes.

 

Aujourd’hui, ce qu’il faut, c’est un dynamisme sur trois trios afin de pouvoir exploiter les faiblesses des dernières paires défensives adverses. Le meilleur exemple, Phil Kessel, sur un troisième trio, il y a deux ans, à Pittsburgh.

Ne vous méprenez pas, je sais fort bien que le Canadien n’a pas le luxe de bénéficier d’un tel joueur sur son troisième trio. Par contre, une belle lutte se dessine, en ce moment, au camp d’entraînement. Si Jonathan Drouin pilote la première unité, rien n’est établi quant à la formation de la deuxième. Nous pensions, avec raison, qu’un Alex Galchenyuk, à lui seul, permettrait à son unité d’être priorisé, mais le brio du travail de Charles Hudon a remis les choses en perspective. Ainsi, il se pourrait qu’Alex Galchenyuk, Philip Danault et Brendan Gallagher se retrouvent au bas du top neuf de Claude Julien.

Serait-ce une catastrophe? J’en crois le contraire. C’est que, voyez-vous, s’ils se retrouvaient à cet endroit de la hiérarchie offensive, ce trio n’aurait pas à affronter les meilleurs joueurs de l’opposition et, avec de la volonté et de la détermination (ce qui est très important ici lorsque l’on parle de Galchenyuk), ils pourraient en profiter pour diversifier l’attaque montréalaise comme elle l’a rarement été dans les dernières années.

Rappelez-vous, il y a deux ans, lorsque l’unité composée de Desharnais, Fleischmann et Weise était tout feu tout flamme. C’est exactement ce qui s’est passé. Jusqu’à ce que Brendan Gallagher se blesse sérieusement et que les chaises se voyaient utilisées par les mauvaises personnes. Espérons donc que l’infirmerie ne sera pas trop occupée.

Finalement, un autre petit « problème » doit être adressé. La place de Hemsky à la droite de Pacioretty et Drouin. Comme bon nombre d’intervenants l’ont soulignée, cette situation risque d’être très éphémère. Ces derniers temps, j’ai souvent tendance à être en désaccord avec l’animateur Jean-Charles Lajoie, mais il a apporté un point que je trouve intéressant. Et si Hemsky était remplacé par Byron? Byron n’est pas un joueur de premier trio, mais sa vitesse, son chien et sa propension à souvent être au bon endroit, au bon moment, en feraient le candidat idéal pour compléter le capitaine, tireur élite et le jeune Québécois, créatif et passeur. C’est de vitesse en échec avant qu’ils ont besoin.

Hemsky ne serait pas en reste. Oui, il se retrouverait sur le quatrième trio, mais en tant que joueur d’utilité qui aurait sa place assurée au sein d’une première attaque massive, à l’embouchure du filet adverse.

Parce que c’est ça la nouvelle LNH. Trois trios capables de marquer des buts et un dernier complété de joueurs d’utilités. Hemsky pour l’avantage numérique, Mitchell pour le travail à court d’un homme et Shaw pour péter des plombs aléatoirement.

 

Texte paru originalement sur Enprolongation.com