Comme la plupart des gens qui ne le pratiquent que dans leurs loisirs, je vis une véritable relation amour-haine avec le golf. J’irais même jusqu’à dire que je suis le “maso“ d’une relation “sado-maso”, vis-à-vis le golf.

Autant j’adore passer une belle journée d’été ensoleillée en nature, en compagnie de parents ou d’amis et d’un petit breuvage dont le taux d’alcoolémie est laissé à la discrétion des “athlètes”. Autant je peux soudainement me mettre à détester tout cela, lorsque survient une succession de faibles exécutions de ma part.

Je l’avoue, je suis mauvais perdant. Quoique… il y a nuance.

Étant le style de gars qui joue plus souvent qu’autrement entre 120 et 140, on ne peut pas dire que mon niveau de compétition au golf soit très relevé. Il serait donc plus qu’imbécile de me fâcher parce que quelqu’un termine avec un meilleur pointage que moi, puisque c’est le cas d’à peu près tout le monde. Je prendrais même la chance d’affirmer, sans effectuer de test officiel, qu’un homme tronc aveugle, pourrait probablement me battre avec 38 coups de moins.

Ce qui me met hors de mes gonds, c’est la façon dont je réparti mes bons et mes mauvais coups. Que ce soit un beau “drive“, un beau coup d’approche, un “chip-in the cup” ou un long coup roulé, je suis habileté à tout faire ces belles choses sur un terrain de golf. Sauf que mon grand manque de constance, me force à devoir inconsciemment faire un choix par trou entre mes quatre supers pouvoirs.

Si j’effectue un beau “drive“, je vais te gâcher ça dès les coups subséquents en enchainant une série de balles “topées“ qui ne parcourront qu’un ridicule nombre de verges. Si j’ai un beau coup d’approche en poche, ça risque bien d’être le “massacre au putter“ sur le “green“ avec de nombreux coups roulés faisant le tour du trou sur une mélodie de parodie des meilleurs moments sportifs. Et si je n’ai pas réussi à atteindre le vert, je “chiperai“ un “liner“ d’une puissance inouïe pouvant probablement collaborer à la déforestation complète des lieux. Autrement dit, c’est grâce à moi que le terme “quintuple-bogey” est présentement en sérieuse révision au bureau des brevets.

Quand j’allais au champ de pratique ce printemps, tous les espoirs étaient permis pour la saison 2014. Coups de départs majestueux en “ligne drette“ avec une bonne distance, bons coups d’approches et de longs coups roulés dignes de Carl Carmoni me donnant l’envie de crier “BIRDIE“ avec la même vigueur que Serge Vleminckx. Sauf qu’au golf, bien qu’un “birdie“ reste quand même un coup “sous le Par“, aucun trou dans l’histoire n’a déjà été affublé d’une normale de 2. Même pas le plus petit Par 3 au monde. Dur à dire quel genre de magie s’opère là-bas, mais au “driving range”, tout le monde a des allures de grand gagnant du Masters de la PGA. Surtout toi, qui y va vêtu d’un veston vert.

C’est qui est plaisant du golf, bien que ce soit ce qui déplait aux puristes des sports plus virils axés sur la rapidité et la robustesse, c’est que ce sport te permet de prendre ton temps et de t’apaiser les sens en appréciant le paysage environnant. Bien que ce soit l’un des aspects que j’adore du golf, c’est aussi l’un de ceux que je déteste… quand je joue comme un pied.

Ce n’est pas la faute du bâton, ni de la balle, ni du vent, ni de l’épais qui court tout nu sur le terrain si je joue mal. Cela est uniquement attribuable à moi et je le sais. Mais lorsque ces moments occurrent de manière récurrente et que je perds 4 balles par trous (et les coups qui vont avec) pendant 2–3 trous consécutifs, j’en oublie complètement la beauté du golf. Mon envie sincère de performer et mon égo se retrouvent devant une incapacité à livrer la marchandise dont je suis capable d’offrir, pis ça… ça me fucking exaspère en tabeurnakashlakos!

Tsé, il y a ces choses dans la vie, ces moments où l’on échoue et on s’en fou, ça fait partie de la vie. Mais quand c’est quelque chose que tu sais que tu es capable de faire bien, mais que pour une raison évidente (sauf à tes yeux à toi), ça ne fonctionne pas…

Surtout dans un sport individuel où ton résultat ne dépend que de toi.

Vous allez me dire qu’à 120–140 il n’y a pas grand résultat, pis moé m’as vous dire : VACHIER! Vous avez raison… MAIS… MAIS… MAIS… je croyais avoir amélioré ma technique cette année, mais ce ne fut qu’un mirage. Et là je ne parle pas du club de golf de René dont je ne serai jamais membre.

Certaines âmes à l’esprit compétitif me comprendront, alors que d’autres me diront que je n’adopte pas la bonne attitude. Je justifierai donc mes “tempêtes tropicales” provoquées par des insuccès passagers répétitifs au golf par un désir de performer non-comblé. C’est évident que je pourrais me dire : « Mat, y fait beau, calme-toi, t’es ici au soleil à t’amuser au lieu de travailler. » Mais pour avoir du plaisir au golf, malgré la liste incalculable de facteurs agréables et atténuants, il faut faire de belles choses, performer à un minimum acceptable pour soi.

Quand je reviens à mes esprits, alors que mon talent me revient petit à petit, je remarque que je joue mal parce que je pense trop. Je pense trop à bien faire et je ne fais pas pantoute. Pis là je réalise que je pense que j’suis un gars qui pense trop…

Alors qu’au golf, la raison pour laquelle c’est l’endroit idéal pour se parler de choses sérieuses, c’est que pour bien jouer, ça prend non seulement une bonne technique, mais un esprit vide, qui pense à n’importe quoi d’autre que ce qu’il est entrain de faire. Et c’est à ce moment seulement, qu’il est possible de goûter, à quel point c’est bon le golf…

N’allez pas manger un carré de tourbe nappée d’un “tee” là, ma gang de malades!