Courir… pour sortir de la rue !

 On ne reçoit pas tous la même chance dans la vie !

 Il existe des causes humanitaires qui nous attirent davantage.

 L’itinérance me frappe. Peu importe l’endroit où je me balade, j’en croise. Impossible de rester insensible, indifférent.  Ça fait mal au cœur.

 Souvent, les adeptes de la course à pied aiment supporter ce genre d’organisme. Un choix s’impose car le vaste éventail nous propose de trancher.

 Il y a quelques jours, le Sac à dos a voulu présenter la 2e édition de son 5km de course à pied au parc Émilie-Gamelin à Montréal. L’an dernier, l’événement avait attiré une centaine de personnes. Curieusement, seulement une quarantaine de coureurs s’étaient inscrits cette année et ce, malgré un reportage au bulletin de nouvelles de Radio-Canada à 18h quelques jours auparavant.

 

Je suis entouré d'Antoine Valois Fortier, athlète olympique en judo et Danielle Sauvageau, ex-coach de l'équipe canadienne féminine de hockey  qui agissaient comme ambassadeurs de cette course,  Richard Chrétien, directeur du Sac à dos et son acolyte.

 

Que s’est-il passé ? Forcément, les responsables ont dû annuler et transformer la course en une marche rapide autour du parc. « Je trouvais que les policiers avaient exagéré et qu’ils auraient pu faire un effort. Mais d’un autre côté, comme coureur, je me suis dit que j’aurais pu faire ma part »,  m’a confié un coureur sur les réseaux sociaux.

 Ce qui a incité l’une des deux ambassadeurs, Danielle Sauvageau, ex-instructeur de l’Équipe canadienne de hockey féminin, à prononcer dans son allocution, ce commentaire : « Je demande à chacun de vous votre certitude de revenir l’an prochain en invitant au moins une autre personne. De cette façon, nous pourrons réaliser notre course. »

 Pour assurer la sécurité des participants, le service policier exigeait au moins 100 coureurs.

 

Danielle Sauvageau, membre du corps policier de la Communauté urbaine de Montréal n'a pas caché sa déception.

 

Nicole Blouin agissait comme coordonatrice de cette journée. « Il existe encore beaucoup d’itinérance au Québec, particulièrement à Montréal et nous voulons sensibiliser les gens dans un climat des plus agréables. Tu sais, les itinérants marchent énormément dans une journée et comme me confiait Antoine (Valois-Fortier, athlète olympique en judo, 2e porte-parole), les athlètes traversent parfois des périodes de découragement qui pourraient éventuellement les mener vers cette destination. Heureusement qu’ils sont solidement entourés. Les gens de toutes les sphères de la société peuvent toucher le fond du baril »

 Le Sac à dos représente un incontournable pour les itinérants. « Ils doivent venir chez-nous pour cueillir leur chèque. En général, ils deviennent moins visibles car certains optent pour loger chez des amis mais je peux t’assurer que le nombre ne diminue malheureusement pas »,  exprimait Richard Chrétien, le directeur du Sac à Dos.

 

Antoine a souligné qu'heureusement, les athlètes sont bien entourés car certains pourraient devenir des candidats pour se retrouver dans la rue.

 

Lors de ma participation à cette marche, j’ai croisé des gens en difficulté et à chaque fois, j’ai ressenti un sentiment de tristesse car je m’explique très mal ce régime de vie inacceptable pour des humains qui vivent au Québec.

 Nous devons les aider, les considérer et ne pas les oublier. J’ai promis de revenir l’an prochain et je me ferai un devoir d’inciter des amis à me suivre.

 Si on parvient à impliquer les itinérants à la course à pied, je suis convaincu que cette discipline arrivera à les transformer. Vous savez comment ce sport peut jouer dans votre cerveau et lui fournir toute l’énergie nécessaire pour prendre conscience d’un redressement. Même si un seul est sauvé, la mission sera remplie et l’objectif sera atteint.

 

Il n'abandonneront pas et reviendront l'an prochain. Serez-vous là ?

 

Je suis bien situé pour en discuter. Nous traversons tous des étapes ardues dans notre vie et la course à pied représente une formule qui donne assurément la joie de vivre.