Maudit argent !

 Dans le sport, ce sujet m’apporte son lot de frustration.

Peut-être que le temps maussade des derniers jours a eu des répercussions sur mon mental, qui sait ?

Souvent incompréhensibles, les situations que nous rencontrons, surtout quand il faut comparer le sport amateur et le sport professionnel. Voilà de l’injustice dans le vrai sens du mot. Parfois, il est préférable de ne pas y penser.

 Vous vous doutez bien que les performances d’Alex Harvey cet hiver ont provoqué cette réaction personnelle. En fait, il s’agit d’une colère qui sommeille en moi et qui se réveille lorsque je constate l’écart existant entre les deux mondes.

 Je n’ai rien contre le hockey. Je me considère comme un mordu depuis plusieurs années. Or, quand l’instructeur Claude Julien a paraphé une entente de 5 millions de $ par saison pour les cinq prochaines années à son arrivée avec le Tricolore, j’ai sursauté. Puis, quelques semaines plus tard, les prouesses d’Alex Harvey en ont rajouté sur ma difficulté à accepter ce contraste.

 

L'argent mène le monde.

 

J’ai pris l’exemple de Julien car je n’accepte pas qu’un coach puisse gagner plus cher que certains hockeyeurs professionnels qui reçoivent déjà beaucoup trop d’argent. Vous savez, la course à pied ne fait pas exception. Ski de fond, patinage de vitesse, course à pied, en fait, tous les sports considérés comme amateurs peuvent être relevés.

 Vous me direz qu’aujourd’hui, Alex Harvey a été finalement reconnu à sa juste valeur et devrait recevoir un salaire respectable pour les prochaines années. Mais il aura fallu qu’il devienne le champion du monde pour bénéficier d’une rémunération respectable.

 Alors, pour la course à pied, va-t-il falloir qu’un coureur de chez-nous parvienne à s’inscrire dans le livre des records afin d’obtenir l’argent qu’il devrait mériter si on le compare à un hockeyeur ? Et vous pouvez intégrer dans ce lot les adeptes de football, baseball ou basketball professionnel !

 

Claude Julien a raison d'afficher un beau sourire.

 

Nos élites de la course à pied au Québec doivent quémander pour des commanditaires et encore là, rien n’est facile, rien n’est naturel. Souvent, ils ne peuvent garantir le retour de l’ascenseur puisque la publicité qu’ils reçoivent ou leur visibilité discrète n’arrivent même pas à la cheville de la reconnaissance qu'obtiennent les athlètes professionnels. Ils doivent travailler dans une boutique, un resto, etc. afin de joindre les deux bouts.

 J’en mange mes bas !

 J’ai déjà fait état jadis de cette colère mais c’est plus fort que moi, je suis incapable de me contrôler quand survient un exemple d’inégalité.  Je sais très bien que je ne réglerai rien par ce défoulement mais personnellement, ça me fait du bien. Ça évite de faire sauter le presto !

 

Alex Harvey a trimé dur pour obtenir des dividendes ... et il constitue une exception.

 

Le pire, c’est que les amateurs de hockey continuent d’appuyer aveuglément leurs favoris, à défrayer des coûts astronomiques pour l’achat de billets, d’acheter des bières à 10$ et des hot-dogs à 5$ ! La vie est belle.

 C’est correct mais à quelque part, j’estime que je me dois de relever cette inégalité, étant personnellement impliqué dans le milieu de la course à pied.

Alain Bordeleau fut l'un des rares qui survivaient à l'époque pour se consacrer entièrement à la course à pied. Il a établi un record provincial sur marathon qui tient toujours. Je ne crois pas qu’un jour, nous puissions voir un coureur catalogué professionnel gagner des millions de $ au Québec.  Si jamais cela survient, je vais assurément me virer dans ma tombe !