Faut-il commencer à craindre la possibilité qu‘il n‘y ait pas de saison dans la LNH ?

Je vous dirais que pour la première fois depuis le début des négociations, il faut considérer cette option.

Je ne dis pas que c‘est ce qui va arriver, mais il faut se rendre à l‘évidence, si jamais les deux parties demeurent sur leurs positions d‘ici la fin du mois, l‘option d‘annuler la saison sera de toutes les lèvres.

D‘abord et avant tout, la LNH souhaite que les joueurs déposent une nouvelle proposition sur les aspects financiers mardi ou mercredi.

Il faut que cette proposition soit différente. Les joueurs devront laisser tomber leur souhait d‘obtenir un montant fixe dans les premières années de la prochaine convention collective. Ils devront présenter une offre qui sera basée sur un pourcentage des revenus reliés au hockey.

En agissant ainsi, il est évident que la LNH verra qu‘il y a un esprit d‘ouverture de la part des joueurs et ainsi le processus pourra se poursuivre.

Ce que Bill Daly a répété lundi, c‘est que la ligue était prête à faire des concessions sur les droits contractuels des joueurs (contrat maximum de 5 ans (etc.) si ces derniers se rapprochaient plus de leurs demandes salariales. On verra si les joueurs sont à l‘écoute.

PAS À NEW YORK EN VACANCE

Ceci étant dit, il est évident qu‘il ne faut pas prendre à la légère le fait que 18 joueurs se sont présenté à la table des négociations lundi soir.

Ne pensez pas que des joueurs vedettes comme Vincent Lecavalier, Martin St-Louis, Brad Richards et Marian Gaborik participent aux pourparlers pour se montrer intéressants.

On parle ici de joueurs qui ont décidé de s‘impliquer parce qu‘ils veulent s‘assurer qu‘une entente survienne dans les prochains jours.

Je ne dis pas qu‘ils sont prêts à accepter n‘importe quoi de la LNH, mais ils n‘ont pas l‘intention non plus de voir ce processus être pris en otage par des joueurs qui n‘ont aucun intérêt de voir une saison débuter sous peu.

La réalité, c‘est que les joueurs ne verront jamais la couleur de l‘argent qu‘ils ont perdu depuis le début de ce lock-out.

La question est de savoir s‘ils ont vraiment l‘intention de perdre la moitié de leurs salaires cette saison ou encore pire, la totalité.

La réponse est très simple: non. À part une minorité de joueurs qui prônent la ligne dure, la grande majorité souhaite une entente prochainement.

Est-ce un mouvement de panique ? Non. Mais comme vous le savez, les carrières sont courtes et si la saison est annulée, rien ne dit que la prochaine partira à temps.

Parce que le risque est le suivant. Si jamais Gary Bettman décide d‘annuler la saison, il faut s‘attendre à ce que les joueurs se radicalisent et exigent la fin du plafond salarial.

Ce n‘est pas impossible parce que les joueurs ont fait beaucoup de concessions (1 milliard en 5 ans), mais il ne faut pas non plus penser qu‘ils vont continuer dans la même veine.

Qu‘on le veuille ou non, la stratégie de l‘AJLNH aura été de faire des concessions rapides pour s‘assurer qu‘il y ait une saison.

Jusqu‘à présent, cette stratégie est loin d‘être la bonne, puisque la ligue continue de jouer la ligne dure.

Reste que si j‘étais un propriétaire, je ne tenterais pas de donner plus de munitions à Don Fehr.

Parce que ce dernier est probablement le meilleur négociateur de l‘histoire du sport professionnel et la journée qu‘il aura toutes les munitions nécessaires, il n‘y aura rien à son épreuve.

Si le baseball majeur a cédé à ses attaques, ne soyez pas naïf, la LNH y passera aussi. Mais le prix à payer sera immense et il faudra des années pour que cette ligue s‘en remette. Une ligue qui en passant, serait l‘équivalent de la MLS (côté popularité) sans les sept équipes canadiennes.