Si vous m’avez entendu jaser de la possibilité d’échanger Max Pacioretty au cours des 4 dernières années, vous connaissez très bien mon point de vue : « un marqueur de 35 buts qui coûte seulement 4,5 millions par année tu n’échanges pas ça, ça vaut de l’or ! »

Alors pourquoi est-ce que je vous pose la question aujourd’hui ? Tout simplement parce qu’un marqueur de 35 buts qui coûte 4,5 millions par année ça vaut de l’or… sur le marché des échanges !

Aux lecteurs qui croient que le Canadien se qualifiera aisément pour les séries et qu’il passera facilement quelques rondes : arrêtez de lire immédiatement. S’il fallait effectivement que la saison du Canadien se déroule bien et qu’à la date limite des transactions Bergevin se retrouve dans une chaise d’acheteur, nul besoin d’échanger Pacioretty.

Mais si comme moi vous croyez que la grosse fenêtre d’opportunités de l’équipe montréalaise est déjà passée et qu’une équipe qui veut rester compétitive dans la LNH d’aujourd’hui doit soit s’équiper pour se rendre loin en série, soit reconstruire rapidement, lisez bien ceci.

Plusieurs équipes se sont retrouvées devant le constat qu’elles n’avaient pas ce qu’il fallait pour aller au bout du chemin en séries et ont décidé d’échanger un de leur meilleur joueur pour ainsi acquérir de la jeunesse et des choix au repêchage. Pensons entre autre au Maple Leaf de 2015 (Phil Kessel), aux Sénateurs de 2014 (Jason Spezza) ou encore aux Sabres de 2013 (Thomas Vanek). Les joueurs obtenus en retour ne sont pas tous devenus des stars, évidemment, mais non seulement ces trois équipes sont en bien meilleur position depuis leurs échanges, j’oserais surtout donner une valeur beaucoup plus grande à Pacioretty qu’aux joueurs mentionnés plus haut. Bergevin pourrait donc le vendre pour une petite fortune..

Le capitaine du Canadien a complété l’an passé sa cinquième saison consécutive de plus de 30 buts (en excluant la saison du lockout) et rien ne laisse croire qu’il ralentira. Si l’on fait l’addition de ses buts au cours des trois dernières saisons, il se place au 6eme rang de la LNH, derrière Patrick Kane mais devant John Tavares. Son impact sur la masse salariale d’une équipe est de 4,5 millions pour encore deux ans. Voilà tous des arguments qui devraient m’encourager à garder l’Américain de 28 ans à Montréal au moins jusqu’à la fin de son actuel contrat. Mais si Bergevin le rendait disponible sur le marché, que pourrait-il obtenir en retour ? Mieux encore : et s’il téléphonait directement à des équipes qui seraient prêtes à débourser gros pour un joueur comme Pacioretty ?

Comprenez moi bien : je ne tiens pas absolument à échanger Pacioretty mais considérant qu’il vaudrait une fortune sur le marché et que j’imagine mal le Canadien soulever la coupe Stanley au cours des trois prochaines années, pourquoi Bergevin ne logerait-il pas quelques appels pour faire quelques propositions  gourmandes quitte à se faire dire non ? Si le 67 devait rester à Montréal jusqu’à la fin de son contrat, je n’en serais pas plus malheureux. Mais comme la prochaine saison s’annonce difficile, divertissons-nous donc quelque peu en rêvant de ce que l’on pourrait aller chercher en échangeant un aussi gros morceau. Personnellement, je tenterais d’obtenir un bon joueur de centre et des jeunes patineurs prometteurs.

 

Vous voulez des noms n’est-ce pas ?

Vous savez, un chroniqueur n’aime jamais se mouiller mais je tenterai quand même ma chance. Parmi les équipes qui selon moi paieraient une fortune pour un tel joueur, j’en vois au moins trois qui sont particulièrement intéressantes. Voici donc lesquelles et ce que j’oserais leur demander en retour.

– Capitals de Washington : Ais-je besoin de convaincre quelqu’un ici que les Caps doivent absolument gagner une coupe Stanley au cours des 2-3 prochaines saisons sinon plusieurs têtes rouleront là-bas, celle de Ovechkin la première ? Convaincre l’état-major de Washington de la nécessité pour eux d’acquérir un joueur comme Pacioretty ne sera pas trop difficile : ils auraient finalement 2 marqueurs de 35 buts minimum et le petit salaire du capitaine du Canadien leur permettrait même d’aller se chercher encore plus de renfort à la date limite des transactions. Ce que je demande en retour ? Kuznetsov, rien de moins. Montréal aurait finalement un centre numéro un et pour longtemps ! De plus, son salaire ne représenterait aucun problème pour l’organisation montréalaise (25 ans seulement, sous contrat à 7,8 millions pour 8 ans). Oui les Capitals perdraient un gros morceau au centre de la deuxième ligne, mais Lars Eller pourrait palier à cette perte en attendant l’arrivé prochaine de Chandler Stephenson. Je vous entends rire mais dîtes vous bien que si Pacioretty a réussi la production qu’on lui connait en ayant Plekanec comme centre ou encore Desharnais, je ne vois pas pourquoi Eller ou une recrue prometteuse poseraient problème. Et imaginez une seconde Pacioretty sur une deuxième ligne à Washington, c’est-à-dire n’était plus considéré par ses adversaires comme la plus grande menace offensive de l’équipe et jouant ainsi contre les deuxièmes vagues de joueurs ! Je monte son total de buts minimum à 40.

-Oilers d’Edmonton : Gagner une coupe Stanley avant que la banque n’explose à cause de (grâce à) McDavid ne serait pas une mauvaise idée ! L’organisation albertaine déborde de joueurs de centre et de jeunes espoirs. De plus, lorsque McDavid et Draisaitl seront séparés de trios pour mieux répartir les forces, ce dernier aura besoin d’un coéquipier pour marquer des buts (McDavid… pas nécessairement). Et le contrat peu encombrant de Pacioretty les aiderait encore l’an prochain ! Par contre, je demande gros en retour : Ryan Nugent-Hopkins et Jesse Puljujarvi. Le premier, ancien choix de première ronde, deviendra bientôt troisième centre à Edmonton et ne doit plus être dans les plans à long terme de l’organisation mais pourrait probablement se relancer comme premier centre à Montréal. Comme rien n’est sûr et que RNH n’a pas une grande valeur sur le marché, je demande aussi Puljujarvi qui malgré une première saison maussade retrouvera vite ses repères pour devenir un joueur électrisant.

-Blue Jacket de Columus : Vous me voyez venir : je cherche des équipes à qui il manque un gros marqueur mais qui ont des jeunes joueurs de centre à la pelleté ! Pierre-Luc Dubois quelqu’un ? (Laissez-moi mon rêve de Canadien-Français…) J’ai confiance que ce colosse deviendra un joueur de centre de confiance et très efficace dans les deux sens de la patinoire. Mais comme on serait encore loin du compte, je me permettrais également de demander la jeune sensation danoise Olivier Bjorkstrand. Ces deux joueurs pourraient sérieusement exploser au cours des prochaines années, mais ne permettront pas à Columbus de remporter la coupe Stanley à court terme pendant que Panarin, Atkinson et Bobrovsky sont chauds.

Alors aimez-vous le concept ? Ses offres sont peut-être seulement des esquisses et demanderaient à être peaufinées lors de longues négociations mais je ne les trouve pas non plus complètement farfelues ! Sinon, avez-vous d’autres idées ?

Écrire un article sur la possibilité de monnayer Pacioretty parce que les prochaines saisons du Canadien me semblent peu prometteuses (je m’y en attends bien) risque de me valoir une pluie d’injures dans la sections des commentaires.

De grâce, tâchez de ne pas me décevoir !

 

Texte paru originalement sur EnProlongation.com